L’attentat du Goush Etzion

Par Guy Senbel pour Guysen International News

vendredi 3 avril 2009, par Desinfos

Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur l’attentat perpétré jeudi 2 avril dans la localité de Bat Ayin, une petite localité du Goush Etzion. L’auteur du crime terroriste s’est infiltré au cśur du village ; muni d’une hache, il frappe et blesse gričvement un enfant de 7 ans et tue ŕ coup de hache Shlomo Nativ, un jeune homme de 16 ans. Avec son revolver, il tire tous azimuts pour tuer au hasard et ŕ tout prix.


Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur de l’attentat se serait déguisé en juif orthodoxe pour déjouer les contrôles de sécurité. Il a réussi à prendre la fuite.

La branche armée du Fatah, les Escadrons d’Imad Mougnieh ou la branche armée du Djihad islamique se sont précipités pour revendiquer tour à tour l’attentat, qui marque un premier défi au gouvernement formé cette semaine par le nouveau Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou.

Qu’il ait agi seul ou avec la complicitĂ© d’un mouvement terroriste palestinien, l’auteur de l’attentat a choisi dĂ©libĂ©rĂ©ment un moment symbolique, celui de l’investiture d’un gouvernement qui n’a pas dĂ©clarĂ© la crĂ©ation d’un Etat palestinien comme une de ses prioritĂ©s. Le nouveau Premier ministre israĂ©lien a pourtant dĂ©clarĂ© dans son discours d’investiture Ă  la Knesset que la paix Ă©tait « possible ». Mais il parle de paix Ă©conomique, censĂ©e apaiser les tensions, en Ă©vitant soigneusement les aspects politiques du dossier

Netanyahou a cependant reconnu tous les accords signĂ©s par IsraĂ«l et, s’il n’a pas Ă©voquĂ© l’Etat palestinien, il a affirmĂ© que dans le cadre d’un « accord dĂ©finitif », les Palestiniens « disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mĂŞmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sĂ©curitĂ© et l’existence de l’Etat d’IsraĂ«l ».

C’est ce même discours que les chefs de gouvernements israéliens tiennent depuis quinze ans au moins. Pour les Israéliens, la création d’un Etat palestinien est l’aboutissement d’un processus de paix, non d’un cycle de violence tel que l’Intifada l’a engendré.
Celle-ci a-t-elle d’ailleurs cessĂ© ? Le mur de sĂ©paration tracĂ© par Ariel Sharon limite considĂ©rablement et depuis des annĂ©es le nombre d’attentats perpĂ©trĂ©s en IsraĂ«l.
Il n’attĂ©nue cependant en rien la volontĂ© ferme exprimĂ©e par nombre d’organisations palestiniennes d’utiliser la terreur comme « arme de libĂ©ration nationale ». Et si l’on compte le nombre de pierres jetĂ©es chaque jour par des Palestiniens, si l’on n’oublie pas que chaque semaine, plusieurs attentats sont dĂ©jouĂ©s par les services spĂ©ciaux, on peut considĂ©rer que la violence n’a pas baissĂ© d’intensitĂ© ; la sauvagerie est permanente.

Jeudi 2 avril, le terroriste a tué dans la région du Goush Etzion. Le lieu est aussi symbolique.
Le Goush Etzion se situe au sud de JĂ©rusalem et abrite des communautĂ©s qui avaient dĂ©fendu l’approche de JĂ©rusalem contre les armĂ©es jordaniennes pendant la guerre d’IndĂ©pendance d’IsraĂ«l en 1948. Les kibboutz et villages juifs furent alors dĂ©truits et 240 hommes et femmes furent assassinĂ©s par les soldats de la LĂ©gion Arabe. David Ben Gourion a souvent vantĂ© dans ses discours la rĂ©sistance hĂ©roĂŻque des habitants du « Goush »â€¦

Vingt ans plus tard, au lendemain de la guerre des Six jours, David Ben Gourion saluait Ă  nouveau la combativitĂ© exemplaire des dĂ©fenseurs du Goush Etzion, cette fois victorieuse. Il rĂ©vĂ©lait aussi l’importance stratĂ©gique de cette rĂ©gion : « Je ne connais pas de bataille plus magnifique, plus tragique, plus hĂ©roĂŻque dans les annales des forces de la dĂ©fense d’IsraĂ«l que la lutte pour le Goush Etzion… Si JĂ©rusalem juive est libre, nos premiers remerciements vont aux dĂ©fenseurs du Goush Etzion. »

Cette région du sud de Jérusalem n’est pas seulement un symbole national. Elle est aussi un lieu stratégique pour la sécurité de la capitale israélienne. Plusieurs attentats meurtriers ont déjà été perpétrés dans la région du Goush Etzion, dont celui du 17 octobre 2005, qui avait fait trois morts et quatre blessés.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, soldat d’Israël et citoyen français, otage du Hamas depuis 1015 jours.


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