Le Premier ministre Ariel Sharon : « l’Europe ne prendra pas part au processus de paix avec les Palestiniens car elle n’est pas impartiale »

service de Presse de l’ambassade de France en Israël

mercredi 29 décembre 2004

Le quotidien populaire Maariv rapporte que, lors d’une conférence réunissant les ambassadeurs d’Israël en Europe, « Sharon s’est montré ferme et prône la réduction à sa plus simple expression de l’implication européenne au Moyen-Orient ».


« Ils peuvent apporter leur aide par des investissements auprès de l’Autorité palestinienne, par la construction de centrales électriques, d’usines de dessalement d’eau de mer, de routes et d’immeubles pour les Palestiniens, mais ils n’ont pas à être directement impliqués dans le processus diplomatique et ses aspects sécuritaires », a-t-il déclaré.

Ariel Sharon a ajouté, selon le Maariv, qu’Israël s’opposera à la présence de forces internationales dans la région et qu’il fallait « repousser la tendance européenne à passer tout de suite à la deuxuème ou troisième phase de la Feuille de route ». L’un des ambassadeurs présents a demandé au Premier ministre ce qu’il pensait des propos de Javier Solana selon lesquels « l’Europe sera impliquée dans le processus, qu’Israël le veuille ou non ». « Lorsque Solana était chez moi, il a été très poli et n’a pas dit ce genre de choses », a-t-il répondu avant de poursuivre : « Si vous le voyez, dites-lui que si Israël ne veut pas de l’implication de l’Europe, il n’y en aura pas ».

Mis à part le problème de l’impartialité, Ariel Sharon soutient que des institutions gouvernementales britanniques, par exemple, n’empêchent pas le transfert de fonds au Hamas. Il met en doute la volonté palestinienne de lutter contre le terrorisme et estime que « ceux qui pensent que la tenue d’élections chez les Palestiniens fait d’eux une entité démocratique, se trompent ».

Sharon a précisé qu’ « il n’y aura pas de transition directe du plan de désengagement à la Feuille de route. Il n’y aura aucune concession sur des questions de sécurité. N’insinuez en aucune manière que nous sommes prêts à des concessions sur ce point. Je veux que vous le disiez très clairement. Personne n’est en droit de décider à quelle sécurité nous avons droit » . « Nous ne devons rien à personne, excepté au Seigneur Très Haut », a ajouté Ariel Sharon d’après le Yediot.
Sharon a regretté le fait qu’Israël ait échoué à faire comprendre au monde que le Hezbollah est bel et bien une organisation terroriste : « A ce sujet, nous avons échoué. Nous avons demandé aux pays européens de décréter que le Hezbollah était une organisation terroriste, mais ils ont refusé. Nous n’avons pas réussi à convaincre la communauté internationale ».

Le chef du gouvernement a souligné « que certains en Europe refusent à Israël la légitimité de son existence, il faut se mesurer à eux la tête haute ». « N’ayez peur de personne. Sans la lutte contre le terrorisme et le démantèlement des infrastructures qui le portent, il n’y aura aucun progrès dans le processus de paix », a ajouté A. Sharon.

Outre le Premier ministre, précise le Yédiot, les ambassadeurs ont entendu les interventions des dirigeants du pays au plus haut niveau : le Ministre des Affaires Étrangères et d’autres membres du gouvernement ; le chef d’état-major ; le chef du Shin Beit et celui du Mossad ; les dirigeants de l’économie, etc. Parmi les sujets évoqués : les enjeux politiques, sécuritaires et économiques auxquels doit faire face Israël l’année prochaine.


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