L´écrivain jordanien Farid Salman : La Jordanie et la Cisjordanie doivent former un Etat palestinien qui accueillera les réfugiés

MEMRI Middle East Media Research Institute

mardi 26 mai 2009, par Desinfos

Farid Salman : La Jordanie est une invention. La Transjordanie, qui était un émirat, et qui plus tard est devenue le Royaume hachémite, fait partie de la Palestine. La Grande-Bretagne l´a créée [la Jordanie] pour couronner l´un des fils d´Hussein, de la péninsule Arabique, sur une partie de la Grande Syrie – sur la Palestine. C´est encore aujourd´hui la raison… Si on ne la supprime pas, le problčme palestinien ne sera pas résolu. C´est impossible


Interviewer : Certains en IsraĂ«l Ă©voquent l´option jordanienne…

Farid Salman : Ils ont raison.

Interviewer : A l´époque d´Abba Eban…

Farid Salman : Nous avons ratĂ© une occasion avec Abba Eban.

« Aujourd´hui, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer quand j´entends un Jordanien dire qu´il est Jordanien et qu´il existe des camps de rĂ©fugiĂ©s palestiniens en Jordanie. »

Interviewer : C´est pourquoi les batailles de septembre noir de 1969 et 1970 ont eu lieu et la crise s´est dĂ©placĂ©e ici, au Liban. Mais le roi Hussein a stabilisĂ© son trĂ´ne…

Farid Salman : Ce n´était pas lui. Les Anglais ont stabilisĂ© le trĂ´ne. Glubb Pasha l´a fait pour son grand-père, et les Anglais poursuivent sur sa lignĂ©e jusqu´à ce jour. Les IsraĂ©liens aussi [ont stabilisĂ© le pouvoir jordanien]. Le rĂ©gime sioniste en IsraĂ«l est contre la paix. Il ne veut pas la paix. Abba Eban Ă©tait l´un des personnages les plus importants en IsraĂ«l, mais nous n´avons pas su profiter de lui, et les sionistes ont fini par se dĂ©barrasser de lui. Ils l´ont envoyĂ© enseigner en AmĂ©rique, l´éloignant de la scène. Il pouvait voir la vĂ©ritĂ©. Aujourd´hui, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer quand j´entends un Jordanie n dire qu´il est Jordanien et qu´il existe des camps de rĂ©fugiĂ©s palestiniens en Jordanie. Il a oubliĂ© qu´il est palestinien. Que voulez-vous dire par « Jordanien » ? La Transjordanie est exactement comme la Cisjordanie. Le roi de Jordanie Ă©tait derrière la guerre du Liban. Il a envoyĂ© les Palestiniens au Liban. Nous ne devons pas oublier le rĂ´le jouĂ© par la Jordanie au Liban.

(…)

En ce qui concerne IsraĂ«l, je suis très optimiste. Pendant 40 ans, j´ai Ă©crit sur le sujet – sur le sionisme et ceux que j´appelle les « Juifdaniens », ces Juifs dans le monde qui sont contre la philosophie et l´Etat sionistes. Ils sont maintenant au pouvoir, eux et Obama. Ils ont commencé…

Interviewer : Avec le plan du premier Bush…

Farid Salman : A Madrid…

Interviewer : Oui.

Farid Salman : Ce sont eux qui ont menĂ© Obama au pouvoir. Ils l´ont soutenu financièrement. Il y a quelques semaines, ils ont annoncĂ© qu´ils crĂ©aient un lobby. Jusqu´à prĂ©sent, ils agissaient en coulisses, mais maintenant ils agissent au grand jour. Une crise existentielle israĂ©lienne a vu le jour chez les Juifs eux-mĂŞmes – opposant sionistes et non sionistes. Les sionistes au pouvoir aujourd´hui – Lieberman et Netanyahu… La paix ne pourra jamais venir d´eux. Ils susciteront une crise [d´identitĂ©] juive en IsraĂ«l et dans le monde, et je pense qu´ils seront les perdants. S´ils n´en sont pas les perdants, ce sera la fin du rĂ©gime sionis te en IsraĂ«l.

Interviewer : Les « Juifdaniens », qui soutiennent Obama, peuvent-ils comprendre oĂą se trouve la solution et accorder aux Palestiniens le droit de retour ?

« Nous avons fait du droit de retour un casus belli. »

Farid Salman : Nous avons fait du droit de retour un casus belli… Laissez-moi vous dire quelque chose : quand un Etat palestinien sera crĂ©Ă© et que la Jordanie deviendra l´Etat palestinien, avec la Cisjordanie…

Interviewer : C´est la solution, Ă  votre avis ?

Farid Salman : Bien sĂ»r. Et quand cela arrivera, nous n´aurons pas besoin de l´approbation d´IsraĂ«l pour le repeuplement… Quand il y aura un Etat palestinien, ce dernier invitera les Palestiniens. La Jordanie accueillera 30 millions [de Palestiniens]. A New York, il y a 20 millions de personnes.

Interviewer : Pensez-vous que nous nous trouvions au dĂ©but d´un processus d´effondrement des rĂ©gimes de la rĂ©gion ?

Farid Salman : Bien entendu.

Interviewer : Comme dans un jeu de dominos, l´un entraĂ®nera l´effondrement de l´autre ?

Farid Salman : Indiscutablement. Il n´y a pas d´autre solution au Moyen-Orient. Qui a inventĂ© l´histoire du transfert des rĂ©fugiĂ©s au Liban ? Soyons clairs : ce sont les sunnites. C´est Al-Hariri, et sa sĹ“ur suit sa voie. L´ambassadeur palestinien au Liban est leur complice.

Interviewer : Abbas Zaki ?

« Il existe un plan visant Ă  accroĂ®tre le nombre de sunnites en transfĂ©rant les Palestiniens au Liban. »

Farid Salman : Lui-mĂŞme, avec Fuad Siniora. Il existe un plan visant Ă  accroĂ®tre le nombre de sunnites en transfĂ©rant les Palestiniens au Liban. Ce sont eux qui parlent de repeuplement. Le jour oĂą le problème palestinien sera rĂ©solu et oĂą ils auront un Etat – en Jordanie, en Cisjordanie, ou ailleurs…

Interviewer : Arafat disait : « Donnez-moi un Etat, mĂŞme sur le dos d´un âne. »

Farid Salman : OĂą que ce soit… Un demi-million de Palestiniens au Liban iront dans leur Etat. Et on en finira avec cette histoire. Nous n´aurons pas besoin de l´approbation d´IsraĂ«l ou du monde. Ce sera leur Etat, et on les y invitera. Fin de l´histoire.

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Voir les extraits-vidĂ©o sous-titrĂ©s en anglais sur MEMRI TV : http://www.memritv.org/clip/en/2121.htm.

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