L’ONU verse de l’huile sur le feu de la fragile reprise des contacts sur la paix au Moyent-orient

jeudi 23 décembre 2004

Le PNUD Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a affirmé jeudi soutenir, par devoir d’impartialité, la création d’un centre indépendant au Moyen-Orient chargé de rédiger un rapport sur le développement humain dans le monde arabe, qui a soulevé une controverse cette année.


Selon les auteurs de ce document, l’ONU a renoncé, sous la pression des Etats-Unis notamment, à publier le 3e rapport annuel. Le communiqué du PNUD intervient deux jours après que Nadir Fergani, principal rédacteur du document, a déclaré que le texte serait finalement publié en janvier, avec trois mois de retard, mais sans le parrainage des Nations unies et sous la seule responsabilité de ses auteurs.

Nadir Fergani, un professeur de statistique, a indiqué que « L’Egypte a émis des réserves auprès des Nations unies à New York et demandé la reformulation de la partie concernant le pouvoir héréditaire en Egypte, ainsi que celle concernant la liberté d’organisation de la société civile, y compris la création de partis politiques ».

« Le gouvernement égyptien avait pris la tête des opposants au rapport, mais d’autres pays arabes, notamment ceux du Golfe, ont exprimé aussi leur opposition », a affirmé Mostafa Kamel, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.

Les rédacteurs du document ont affirmé avoir subi des pressions de Washington, qui reprocherait au rapport ses critiques de l’occupation de l’Irak par les troupes américaines et des pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens.

Nour Farhat, professeur de droit à l’Université de Zagazig (Egypte), qui a rédigé le chapitre du rapport sur les libertés publiques, a affirmé que « les Etats-Unis étaient opposés à la dénonciation vigoureuse des pratiques racistes d’Israël dans les territoires occupés palestiniens et des conséquences de l’occupation militaire américaine de l’Irak ».

Selon eux, les Etats-Unis auraient même menacé de retirer leur financement au PNUD si le rapport était publié. Le département d’Etat américain a nié avoir exercé une quelconque pression pour la non-publication du rapport

« Les Etats-Unis ont dévoilé le manque de sérieux de leurs appels en faveur de la démocratie dans le monde arabe. Leur opposition au rapport va aider les gouvernements arabes à bâillonner les voix indépendantes appelant aux réformes », ont dit les rédacteurs…


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