Condamnation d’une journaliste en Iran : les USA s’activent discrètement

Romandie News

dimanche 19 avril 2009, par Desinfos

L’administration Obama s’est dite « profondément déçue » samedi de la lourde condamnation infligée en Iran à la journaliste irano-américaine Roxana Saberi et a signifié s’employer en sa faveur, mais elle s’est prudemment gardée de hausser le ton.


« Le président est profondément déçu devant une telle nouvelle, il est avec elle et sa famille par les pensées et les prières », a dit le porte-parole de Barack Obama, Robert Gibbs, après l’annonce par l’avocat de la journaliste qu’elle avait été condamnée à huit ans de prison pour espionnage pour les Etats-Unis.

Dans un communiqué, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, « profondément déçue » elle aussi, a dit que ses services s’activaient en faveur de Mme Saberi.

« Nous travaillons étroitement avec la Suisse pour obtenir des détails concernant la décision de la cour, et garantir le bien-être » de la journaliste, a dit Mme Clinton dans ce communiqué envoyé des Caraïbes, où elle participait avec M. Obama à un sommet des Amériques.

Les Etats-Unis n’ayant plus de relations diplomatiques avec l’Iran depuis 1980, c’est la Suisse qui représente les intérêts américains à Téhéran.

« Nous allons continuer à vigoureusement faire part au gouvernement iranien de notre préoccupation », a ajouté Mme Clinton.

De telles affaires humaines sont extrêmement délicates pour le gouvernement américain. L’Iran ne reconnaît pas la double nationalité et il estime n’avoir de comptes à rendre à personne sur les doubles nationaux.

Mme Saberi a par ailleurs été condamnée à un moment où M. Obama a lancé un nouvel effort pour rouvrir un large dialogue avec l’Iran, après trois décennies d’animosités et de quasi-silence mutuel.

Mais les autorités américaines se montrent généralement discrètes dans de telles affaires par souci de ne pas envenimer les choses et de ne pas permettre au système judiciaire ultra-conservateur iranien d’utiliser le soutien du gouvernement des Etats-Unis contre ceux qu’il fait arrêter ou qu’il juge.

La Maison Blanche a ainsi décrit la condamnation de Mme Saberi comme un « coup très dur » pour sa famille, mais s’est abstenue de s’exprimer sur des conséquences d’ordre politique.

« Ce qui importe, selon nous, c’est qu’on remédie à cette situation, et sans approfondir, je m’en tiendrai là », a dit le porte-parole de M. Obama.

M. Obama a vu dans cette condamnation « un coup très dur et une grande déception pour sa famille en particulier », a dit un autre collaborateur de M. Obama, Denis McDonough, qui a dit s’être entrenu avec le président de la question.

M. Obama a été « très affecté de voir combien cela doit être difficile pour la famille. Il a souligné notre conviction qu’elle est accusée à tort, que c’est une journaliste qui n’a fait qu’exercer son métier », a-t-il dit.

Roxana Saberi, 31 ans, née aux Etats-Unis et iranienne par son père, a travaillé d’Iran pour les chaînes américaines ABC et Fox, la radio américaine NPR ou la BBC. Elle n’avait plus d’accréditation de presse. Mais ses proches disent qu’elle faisait des recherches pour écrire un livre. Elle a été arrêtée fin janvier.

Le père de la journaliste, Reza Saberi, qui se trouve actuellement en Iran, a déclaré samedi à NPR qu’il s’inquiétait pour la santé de sa fille.

« Elle est très faible et frêle », a-t-il dit, soulignant que la jeune femme était « assez déprimée » et voudrait sans doute entamer une grève de la faim, ce dont ses proches ont réussi jusqu’alors à la dissuader.

« Nous sommes profondément troublés par cette condamnation sévère et injustifiée », a déclaré Vivian Schiller, PDG de NPR dans un communiqué, « nous appelons tous ceux qui partagent notre inquiétude à demander aux autorités iraniennes de faire preuve de compassion ».

Des parlementaires du Dakota du Nord (nord), d’où elle est originaire, se sont aussi mobilisés en sa faveur.


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