Royal donne des gages aux Israéliens

Myriam Lévy - envoyée spéciale à Jérusalem du Figaro

mardi 5 décembre 2006

« La façon dont j’ai été reçue est exceptionnelle. » Hier, à Jérusalem, Ségolène Royal n’avait qu’à se féliciter du traitement de faveur qui lui a été réservé. Le premier ministre Ehoud Olmert, qui l’a reçue trois quarts d’heure à la Knesset, s’est dit « très heureux de la recevoir » et même intéressé de recueillir ses impressions sur le Liban, lui conférant ainsi un statut d’émissaire. Voire celui de « facilitatrice » qu’elle revendique ellemême.


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« Si je peux contribuer par cet échange d’informations à faire en sorte que les choses soient comprises sous d’autres facettes, je crois que c’est très utile », a renchéri Royal, qui, au cours de sa tournée, aura en outre rencontré le premier ministre libanais Fouad Siniora, ainsi que le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères jordaniens.

Plutôt que de se braquer sur l’incident créé au Liban par l’absence de réponse de Royal aux propos d’un député du Hezbollah comparant Israël au nazisme, Olmert a préféré vérifier auprès de la candidate socialiste qu’elle était bien hostile à l’accès de l’Iran au nucléaire civil, comme il l’avait lu dans la presse. Une question cruciale pour Israël après les menaces exprimées par le président iranien Ahmadinejad. Elle s’est empressée de le lui confirmer, soulignant qu’elle était « la seule responsable politique française » à avoir exprimé ce point de vue. Lors d’une rencontre informelle avec la presse, Royal avait affirmé que « la principale menace contre Israël, c’est l’accès de l’Iran au nucléaire militaire qui sera permis par le nucléaire civil. Tous ceux qui disent le contraire font preuve de naïveté et moi, je ne suis pas naïve ». Pour les Israéliens, c’est tout bénéfice, et cela justifie leur mansuétude, même si Royal n’explique jamais comment elle y parviendra.

« Contacts interpersonnels »

Royal pouvait alors se permettre de balayer d’un revers de main le tollé provoqué en France par son silence au Liban. « Ces polémiques sont dérisoires par rapport à la situation.

C’est l’avis des autorités israéliennes qui m’importe », a-t-elle déclaré. Elle a même pris à partie « la presse et les ondes » qui avaient rapporté les propos du député du Hezbollah, estimant qu’il y avait eu « un effet extrêmement pervers en véhiculant ces mots-là, lourds de sens ». Elle a aussi affirmé à Olmert qu’elle avait interrogé ses interlocuteurs libanais sur le sort des deux soldats israéliens faits prisonniers par le Hezbollah en juillet, leur demandant qu’ils soient libérés. La veille, lors d’un dîner au restaurant, le ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni avait déjà interrogé Royal sur son voyage au Liban. Cette dernière lui a fait part « au nom des forces françaises » de la Finul, auxquelles elle a rendu visite, du « stress » des soldats français lors des survols de l’aviation israélienne.

Et aussi des difficultés des Palestiniens de Gaza pour aller se faire soigner à l’hôpital à l’extérieur.

Revendiquant une « diplomatie des contacts interpersonnels », Royal explique que « la nature de ces relations extrêmement directes surprend au départ et plaît beaucoup ensuite ». « Je ne suis pas dans une situation diplomatique traditionnelle. J’ai ma liberté de parole », dit celle qui se présente comme étant « en phase préparatoire » puisqu’elle sera « peut-être présidente de la République ».


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