Israël proteste contre les propos antisémites du « compositeur » grec Théodorakis

jeudi 13 novembre 2003

Israël s’est plaint auprès d’Athènes de propos du compositeur Mikis Theodorakis qualifiant les juifs de « racine du Mal », a rapporté un diplomate mercredi


Selon cette source, qui a requis l’anonymat, l’ambassade d’Israël à Athènes a dénoncé la « gravité » des remarques de Mikis Theodorakis, qui a notamment composé la musique du film « Zorba le Grec » (1964) et aussi « l’hymne national » Palestinien.

Agé de 78 ans, il a tenu ces propos lors d’une conférence de presse, le 4 novembre dernier. « Il y a deux nations sans frontières dans le monde, nous et les juifs, mais ils ont le fanatisme et sont énergiques. (...) Aujourd’hui nous pouvons dire que ce petit peuple est la racine du Mal, non du Bien, ce qui signifie que trop de suffisance et d’entêtement est mauvais », a-t-il déclaré devant des journalistes et les ministres de l’Education et de la Culture grecs.

Selon le quotidien « Apogevmatini », Mikis Theodorakis a précisé que la Grèce
« n’est pas devenue agressive comme (les juifs) » en raison de son riche passé.
« Ils n’avaient qu’Abraham et Jacob, des ombres (...). Nous avions le grand Périclès ici », a-t-il ajouté selon le journal.

Le Conseil central des communautés juives en Grèce a estimé que les déclarations du compositeur rappelaient « les idées du Moyen-Age obscurantiste et les slogans utilisés par l’Allemagne nazie » et propageaient « les vents de la bigoterie et du racisme ».

Le porte-parole du gouvernement grec Christos Protopapas a tenu à souligner que la Grèce « n’approuve pas et n’est pas d’accord avec les opinions » de Mikis Theodorakis.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a publié un communiqué dénonçant les propos « antisémites » du compositeur et exprimant sa « tristesse que de telles remarques soient tenues par une personnalité de sa stature ».

Mikis Theodorakis défraye souvent la chronique avec des déclarations, notamment dirigées contre le gouvernement américain. Après le déclenchement de la guerre en Irak, il avait qualifié les Américains de « meurtriers écoeurants, cruels et lâches », il voit « Bush côte à côte avec Gengis Khan, Attila et Hitler » et comble du comble Sharon « entraîne Israël vers une campagne de la honte qui ravive dans nos mémoires les crimes des nazis » et entraînant à une « solution finale aux dépens des Palestiniens ».


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