Communiqué de Son Excellence M. Nissim Zvili, 

Ambassadeur d’Israël en France

mercredi 17 août 2005

Israël est en train de vivre une période difficile et douloureuse. La tension est grande, palpable un peu partout dans le pays, alors que nous sommes entrés de plain pied dans le processus du désengagement.


Ce désengagement est une décision israélienne, prise bien sûr démocratiquement, mais aussi sereinement et pour bâtir l’avenir. Mettre en œuvre le plan de retrait n’est pas battre en retraite. Le retrait israélien de la bande de Gaza et du nord de la Samarie doit s’entendre au contraire comme une nouvelle force politique, une vision courageuse et constructive. Israël aborde de façon concrète le débat interne sur ses frontières permanentes, débat fondamental s’il en est.

Depuis des décennies, la grande majorité de la société israélienne s’interroge sur l’avenir des implantations de la bande de Gaza, leur intérêt sécuritaire, leur contribution aux besoins de l’Etat d’Israël. Bref, la plupart des Israéliens se posent la question de la justification de la présence de quelques milliers d’Israéliens parmi 1,3 millions de Palestiniens, ainsi que de la responsabilité directe et indirecte incombant à Israël dans la gestion de la vie quotidienne de ces Palestiniens.

Cette situation ne fut pas forcément claire dès le départ. Ils furent alors des pionniers, ils furent encouragés à s’installer là-bas pour les besoins de l’Etat par les gouvernements de gauche comme de droite. Leur douleur n’est pas seulement celle de gens forcés de quitter leur maison, leur travail, le lieu de toute une vie parfois et celui où est enterré leur proche. C’est aussi la douleur de ceux qui voient leur rêve déçu, rejoints en cela par les manifestants anti-désengagement. Environ 30 pour cent de la population israélienne est contre le plan. Il y a ceux qui espéraient revenir à un Israël biblique. Il y a ceux aussi, plus pragmatiques, qui se posent des questions sur l’efficacité sécuritaire de ce retrait et les risques encourus après l’évacuation.

Désormais, l’enjeu dépasse largement le cadre du désengagement. Il est question de l’avenir de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat de droit, de lois et de justice, en tant qu’Etat juif et démocratique.

Israël ne peut accepter aucune incitation à la désobéissance de la part de ses soldats, comme il ne peut tolérer une politisation de l’armée. Il est inconcevable d’envisager que chaque soldat choisisse sa mission en fonction de son option politique. Il en va de l’intégrité de l’Etat. On ne peut accepter une menace de guerre civile comme on ne peut accepter de mettre en danger notre démocratie.

Maintenant, notre défi est de garantir les valeurs de base de l’Etat d’Israël et de sa société et d’assurer le succès de l’intégration des familles évacuées. Notre espérance est que ce retrait satisfasse les intérêts d’Israël, nous aide à sortir de l’impasse israélo-palestinienne et soit un premier pas vers la résolution du conflit. Si l’Autorité Palestinienne met tout en œuvre pour exercer son pouvoir, honorer ses engagements et garantir le calme, alors le Gouvernement israélien fera repartir la Feuille de route et instaurera un processus politique.


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