Décès de la journaliste italienne Oriana Fallaci

vendredi 15 septembre 2006

La journaliste italienne Oriana Fallaci, 77 ans, est morte la nuit dernière dans un hôpital de Florence (Italie), a annoncé l’agence ANSA. Elle est décédée des suites d’une longue maladie.


Oriana Fallaci, qui partageait son temps entre Florence, sa ville natale, et New-York, avait été hospitalisée dans la plus grande discrétion à Florence il y a quelques jours. La journaliste, ancienne reporter de guerre, qui avait rencontré et interviewé tous les grands de la planète comme Yasser Arafat, Golda Meir, Indira Gandhi ou Deng Xiaoping, avait fait scandale en 2002 avec la publication de son livre « La rage et l’orgueil », écrit sous le choc des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.

Cet ouvrage avait été le plus vendu de l’année 2002 en Italie. Le texte, dénoncé comme un brûlot anti-musulman, a déclenché passions et polémiques et lui avait valu des poursuites judiciaires.

Oriana Fallaci avait ensuite écrit dans le même esprit « La force de la raison » où elle fustigeait la démission de l’Occident face à l’islam, provoquant à nouveau la polémique. Son dernier livre, écrit sous forme d’« auto-interview », datait de 2004.

Oriana Fallaci, qui était passé de la gauche à la droite, se définissait comme une « athée chrétienne », c’est à dire comme non croyante mais attachée à l’identité chrétienne de l’Europe. Elle avait été résistante au régime fasciste durant la Seconde Guerre mondiale

Alors déjà très malade - elle souffrait d’un cancer - , elle avait été discrètement reçue par le pape Benoît XVI le 30 août 2005 dans sa résidence d’été de Castel Gandolfo, près de Rome.

Au cours de sa carrière qu’elle avait commencée très jeune comme envoyée spéciale dans le monde entier, Oriana Fallaci a collaboré aux grands titres de la presse étrangère aux Etats-Unis, en France ou en Allemagne.

L’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger a un jour écrit que l’interview qu’il lui avait accordée fut « la conversation la plus catastrophique que j’aie jamais eue avec un journaliste ». La journaliste italienne l’avait poussé dans ses retranchements jusqu’à ce qu’il convienne que la guerre au Vietnam était « inutile ».


lire :


Les textes

Mots-clés

Accueil