Obscenité

Jacques Tarnero

vendredi 9 mars 2007

Ainsi un ancien premier ministre de la France, et pas n’importe lequel, celui qui fut désigné en son temps par l’ancien Président Valery Giscard D’Estaing comme étant le plus brillant économiste de France, a pu tenir des propos indignes, sans que ces propos ne suscitent d’indignation particulière autre que celles des institutions juives et de Claude Lanzmann.


Que Raymond Barre ait pu justifier l’attitude de Maurice Papon au nom du sens de l’Etat est une insulte à la Résistance. C’est une obscénité jetée à la mémoire de Jean Moulin et on est étonné de l’absence de réaction des associations d’anciens résistants devant une telle infamie.

Que ce même Raymond Barre dénonce l’influence néfaste du « lobby juif » relève d’une pensée que n’aurait pas renié Laval ou Darquier de Pellepoix.

Que ce même Raymond Barre prenne la défense de Bruno Gollnish, sous chef du Front National apporte la confirmation idéologique de ce que l’on soupçonnait chez le grand économiste : on peut tout savoir des mécaniques économiques et fonctionner dans l’imaginaire des pires régressions antisémites.

Rétrospectivement on comprend mieux ce qui fut nommé à l’époque « la directive Barre » ou la « circulaire Barre » je ne sais plus et qui favorisait, au nom de la loi de la République, le boycott arabe du commerce d’Israël. Il y avait bien une convergence torve des sympathies privées avec ce que cet homme estimait être l’intérêt de la France.

Cette histoire est lamentable mais ce qui est effrayant est bien le silence politique qui l’entoure !

Où sont les protestations indignées ?
Où sont les positions vertueuses des candidats à l’élection présidentielle ?

Qu’en pensent Ségolène et Nicolas, François et Olivier, Arlette et Marie Georges ?

Je ne demanderai pas ce qu’en pense Jean Marie, je suppose qu’il est d’accord avec Raymond. Cette affaire révèle le très fin vernis qui recouvre les institutions de la République et on comprend mieux comment ce furent les mêmes députés de la IIIeme République qui aient pu voter les pleins pouvoirs au Maréchal en 1940.

Tout cela ne sent pas bon et si cette histoire devait être l’aboutissement du procès Papon alors on pourrait conclure que toutes les déclarations solennelles à propos du « devoir de mémoire » sont autant de paroles vaines.


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