Maison Blanche : au menu guerre et paix

Hélène Keller-Lind

jeudi 2 septembre 2010, par Desinfos

Au cours du dîner organisé à la Maison Blanche par le Président américain les dirigeants israéliens et palestiniens ont tous deux parlé paix et sincérité. Mais si Benyamin Netanyahou se refusait à jouer le jeu des accusations, il n’en était pas de même pour Mahmoud Abbas. Pendant ce temps le Hamas revendiquait deux attentats terroristes en Judée Samarie en deux jours.


Benyamin Netanyahou : un discours de Chef d’État, d’un État démocratique




« Je suis venu ici aujourd’hui pour trouver une compromis historique qui permettra aux deux peuples de vivre dans la paix, la sécurité et la dignité, » déclarait Benyamin Netanyahou lors du dîner organisé le 1er septembre à la Maison Blanche par Barack Obama et son administration.

Puis, se tournant vers Mahmoud Abbas il déclarait : « Président Abbas, vous êtes mon partenaire de paix. C’est à nous d’en finir avec le conflit terrible entre nos peuples et de forger un nouveau début. Mais je ne suis pas venu ici pour gagner une dispute....(ni ) jouer à un petit jeu d’accusations dans lequel même les gagnants perdent. Je suis venu ici pour parvenir à une paix qui sera profitable à tous. »

« Ne nous enlisons pas dans chaque différent que nous pouvons avoir. Utilisons notre courage pour prendre les décisions historiques qui nous attendent. »

Il précisait que « pour une paix défendable il faut des dispositions en matière de sécurité qui pourront durer et résister aux nombreux défis auxquels nous serons confrontés à coup sûr. » Ajoutant : « nous voulons que la ligne d’horizon de la Rive occidentale soit dominée par des tours d’immeubles pas par des missiles....Une période de calme a créé un boom économique pour les Palestiniens à Ramallah, Jénine et partout en Judée Samarie....Je suis prêts à avancer vers la paix parce que je sais ce que signifierait la paix pour nos enfants et nos petits-enfants... »

Et le Premier ministre israélien remerciait le Président américain. Comme il l’avait fait auparavant pour avoir condamné fermement les deux attentats « insensés » du Hamas contre des civils israéliens et exprimé sa solidarité totale. Deux attentats en deux jours ayant fait quatre morts et deux blessés, dont un l’a été grièvement et qui seraient morts sans leur présence d’esprit .


Mahmoud Abbas : volonté de paix d’un Président palestinien contesté et demandes exorbitantes




« Le temps est venu de faire la paix, le temps est venu d’en finir avec l’occupation qui a commencé en 1967 et de voir le peuple palestinien obtenir sa liberté, son indépendance et la justice ; il est temps d’établir un État palestinien souverain, indépendant, à côté de l’État d’Israël, il est temps d’en finir pour de bon avec le conflit dans la région du Moyen-Orient...nous sommes venus à ces négociations entièrement déterminés, sincères et sérieusement pour assurer leur réussite. »

« Nous réaffirmons que nous respecterons toutes nos obligations et nous en appelons à Israël pour qu’il en fasse de même, y compris le gel de toute activité dans les implantations et la levée de toutes les restrictions de mouvement et d ’accès, y compris, notamment, le siège de Gaza. »

Se tournant vers Benyamin Netanyahou il déclarait : « nous condamnons fermement ce qui s’est passé hier à Hébron. Nous condamnons aussi ce qui s’est passé aujourd’hui. Nous ne voulons pas que soit versée une goutte de sang palestinien ou israélien. Nous voulons la paix entre nos deux peuples. Nous voulons vivre en tant que partenaires et voisins. Signons un accord de paix final et mettons fin pour toujours à une longue ère de conflit. »

Conditions raisonnables du Premier ministre israélien, conditions impossibles du Président palestinien

La seule précondition exprimée par Benyamin Netanyahou est que la paix envisagée soit garantie par des accords de sécurité viables et applicables sur le long terme. Il est évident que sans sécurité on ne pourra parler de paix...
Les préconditions exprimées par Mahmoud Abbas sont de taille : gel total des implantations – à Jérusalem y compris bien qu’il ne le dise pas ici -, libre circulation totale en Judée Samarie, en dépit d’une situation sécuritaire qu’il ne maîtrise pas, et levée totale du blocus de Gaza, ou porte ouverte à l’établissement « d’une base militaire iranienne au sud d’Israël »

Un Mahmoud Abbas qui a l’aval de l’OLP et de pays arabes – la présence de l’Égyptien Hosni Moubarak et du roi Abdallah II de Jordanie à Washington en étant la manifestation -, mais qui ne dispose pas d’un soutien populaire, en dépit des avancées économiques, comme le démontrent, par exemple, les importantes manifestations de Ramallah du 1er septembre contre ces négociations directes et surtout ne contrôle pas véritablement les organisations terroristes en Judée Samarie comme le démontrent les deux attentas perpétrés par le Hamas en deux jours. Et les dizaines d’arrestations de membres du Hamas par la police de l’Autorité palestinienne après coup sont une nouvelle preuve de son incapacité dans ce domaine. Car même s’il y a eu certains progrès dans ce domaine, seul un arrêt total du terrorisme est acceptable. Arrestations qualifiées d’ailleurs de «  trahison  » par le Hamas

Les préconditions exprimées dans ce discours sont sans doute destinées à son opposition. Mais celle-ci n’a rien à voir avec l’opposition que peut rencontrer Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’un État démocratique. Et on voit mal comment le dirigeant palestinien pourrait revenir plus tard sur ces exigences de départ. D’autant que, faut-il le rappeler, il continue à promouvoir chez les Palestiniens une culture de haine d’Israël par le biais des institutions de l’Autorité palestinienne...


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