Un appel à la démission d’Arafat

MEMRI

dimanche 18 juillet 2004

Dans un article du quotidien londonien en langue arabe Al-Sharq Al-Awsat, le chroniqueur Ahmad Al-Rab’i appelle le Président de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat à démissionner de ses fonctions, en raison du fait que sa continuelle position en tant que dirigeant rend service à Israël. Voici la traduction de l’article : [1]


"Au sein de l’Autorité Palestinienne, il y a 12 appareils de sécurité et leur nombre n’a rien à voir avec la sécurité mais avec le fait qu’il y a 12 personnes à qui l’on doit fournir un appareil de sécurité pour qu’il tienne [un rôle] important. S’ils étaient 40 avec les mêmes caractéristiques, on devrait leur faire plaisir et créer 40 appareils de sécurité palestiniens.

Parce qu’il y a 12 appareils de sécurité, chacun sous la tutelle d’un royaume privé, la sécurité n’a pas été établie dans les territoires palestiniens et il semble que certains de ces dirigeants exploitent ces appareils dans le but de gagner de l’influence et peut-être même dans l’espoir de s’enrichir.

La tâche d’Omar Suleiman, chef du service de renseignements égyptiens, n’était pas des plus faciles, car son intérêt est de consolider les appareils de sécurité divisés. Récemment, Arafat s’est conformé à cette demande bien qu’il l’ait mise en application à sa manière, vu son besoin de diriger toutes les sphères. Arafat s’est exproprié les droits du Premier Ministre, a négligé le rôle du Ministre palestinien de la Sécurité et a nommé ses copains chefs de certains appareils. Il s’est mis à la tête de ces derniers et a transformé son quartier général en salle d’opération de tous les appareils de sécurité.

Arafat, qui vit comme un dirigeant sans rival, emploie des tactiques au jour le jour, sans aucune stratégie, et pense qu’il est important d’apparaître comme quelqu’un qui contrôle tout. A cause d’une telle mentalité, une rare opportunité que le Premier ministre Abu Mazen avait essayé d’exploiter a été manquée. Avant cela, d’autres opportunités furent ratées.

Les grands dirigeants agissent dans l’intérêt de leur peuple. Arafat est un dirigeant sur la sellette et sans pouvoir. Personne ne peut négocier avec lui et s’il y a des négociations, ça n’est fait qu’au profit des médias, sans but [fixe].

Israël est satisfait d’une telle situation où la direction palestinienne est la seule qui soit légitime mais en même temps ne participe pas à de réelles négociations. Ainsi, Arafat s’accroche à son poste bien qu’il sache qu’être à la tête de la direction est un vrai obstacle pour l’entreprise palestinienne, et Sharon est satisfait de cette situation.

Le plus grand service qu’Arafat puisse rendre aux Palestiniens est de soumettre sa démission et lancer un défi à Israël et au quartet. S’il le fait, les Palestiniens l’estimeront et il rendra un service important à la cause."


[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 26 juin 2004


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