Les ravisseurs présumés des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, accusent la France d’être une « ennemie » de l’islam

mercredi 15 septembre 2004


Un communiqué se réclamant de l’Armée islamique en Irak, groupe qui a revendiqué l’enlèvement des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, a accusé mardi soir la France d’être une « ennemie » de l’islam et des musulmans.

Ce long communiqué, diffusé sur un site Internet islamique, ne mentionne pas les deux otages français et n’évoque pas leur sort. Il est impossible de savoir s’il émane réellement des ravisseurs des deux journalistes.

Les auteurs de ce texte citent plusieurs exemples de ce qu’ils présentent comme « la guerre menée par la France,contre l’islam au cours des siècles et ses massacres contre la nation musulmane », actions qui, selon eux, ne peuvent être ignorées d’aucun croyant.

Et de citer : la participation de la France à la première guerre d’Irak en 1991 ; les sanctions de l’ONU qui ont suivi ; la non-participation de la France à la dernière guerre d’Irak pour protéger, selon eux, ses propres intérêts ; l’implication historique de la France dans le monde arabe et musulman (Syrie et Liban, Algérie, Egypte, Palestine, Afghanistan).

« On peut déduire de ce qui précède que la France est l’un des ennemis évidents de Dieu, ceux qui combattent l’islam et son peuple », ajoutent les auteurs du communiqué, en appelant la nation musulmane à s’unir contre ses ennemis.

Le groupe se dit « peiné » d’entendre des organisations islamiques et humanitaires défendre la France, ignorant « l’évidence ».

Mardi, à Paris, le porte-parole du gouvernement français Jean-François Copé a déclaré que les autorités du pays agissaient « avec confiance et prudence » pour la libération des deux journalistes.

« Sur ce sujet qui est difficile, nous ne négligeons aucun contact, aucune initiative qui soit de nature à nous permettre d’obtenir la libération de nos compatriotes », a souligné Jean-François Copé sur France Info.

« L’état d’esprit qui est le nôtre est inchangé : nous agissons avec confiance et prudence », a répété le porte-parole du gouvernement. Ce dernier fait preuve « à la fois d’optimisme et en même temps de prudence », a-t-il martelé.

Le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier avait assuré lundi soir que la France avait « établi tous les contacts, tous les fils, tous les dialogues possibles qui ne sont pas des contacts directs ». « Ce qui nous revient de ces contacts, c’est que Christian Chesnot et Georges Malbrunot seraient en vie et seraient bien traités ».


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