Mes respects, « Président » !

Albert Capino

mardi 29 juin 2004

Incursions, raids, agressions : les médias n’ont eu de cesse de qualifier en ces termes les opérations de l’armée de défense d’Israël, visant à détruire les ateliers de fabrications de missiles et les bases palestiniennes à partir desquelles ils étaient lancés.


Pour finir, l’inévitable s’est produit aujourd’hui : deux de ces missiles ont atteint des civils à Sederot, une ville à l’intérieur du territoire israélien proche de la bande de Gaza. Cette manifestation de terrorisme aveugle s’est soldée par plusieurs blessés la mort de deux innocents, dont un enfant de 3 ans.

Je souhaiterais mettre l’accent sur le fait que - bien entendu - il ne s’agissait pas d’une « opération de représailles » en réponse à l’élimination un jour plus tôt du chef des brigades Al-Aqsa, branche dure faisant partie du mouvement de Yasser Arafat, le Fatah.

Pas plus que l’attentat à la bombe hier contre un poste militaire israélien à Orchan, dans la Bande de Gaza, n’était spontanée.

Dans les deux cas, il s’agit d’une volonté délibérée de la part d’organisations palestiniennes, pour tenter de torpiller tout rapprochement ou espoir de discussions en vue d’une paix avec les Israéliens.

C’est dans le cadre d’une opération planifiée longtemps à l’avance que le Hamas et les brigades Al-Aqsa ont placé 150 kg d’explosifs dans un tunnel qu’ils ont mis plusieurs semaines à creuser.

Ces deux événements se rejoignent dans une stratégie visant à faire croire que les Palestiniens « luttent avec les moyens du bord » et « répondent à des agressions sionistes ».

Or, c’est exactement le contraire. Le parti d’Arafat et le Hamas - aux abois depuis que deux de leurs leaders de premier plan ont été éliminés - cherchent à prendre la main avant le retrait unilatéral des Israéliens de Gaza, dans une lutte fratricide qui se fait à coups de victimes civiles parmi la population israélienne.

Ces méthodes sont pratiquées quotidiennement en Irak, mais aussi en Afghanistan, où seize civils ont été tués par des miliciens pour avoir été trouvés en possession de cartes d’électeurs, pour le scrutin prévu en septembre prochain.

Si tant est que notre tout nouveau ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, se rend à la Muqata’a pour rencontrer Arafat et parler de « processus de démocratisation », j’espère qu’il a ces éléments bien en tête avant de présenter ses respects au « Président légitimement élu »


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