La dignité et l’humanité de Benyamin Netanyahou

Hélène Keller-Lind

lundi 17 octobre 2011, par Desinfos

Lettre adressée le 17 octobre aux familles de victimes du terrorisme par le Premier ministre israélien. C’est une réponse à tous ceux qui déplorent le prix à payer pour faire rentrer Guilad Shalit à la maison. Si tant est que l’accord tienne jusqu’au bout. Ce que l’on ne peut qu’espérer de tout cœur, ce que j’espère, ayant suivi le calvaire de Guilad et ayant rencontré son père et son frère et connaissant leur douleur infinie.


Même si, en effet, on comprend la douleur des familles de victimes. Ainsi j’avais rencontré des familles de personnes assassinées à la Pizzeria Sbarro de Jérusalem, j’avais suivi en direct à Jérusalem et avec horreur le massacre barbare des deux réservistes qui s’étaient perdus près de Ramallah et ont été torturés à mort dans ce commissariat palestinien, l’un des assassins exhibant fièrement ses mains ensanglantées à la fenêtre de ce commissariat, j’ai été aux côtés de Pierre Rehov quand il a réalisé le documentaire La Route de Jénine » qui débute avec les flots de sang de la tuerie de Pessah et je me sens très proche de Bernard Zaoui, le fils de l’une des victimes de cet attentat de Netanyah dont le chagrin ne disparaîtra jamais. Donc je sais ce que doit être leur peine alors qu’ils ont appris que les barbares qui ont tué des membres de leur famille dans ces conditions et au nom d’une idéologie et en aucun cas pour vivre en paix.

Je le comprends d’autant mieux que la quasi-totalité de ma famille a été assassinée par d’autres barbares et dans des conditions tout aussi terribles en 1942 et / ou 1943 à Lwow, alors Lemberg, en Ukraine.

Mais il faut que Guilad vive.

Hélène Keller-Lind


Jérusalem, le 17 octobre 2011

Chères familles,

C’est avec le cœur lourd que je vous écris. Je comprends et je connais votre douleur.

J’appartiens à une famille endeuillée qui compte aussi des victimes du terrorisme. Mon frère a été tué dans l’opération de sauvetage des otages d’Entebbe.

Je sais que vous avez le cœur lourd et que vos blessures ont été rouvertes ces derniers jours, que vos pensées ne sont pas aisées.

De nombreux doutes m’ont accompagné tout au long des négociations portant sur l’accord pour le retour du soldat qui a été enlevé, Guilad Shalit. Vous avez toujours été dans mes pensées.

La décision concernant la libération de Guilad Shalit a été parmi les plus difficiles que j’ai jamais prises. Cela a été difficile pour moi pour les mêmes raisons que cela est difficile pour vous, chères familles.

Dans la décision de faire rentrer Guilad à la maison, j’ai été confronté à la responsabilité qu’a le Premier ministre d’Israël de ramener tous les soldats qui sont envoyés pour protéger nos citoyens.

Moi aussi, quand je suis allé au combat au nom de l’Etat d’Israël, j’ai toujours su que L’Etat d’Israël n’abandonne pas ses soldats et ses citoyens.

Face à ce désir fort de faire rentrer à la maison un soldat capturé il y avait la nécessité de limiter le lourd prix que l’Etat d’Israël aurait à payer pour l’enlèvement de Guilad Shalit voici cinq ans.

Je sais que le prix est très lourd pour vous. Je comprends combien il est difficile d’accepter que les êtres mauvais qui ont perpétré des crimes odieux contre vos proches n’auront pas payer le prix qu’ils méritent.

Pendant ces moments, j’espère que vous trouverez un réconfort dans le fait que moi-même et la nation d’Israël toute entière, vous étreint et partage votre douleur.

Vos proches seront à jamais dans mon cœur,
Bien à vous, avec douleur et un profond chagrin pour vos proches,

Benyamin Netanyahou


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