L’Europe joue contre la Paix

Alain Rajchman

jeudi 6 janvier 2005

En refusant toute action en faveur d’une résolution amiable de la question des réfugiés palestiniens, l’Europe entretient les exigences les plus maximalistes…même au risque de jouer contre la Paix.


On le sait, la paix entre Israël et l’Autorité Palestinienne achoppera sur la question du sort des réfugiés et de leurs descendants. Depuis 1948, les malheureux ont été instrumentalisés dans le conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens. Réfugiés malgré eux, ils sont devenus les victimes et l’alibi de l’intransigeance arabe.

Le Premier ministre Ariel Sharon a demandé à l’Europe son concours pour permettre au processus de paix de reprendre, mais sans l’écueil insurmontable du droit au retour des 4 millions de « réfugiés » qui vivent dans les pays arabes voisins. Depuis 1948, rien n’a été fait pour favoriser la moindre intégration de ces populations. Il serait temps que cette page, certes difficile du conflit, soit tournée et qu’elles s’intègrent enfin aux pays dans lesquels elles vivent depuis près de 60 ans.

Israël ne demande que l’application d’un principe de réalité qui a déjà été pris en compte dans le règlement de la question du partage de Chypre. Dans le cas présent, l’Europe refuse le même appui diplomatique et financier qu’elle a accordé aux réfugiés Grecs ayant renoncé au retour dans leurs anciens villages du Nord de l’île (lire sur DesInfos).

Pire, l’Europe a durci sa position en poussant les pays d’accueil arabes et les Palestiniens à refuser l’abandon, voire l’aménagement, de la revendication liée au retour des « réfugiés » sur la terre d’Israël.

Une attitude qui disqualifie l’Europe a joué un rôle majeur dans un processus de paix où il faudra nécessairement aider chaque partie à faire de douloureuses concessions.


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