M. Sarkozy entre cynisme et légèreté sur le Proche-Orient.

Michel Darmon - Ingénieur général du Génie maritime (cr) Président d’honneur de France-Israël

lundi 5 avril 2010, par Desinfos

Se proclamer ami d’Israël et adopter les exigences de ses ennemis, c’est, semble-t-il, la notion que notre Président de la République se fait de la politique au Proche-Orient, à en juger d’après les propos qu’il a tenus le 30 mars 2010 lors de sa conférence de presse à Washington avec le Président Obama. Quand M. Sarkozy condamne « le processus de colonisation … qui n’amène rien à la sécurité d’Israël », il substitue son jugement à celui d’Israël qui est pourtant un État souverain, le seul au monde auquel les autres se permettent de dicter la politique.


Pour Israël comme pour tout autre, la sécurité est une prérogative régalienne et il fera ce qu’il entend faire des territoires de Judée et de Samarie. Il n’appartient à personne, sauf à prôner le premier acte d’une extermination, de pousser Israël à accepter des frontières qui, au nord de Tel-Aviv, passeraient à moins de 15 km de la Méditerranée et qui mettraient l’aéroport international Ben Gourion sous le feu de ses ennemis. « La frontière stratégique d’Israël est sur le Jourdain », a dit Rabin après les Accords d’Oslo.

Implicitement, derrière ses mots sur la « colonisation », M. Sarkozy appelle au retour aux frontières de 1967, lesquelles n’ont pas plus de valeur juridique que des lignes de cessez-le-feu. En outre, il adopte le raisonnement de l’irrédentisme arabe : nous avons le droit d’attaquer Israël et, si nous perdons notre guerre d’agression, nous avons le droit de récupérer les territoires perdus. Autrement dit, on efface tout et on recommence. Jamais, le monde n’a traité un vainqueur sur des agresseurs, comme il traite Israël. Le principe de l’échange de la terre contre la paix est à la fois pervers, immoral et dangereux.

Derrière le mot de « colonisation », il y a aussi l’acceptation d’une épuration ethnique, comme si, au temps des Accords d’Helsinki garantissant la libre circulation des personnes, tout homme avait le droit de se trouver en Judée sauf les Juifs !

« L’absence de paix au Moyen-Orient … entretient le terrorisme partout dans le monde », a dit M. Sarkozy. C’est hélas la reprise d’une des pires contre-vérités des discours arabo-Quai d’Orsay. Justifiant le terrorisme, elle a pour principal effet de perpétuer le conflit, d’enflammer la violence arabe et d’enfoncer la population palestinienne dans l’état de victime instrumentalisée.

Nos dirigeants n’ont pas compris que l’affirmation d’une solidarité avec Israël rendrait les Français plus fiers, plus courageux, plus entreprenants à l’exemple d’Israël, plus confiants dans leur avenir. Ils n’ont pas compris qu’ils ne peuvent exiger le civisme des citoyens quand ils donnent au sommet l’exemple du cynisme et de la légèreté.


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