Mauvaise pioche, ou les tribulations françaises et internationales depuis les colonies jusqu’à aujourd’hui

Albert Capino

jeudi 5 mars 2009, par Desinfos

Les guerres coloniales ont laissé des traces profondes dans l’approche avec laquelle les diplomaties française et britannique abordent le Proche-orient. Avec l’abandon des colonies, les deux ex-empires ont perdu leur grandeur, leurs sources de matières premières… mais pas leurs complexes


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Index :

Introduction

Politique arabe de la France

La fin d’un mythe

N’avons-nous donc rien appris ?

Citations palestiniennes

Blocus ? Quel blocus ?

Retour sur l’Histoire

Sionisme : la genĂšse

La persécution des Juifs en Russie et ses conséquences

Le mandat britannique en Palestine

L’accord de Sykes-Picot

Un face-Ă -face franco-britannique

Carte : des accords de Sykes-Picot... au Proche-Orient contemporain

L’exclusion des Arabes de Palestine par leur refus de la partition

Les grandes vagues d’immigration

Le retour des Arabes palestiniens sur la scĂšne politique

Le premier attentat palestinien d’envergure internationale

De Beyrouth Ă  Tunis

La renaissance chiite

L’ascension de Rafiq Hariri

EnquĂȘte sur l'attentat

Derniers développements

Introduction

Les guerres coloniales ont laissĂ© des traces profondes dans l’approche avec laquelle les diplomaties française et britannique abordent le Proche-orient.

Avec l’abandon des colonies, les deux ex-empires ont perdu leur grandeur, leurs sources de matiĂšres premiĂšres
 mais pas leurs complexes :

-       complexe de supĂ©rioritĂ©, compassionnel et condescendant envers ceux qui, jadis exploitĂ©s, fournissaient la mĂ©tropole Ă  bon prix,

-       complexe d’infĂ©rioritĂ©, teintĂ© de rancƓur  et d’un sentiment de revanche envers ceux qui ont su faire prospĂ©rer un lopin de terre en plein dĂ©sert.

Les medias tentent de suivre, pour vendre leur soupe.  Dans les colonnes de nos quotidiens, plus les Arabes sont loin et plus on les aime, quant aux Juifs mieux vaut les avoir sous contrĂŽle : ils ont tellement vite fait de devenir « dominateurs Â»â€Š

La petite phrase assassine du gĂ©nĂ©ral de Gaulle pendant sa confĂ©rence de presse en 1967 est restĂ©e gravĂ©e dans les mĂ©moires.  Elle marque le dĂ©but d’un retournement de tendance.  Elle cristallise les frustrations liĂ©es au dĂ©clin du rayonnement français depuis l’Afrique centrale jusqu’en Irak.

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Politique arabe de la France

C’est ainsi que dĂ©bute ce qu’on a coutume d’appeler la « politique arabe de la France Â» qui substitue Ă  l’ancienne domination coloniale des « accords privilĂ©giĂ©s Â» et autres « partenariats Â» : c’est par exemple dans ce cadre que nous avons vendu des avions chasseurs « Mirage Â» Ă  la Libye aprĂšs l’embargo dĂ©crĂ©tĂ© Ă  l’encontre d’IsraĂ«l suite Ă  la guerre des 6 jours en 1967, livrĂ© un rĂ©acteur nuclĂ©aire Ă  l’Irak de Saddam Hussein et expĂ©diĂ© Khomeiny en First sur Air France Ă  destination de TĂ©hĂ©ran


DĂšs 1958 de Gaulle, alors fraĂźchement venu au pouvoir, avait entrepris une tournĂ©e africaine pour expliquer les contours de la nouvelle Constitution française qui intĂ©ressait aussi l’Afrique. Cette annĂ©e-lĂ , il dĂ©clara le 26 aoĂ»t aux ‘porteurs de pancartes’ sĂ©nĂ©galais qui l’accueillent : « je veux dire d’abord un mot aux porteurs de pancartes ; s’ils veulent l’indĂ©pendance, qu’ils la prennent ! Mais s’ils ne la prennent pas, alors qu’ils fassent ce que la France leur propose : la CommunautĂ© franco-africaine... Â».  La « coopĂ©ration Â» commence alors Ă  remplacer la « colonisation Â».

Puis,  c’est le lĂąchage de l’AlgĂ©rie en 1962 de façon si humiliante, aprĂšs une guerre sanglante qui dura huit ans et fit des centaines de milliers de morts.

C’est un passage douloureux et honteux de l’histoire française, dont il faut se souvenir si l’on veut comprendre l’orientation politique contemporaine.

De Gaulle a fait alors des choix dont nous essayons encore de nous dĂ©pĂȘtrer aujourd’hui. Le « gĂ©nĂ©ral Â» avait des vues de grande puissance pour la France, dont l’exclusion des accords de Yalta lui Ă©taient toujours restĂ©s sur l’estomac.  Pour lui, l’appel du 18 juin effaçait Vichy et la France avait gagnĂ© la guerre ! En 1966, il claque la porte Ă  l’OTAN qui quitte Paris pour Bruxelles en dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e.

Dans une Europe alors en pleine croissance, il ambitionne de construire une  puissance industrielle et militaire indĂ©pendante. C’est l’époque des bidonvilles Ă  proximitĂ© des grandes concentrations industrielles, suivies des « villes dortoirs Â» en pĂ©riphĂ©rie des grands ensembles urbains.

Ses projets nĂ©cessitent une main d’Ɠuvre abondante et bon marchĂ©, qu’il va chercher dans les ex-colonies et notamment en AlgĂ©rie.

Mais loin de faire massivement appel aux Harkis (supplĂ©tifs engagĂ©s dans l’armĂ©e française de 1957 Ă  1962), dont plus d’un million – familles comprises – Ă©taient menacĂ©s, il les abandonne Ă  leur sort. 

Des massacres commencent dĂšs mars 1962 et culminent Ă  l’automne. Ils sont dus Ă  des rĂšglements de compte, des vengeances mais aussi au zĂšle des « marsiens Â», ralliĂ©s FLN de la 25Ăšme heure (au mois de mars 1962), voulant montrer leur patriotisme.

Les autorités françaises étaient au courant des faits comme le prouvent les rapports rédigés par des Français en Algérie, mais de Gaulle va plus loin encore.

Peu aprĂšs son retour au pouvoir, en 1958, il doutait de l’intĂ©gration des musulmans d’AlgĂ©rie qui Ă©tait sous-jacente Ă  la constitution de harkas. Ainsi, le 5 mars 1959, il se confie en ces termes Ă  Alain Peyrefitte : « Si nous faisions l’intĂ©gration, si tous les Arabes et BerbĂšres d’AlgĂ©rie Ă©taient considĂ©rĂ©s comme Français, comment les empĂȘcher de venir s’installer en mĂ©tropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus Ă©levĂ© ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-MosquĂ©es ! Â»

Sur proposition du gĂ©nĂ©ral Challe, alors commandant suprĂȘme en AlgĂ©rie (fin 1958), de Gaulle avait pourtant acceptĂ© d’enrĂŽler massivement des musulmans, afin de porter l’armĂ©e au niveau nĂ©cessaire pour dĂ©fendre tout le territoire.  Mais il ne voyait dans les harkis que des « jouets de l’Histoire Â», et non des Ă©lĂ©ments de l’armĂ©e française.

Lors d’un conseil des ministres, le 25 juillet 1962, peu aprĂšs l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie, il dĂ©clare Ă  Pierre Messmer, alors ministre des armĂ©es : « On ne peut pas accepter de replier tous les musulmans qui viendraient Ă  dĂ©clarer qu’ils ne s’entendront pas avec leur gouvernement ! Le terme de rapatriĂ©s ne s’applique Ă©videmment pas aux musulmans : ils ne retournent pas dans la terre de leurs pĂšres. Dans leur cas, il ne s’agit que de rĂ©fugiĂ©s ! Mais on ne peut les considĂ©rer tels que s’ils couraient un danger ! Â».

« Louis Joxe, ministre d’État aux Affaires algĂ©riennes, adressa Ă  l’armĂ©e une directive trĂšs secrĂšte, le 12 mai 1962, menaçant de sanctions les militaires français qui organisaient le repli en mĂ©tropole de leurs alliĂ©s musulmans en dehors du plan gĂ©nĂ©ral de rapatriement Â», et ordonnant mĂȘme le renvoi en AlgĂ©rie des supplĂ©tifs dĂ©barquĂ©s en France. Â»

La note en date du 25 mai 1962, stipule notamment :

« Les supplĂ©tifs dĂ©barquĂ©s en mĂ©tropole en dehors du plan gĂ©nĂ©ral de rapatriement seront renvoyĂ©s en AlgĂ©rie [
]. Il conviendra d’éviter de donner la moindre publicitĂ© Ă  cette mesure [
]. Les promoteurs et les complices de rapatriements prĂ©maturĂ©s seront l’objet de sanctions appropriĂ©es. Â» Pierre Messmer, ministre des armĂ©es, a spĂ©cifiĂ© dans une note ministĂ©rielle de mai 1962 que les arrivĂ©es en France de harkis " dues Ă  des initiatives individuelles [
] reprĂ©sentent des infractions caractĂ©risĂ©es. Â»

Le ComitĂ© national de liaison des harkis survivants avance le chiffre de 150 000 harkis tuĂ©s, et de 16 000 sauvĂ©s par leurs officiers français qui dĂ©sobĂ©irent aux ordres.

En fait, en 1962, il n’existe aucun plan d’évacuation ni de protection des harkis et de leurs familles, et le Gouvernement fut pris de court par l’arrivĂ©e des rapatriĂ©s. On estime (Philippe Denoix) Ă  15 000 ou 20 000 le nombre de familles de harkis, soit environ 90 000 personnes, qui purent s’établir en France de 1962 Ă  1968. La grande majoritĂ© resta en AlgĂ©rie et des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinĂ©s. Ces massacres perpĂ©trĂ©s parfois par familles entiĂšres s’accompagnĂšrent souvent de tortures, de viols, etc., se dĂ©roulĂšrent dans le climat d’instabilitĂ©, de luttes internes (y compris armĂ©es) de l’ALN et du GPRA pour la prise de pouvoir qui prĂ©cĂ©da et suivit l’indĂ©pendance.

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La fin d’un mythe

Alors que le Général de Gaulle effectue un voyage officiel en Roumanie, éclate la révolte de mai 1968. Face aux tensions grandissantes, le président français écourte son voyage et rentre en France le 18 mai.

Le 24, lors d'un discours télévisé, il en appelle au sursaut de la nation ; mais le discours présidentiel ne convainc pas : la contestation se poursuit, menée par les étudiants et les syndicats.

A propos des Français, le GĂ©nĂ©ral de Gaulle dira alors, plein d'amertume : « un peuple de veaux, de veaux qui se couchent Â».

L’ancien militaire hĂ©site Ă  faire appel Ă  l’armĂ©e et rend visite au GĂ©nĂ©ral Massu et des troupes françaises basĂ©es en Allemagne Ă  Baden-Baden.

A son retour d'Allemagne, le chef de l'Ă©tat fait un nouveau discours radiodiffusĂ© le 30 mai, oĂč il annonce qu'il restera Ă  son poste, malgrĂ© les injonctions de ses adversaires : Â« dans les circonstances prĂ©sentes, je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple. Je le remplirai Â».

Il annonce la dissolution de l'AssemblĂ©e et la tenue de nouvelles Ă©lections lĂ©gislatives. Ce discours entraĂźne spontanĂ©ment plus d'un million de Gaullistes Ă  manifester leur soutien sur les Champs-ÉlysĂ©es ce 30 mai, puis un raz-de-marĂ©e gaulliste un mois plus tard lors des Ă©lections lĂ©gislatives du 30 juin (358 dĂ©putĂ©s sur 485 !).

AprÚs l'échec subi par le référendum qu'il a organisé en avril 1969 pour son maintien au pouvoir, de Gaulle à 79 ans, se retire.

On ne peut pas toujours nier son passĂ©.  MĂȘme si d’un cĂŽtĂ©, la France y trouvait un intĂ©rĂȘt sur le plan des contrats d’exportation (GIAT industrie, Dassault, Matra, Framatome, Usinor, Thomson-Csf, consortium Eurodif) et le raffinement de pĂ©trole (Elf, Total), pour ne citer que certains, il vient un moment oĂč il faut accepter de retirer le bandeau qu’on a sur les yeux.

Ainsi, lorsqu’on entend un parlementaire français dĂ©clarer maintenant : « parce qu’il fait partie du problĂšme, le Hamas devra faire partie de la solution Â», on quitte le domaine de la diplomatie pour replonger dans celui de l’aveuglement.  Autant demander Ă  un preneur d’otages d’entrer dans un processus politique et de participer Ă  un secrĂ©tariat d’Etat aux affaires mafieuses aprĂšs un hold-up qui aurait mal tourné 

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N’avons-nous donc rien appris ?

Hubert VĂ©drine, ancien ministre des Affaires Ă©trangĂšres, pas particuliĂšrement connu pour ses sympathies israĂ©liennes, rĂ©pondait le 18 janvier dernier au « Gand Jury RTL-Le Figaro-LCI Â».

Entre les journalistes et politiques, les plus virulents ne sont pas forcĂ©ment ceux que l’on  croit : en face de lui, Jean-Michel Aphatie (RTL),Yves ThrĂ©ard et Etienne Mougeotte (Le Figaro) et Eric Revel (LCI).

Etienne Mougeotte : « Le Hamas, pour vous, est-ce une organisation terroriste ? Â»

Hubert VĂ©drine : « Qu’est ce que ça change ?  [
]  on peut le dire, bien sĂ»r.  C’est Ă©vident qu’il y a des organisations qui emploient des moyens terroristes [
] qui consistent Ă  terroriser des civils innocents.  Y compris l’OLP avant !  »

Etienne Mougeotte : « Il y a parfois du mal Ă  le dire chez certains Â»

Hubert VĂ©drine : « Il ne faut pas avoir de mal Ă  le dire, la question c’est les consĂ©quences qu’on en tire Â»

Etienne Mougeotte : « Le Hamas est presque exclusivement financĂ© par l’Iran [
] tout cela ne se tient-il pas comme des choses qui s’emboĂźtent ? Â»

Hubert VĂ©drine : « Ă€ moment ou Ă  un autre il faudrait attĂ©nuer les capacitĂ©s de l’Iran comme de la Syrie d’entraver le processus [de paix] Â»

Jean-Michel Aphatie : Â« D’aprĂšs vous, pourquoi les IsraĂ©liens auraient-ils bloquĂ© le processus [de paix] ? Â»

Hubert VĂ©drine : Â« Quasiment depuis le dĂ©but de l’occupation en 67 par les armĂ©es israĂ©liennes donc de territoires qui Ă©taient Ă  l’époque Syriens, Jordaniens, Egyptiens etc., donc s’appellent maintenant les Territoires occupĂ©s palestiniens *, il y a un dĂ©bat ouvert en IsraĂ«l, encore plus qu’en France ou aux Etats-Unis
 Â»

* EmportĂ© par son Ă©lan, Hubert VĂ©drine – grand connaisseur du Proche-orient – affirme ce que nous avons rarement l’occasion d’entendre chez un politicien français : jusqu’en 1967, il n’y a pas d’identitĂ© palestinienne !  Avant la guerre des six jours, les « Palestiniens Â» Ă©taient Syriens, Jordaniens, Egyptiens etc. 

VoilĂ  qui contredit de maniĂšre flagrante les dĂ©clarations nationalistes d’un « peuple palestinien Â», composĂ© de diffĂ©rentes nationalitĂ©s arabes, dont la revendication nationaliste n’a de base essentielle que l’opposition Ă  l’existence d’IsraĂ«l.

[Dans une deuxiĂšme partie, je rappellerai quelques Ă©lĂ©ments d’histoire, liĂ©s Ă  la pĂ©riode du fin du XIXĂš siĂšcle, jusqu’aux annĂ©es 1970 ndlr].

Jean-Michel Aphatie : Â« L’opĂ©ration [plomb fondu] a commencĂ© pendant la vacance du pouvoir aux Etats-Unis [
] Ce qui est Ă©tonnant dans le commentaire que vous avez fait, c’est le cynisme que vous prĂȘtez aux autoritĂ©s israĂ©liennes Â»

Hubert VĂ©drine : Â« Ce n’est pas du cynisme, c’est un sens tactique Ă©lĂ©mentaire Â»

Etienne Mougeotte : « On a parlĂ© de riposte disproportionnĂ©e des IsraĂ©liens aux tirs de roquettes [
] qu’est-ce que pourrait ĂȘtre une riposte proportionnĂ©e ? »

Hubert VĂ©drine : « Oui, je reconnais que le terme est
 C’est un peu jouer sur les mots ! Â»

Etienne Mougeotte : « En utilisant ce terme de ‘disproportionnĂ©e’, la CommunautĂ© internationale prend une position que moi je ne comprends pas Â»

Jean-Michel Aphatie : Â« Peut-ĂȘtre le nombre de tuĂ©s ? Â»

Etienne Mougeotte : « Alors il faudrait tenir une comptabilitĂ© ? Â»

Hubert VĂ©drine : « Non c’est une espĂšce de langue de bois hypocrite Â»

Eric Revel : « Ă€ partir de quand selon vous faut-il dialoguer avec le Hamas ? Â»

Hubert VĂ©drine : « Non je ne dis pas qu’il faut dialoguer, ça n’a rien d’agrĂ©able, je dis que c’est absurde de  ‘s’interdire de’.  Ça peut amener Ă  parler Ă  des gens dont on rĂ©prouve toutes les conceptions, les objectifs, les valeurs, on trouve ça rĂ©pugnant, mais Ă  un moment donnĂ© il faut parler parce que c’est un des moyens de rĂ©tablir la sĂ©curité   Je ne dis pas qu’il faut se prĂ©cipiter pour parler avec le Hamas.  L’idĂ©al Ă  mon avis ce serait que un dirigeant courageux israĂ©lien, soutenu Ă  fond par le prĂ©sident des Etats-Unis – et Ă©videmment par les autres, y compris nous – enclenche un processus avec l’AutoritĂ© palestinienne, pour la remettre en selle en disant : la porte n’est pas fermĂ©e pour le Hamas Ă  condition que ceci-cela.  Qu’il y ait un jeu dans le Hamas, pour que puisse apparaĂźtre un Hamas plus politique, plus pragmatique
 Â»

--

Dont acte.  Encore faut-il dĂ©finir ce que serait « un Hamas plus pragmatique Â».

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Citations palestiniennes

Abou Ihab, un homme d'affaires palestinien de 55 ans, qui contemple les ruines en quittant sa maison Ă  Gaza, semble aller dans le sens de M. VĂ©drine :

"A mon avis le Hamas a commis une erreur car toute guerre doit avoir des objectifs politiques et s'appuyer sur des plans militaires. Le Hamas n'a compté que sur des promesses mensongÚres de l'Iran et de la Syrie", ajoute-t-il. "Le Hamas s'est lancé sans calcul dans une aventure dont le résultat est cette catastrophe qui nous a frappés". [Reuters]

RĂ©ponse d’IsmaĂ«l Haniyeh, premier ministre du Hamas, qui est restĂ© cachĂ© sous l’hĂŽpital de Shifa pendant toute la durĂ©e de l'opĂ©ration de Tsahal dans la bande de Gaza :  "C’est une grande victoire, la rĂ©sistance est bonne et responsable et elle oeuvre dans l'intĂ©rĂȘt de notre peuple".

Un autre Palestinien, Karim Abou Chariah, dĂ©clare en faisant la queue devant le guichet d’une banque (alimentĂ©e par les IsraĂ©liens qui ont envoyĂ© 100 millions de Shekels le 10 dĂ©cembre dernier, afin que les Gazaouis ne manquent pas de liquiditĂ©s):

"La peur pour nos enfants nous a empĂȘchĂ©s de dormir pendant la guerre. Qu'est-ce que le Hamas et toutes ces organisations nous ont apportĂ© Ă  part la destruction? Elle est oĂč cette victoire dont ils parlent?" s'est-il interrogĂ©.

Un porte-parole du Hamas, Abou Oubeida, a affirmĂ© quant Ă  lui : Â« les tentatives d'IsraĂ«l d'empĂȘcher l'armement du Hamas, notamment en dĂ©truisant les tunnels de contrebande entre Gaza et l'Egypte, Ă©taient vouĂ©es Ă  l'Ă©chec. Qu'ils fassent ce qu'ils veulent. Introduire des armes pour les rĂ©sistances et les fabriquer est notre mission et nous savons trĂšs bien comment acquĂ©rir des armes Â». 

On le croit sur parole.  Magnanime, il accordait une semaine Ă  ‘l’ennemi sioniste’ pour se retirer de Gaza, « faute de quoi nous allons poursuivre la rĂ©sistance Â» a-t-il martelĂ©. Encore faut-il dĂ©finir ce qu’il entend par « rĂ©sistance Â».

Depuis le cessez-le-feu, cette forme de « rĂ©sistance Â» ne s’est pas interrompue : 17 missiles Grad sont tombĂ©s dĂšs le lendemain sur Ashdod, Ashkelon et Kyriat Gad, dĂ©truisant 3 appartements, faisant plusieurs blessĂ©s parmi les civils et obligeant 400 Ă©lĂšves qui passaient leurs examens Ă  rester dans les abris.

Nonobstant, les « partenaires Ă  une solution Â» (CommunautĂ© internationale, quartette
) demandent Ă  IsraĂ«l « d’aller plus loin Â», de rĂ©activer par exemple l'accord du 15 novembre 2005, qui autorise le transit des marchandises et des personnes depuis Gaza vers l'Egypte et IsraĂ«l, un accord qui Ă©tait destinĂ© Ă  permettre le dĂ©veloppement de l'enclave Ă  la suite du dĂ©sengagement israĂ©lien de l'Ă©tĂ© 2005.

Cet accord avait Ă©tĂ© passĂ© avec l’AutoritĂ© palestinienne, mais des restrictions ont Ă©tĂ© instaurĂ©es depuis, compte tenu de la prise de pouvoir par la force en juin 2007 par le Hamas et de la dĂ©licate mission consistant Ă  faire parvenir l’aide Ă  une population, sous le contrĂŽle d’une direction si ouvertement hostile.

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Blocus ?  Quel blocus ?

L’aide humanitaire ne s’est toutefois jamais interrompue, mĂȘme si une partie importante est confisquĂ©e par le Hamas :

Depuis la fin de l'opération 'Plomb durci', 127 000 tonnes de nourriture et de médicaments et 12 millions de litres d'essence ont été acheminés dans le territoire palestinien.

"Si le cessez-le-feu tient, et j'espĂšre qu'il tiendra, vous verrez les points de passage s'ouvrir et laisser passer une Ă©norme aide humanitaire", a dit le porte-parole d'Olmert, Mark Regev, Ă  la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision britannique Sky News. [trois points de passage sont dĂ©jĂ  rouverts, par lesquels arrivent une aide humanitaire accrue, nourriture, mĂ©dicaments et carburant.  Des hĂŽpitaux mobiles ont Ă©tĂ© installĂ©s aux abords de Gaza pour accueillir et soigner des blessĂ©s palestiniens, en plus ceux qui sont dĂ©jĂ  hospitalisĂ©s en IsraĂ«l].

Toutefois, les restrictions (qualifiĂ©es de « moyenĂągeuses Â» par M. VĂ©drine) ne seront pas totalement levĂ©es tant que le soldat franco-israĂ©lien Guilad Shalit, enlevĂ© lors d'un raid transfrontalier en 2006, ne sera pas libĂ©rĂ© par ses ravisseurs palestiniens, qui n’ont toujours pas autorisĂ© la Croix rouge Ă  lui rendre visite, en violation des conventions de GenĂšve. (vous avez dit « moyenĂągeux Â» Hubert ?)

À dĂ©faut de vision politique, le « pragmatisme Â» chez ces « rĂ©sistants Â» particuliers serait peut-ĂȘtre de commencer par montrer une capacitĂ© Ă  Ă©prouver des sentiments 
 humains?

Mais ne demandons pas l’impossible : rĂ©clame-t-on Ă  Mugabe un dialogue ouvert ?  A-t-on laissĂ© Ă  Milosevic le bĂ©nĂ©fice du doute ? Traite-t-on de la mĂȘme maniĂšre la Somalie, la Birmanie, le Soudan, le Rwanda, la RDC ?

Or, on ne peut comprendre ce qui se passe aujourd’hui qu’à partir d’un regard sur l’Histoire.

Dans la partie qui suit, je fais une synthĂšse des Ă©vĂ©nements qui ont donnĂ© naissance Ă  l’Etat d’IsraĂ«l.

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Retour sur l’Histoire

1914 : c’est le dĂ©but de la premiĂšre guerre mondiale. Les Ottomans entrent en guerre aux cĂŽtĂ©s de l'Allemagne et de l'Autriche, et donc contre la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'empire tsariste.

Les Français ont des vues sur le Liban et la Syrie, oĂč ils sont reconnus depuis le XIXĂš siĂšcle comme puissance protectrice des chrĂ©tiens.

DĂšs le dĂ©but de 1915, les Ottomans appellent Ă  la guerre sainte, au djihad, menaçant l’Afrique du Nord française (et une partie de l’Afrique noire) et l’Inde britannique. Français et Britanniques se trouvent ainsi en position dĂ©fensive, et cherchent une nouvelle formule juridique susceptible de rĂ©tablir leur ancienne domination.

Les Britanniques visent les territoires de la future Palestine mandataire, la mer Rouge et le golfe Persique. Il s'agit entre autres pour eux de sĂ©curiser "la route des Indes", qui passe par le canal de Suez.  En avril 1920, la confĂ©rence de San Remo leur octroie l'Irak (agrandi de Kirkouk cĂ©dĂ© par les Français en Ă©change d'une participation aux bĂ©nĂ©fices pĂ©troliers de la rĂ©gion), et la Transjordanie. Le mandat britannique dĂ©bute le 11 dĂ©cembre 1917.  Il est officialisĂ© par la SociĂ©tĂ© des Nations (SDN) en juillet 1922, il cessera le 14 mai 1948.

En pratique, la pĂ©riode 1919-1947 permet la crĂ©ation d'un proto-État juif sur le lieu des territoires israĂ©lo-palestiniens, avec son gouvernement, son parlement, son administration, sa police, son armĂ©e, sa diplomatie, sa population, son systĂšme Ă©conomique, ses partis. En 1947, la dĂ©cision par l'ONU de crĂ©er l'État d'IsraĂ«l validera largement un Ă©tat de fait prĂ©-existant.

En effet, si nous revenons un peu en arriĂšre, on constate que la pĂ©riode 1880–1918 a Ă©tĂ© dĂ©cisive pour l’émergence du mouvement sioniste.

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Sionisme : la genĂšse

1880 : premiĂšre manifestation du mouvement sous forme d’une organisation mondiale (on dirait aujourd’hui sans frontiĂšres avec un statut d’ONG), Ă  la suite d’incidents violents qualifiĂ©s « d’antisĂ©mites Â».

La paternitĂ© du mot est attribuĂ©e Ă  un journaliste de Hambourg, Wilhelm Marr, qui utilise cette nouvelle terminologie dĂšs 1873. L'antisĂ©mitisme se veut une idĂ©ologie nationaliste et laĂŻque « moderne Â», rejetant les Juifs non plus pour des raisons religieuses, mais parce qu'ils seraient un peuple sĂ©mite moyen-oriental inassimilable en Occident. Au-delĂ  de cette innovation, les prĂ©jugĂ©s traditionnels chrĂ©tiens contre les Juifs sont largement repris.

L'antisémitisme et l'hostilité aux Juifs se répandent largement autour des grandes concentrations juives d'Europe orientale.

En 1881, des pogroms sanglants se produisent dans l'empire tsariste contre les Juifs. Beaucoup d'entre eux en concluent qu'il n'y a pas d'avenir pour les Juifs en Europe orientale. C'est le dĂ©but d'un grand mouvement d'Ă©migration qui mĂšnera 4 millions de Juifs d'Europe orientale Ă  quitter cette rĂ©gion (entre 1880 et 1920). La plus grande partie ira en AmĂ©rique du Nord, mais d'autres iront en Europe occidentale, en AmĂ©rique du Sud, et mĂȘme en Palestine.

En 1894, nouveau tournant : ThĂ©odore HERZL, journaliste hongrois, assiste Ă  Paris Ă  la dĂ©gradation du Capitaine Dreyfus, sous les cris de "Mort aux Juifs". Il indiquera plus tard que cette situation avait Ă©tĂ© un choc pour lui. L'Autriche Ă©tait un pays oĂč l'antisĂ©mitisme Ă©tait dĂ©veloppĂ©. Mais la France Ă©tait censĂ©e ĂȘtre immunisĂ©e contre l'antisĂ©mitisme. C'Ă©tait le pays qui, le premier au monde, avait donnĂ© une totale Ă©galitĂ© civique aux Juifs, en 1791. C'Ă©tait aussi le pays qui avait donnĂ© la nationalitĂ© française aux Juifs indigĂšnes d'AlgĂ©rie en 1871 (dĂ©cret CrĂ©mieux). Elle reprĂ©sentait la modernitĂ© occidentale en marche vers plus d'Ă©galitĂ©.

Herzl avait tirĂ© comme conclusion de sa dĂ©ception qu'il Ă©tait illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l'assimilation, et qu'ils devaient possĂ©der leur propre État, refuge pour tous les Juifs persĂ©cutĂ©s.

En 1897, Herzl convoque Ă  BĂąle (en Suisse) le premier congrĂšs sioniste mondial.

Le sionisme pionnier a commencĂ© Ă  crĂ©er un Ă©tat de fait sur le terrain, et le sionisme diplomate (souvent appelĂ© « sionisme politique Â») a obtenu un succĂšs immense en obtenant du Royaume-Uni la promesse d'un « Foyer national pour les Juifs en Palestine ».

En 1901, le cinquiĂšme congrĂšs sioniste voit la crĂ©ation du Fonds national juif, chargĂ© de l’achat de terres en Palestine mandataire et du Keren Kayemeth LeIsrael (K.K.L.), chargĂ© de la gestion des terres achetĂ©es dans l'intĂ©rĂȘt de l'ensemble des Juifs de Palestine.

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La persécution des Juifs en Russie et ses conséquences

De 1903 Ă  1906, la Russie tsariste connaĂźt une vague de pogroms particuliĂšrement violents et traumatisants, ainsi que d'importants troubles politiques dus Ă  la guerre russo-japonaise (perdue par la Russie) et Ă  la rĂ©volution manquĂ©e qui suit (dite « RĂ©volution russe de 1905 Â»).

Tout comme les pogroms de 1881 avaient fait naĂźtre les « Amants de Sion Â» et provoquĂ© une premiĂšre aliyah, les pogroms de 1903-1906 accĂ©lĂšrent la naissance des partis politiques sionistes, et provoquent une grande vague d'Ă©migration. Ce sont prĂšs d'un million de Juifs qui quittent l'empire tsariste entre 1903 et 1914. 30 000 Ă  40 000 iront vers la terre sainte: c'est la seconde aliyah.

En 1906, le premier lycĂ©e hĂ©braĂŻque est fondĂ© Ă  Jaffa, tout comme l'École des Arts Bezalel Ă  JĂ©rusalem.

En 1909, un petit bourg juif Ă  proximitĂ© de Jaffa est fondĂ© et deviendra la ville nouvelle de Tel-Aviv. Le kibboutz Degania Alef, la « mĂšre des kibboutzim Â», est fondĂ© la mĂȘme annĂ©e. On note aussi des incidents entre Juifs et Arabes en GalilĂ©e, qui aboutissent Ă  la crĂ©ation de la premiĂšre milice juive, le Hashomer (« la garde Â»). Dans la ville de JĂ©rusalem, le rapport entre SĂ©farades et AshkĂ©nazes s'inverse du fait de l'immigration sioniste, presque entiĂšrement ashkĂ©naze.

En février 1919, les représentants sionistes à la conférence de la paix de Paris demandent donc l'octroi d'un mandat sur la Palestine au Royaume-Uni, dont ils apparaissent comme les alliés privilégiés. Les puissances alliées se rangent à ce choix lors de la conférence de San Remo, en avril 1920.


le foyer national juif dans ses premiĂšres frontiĂšres (1920)

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Le mandat britannique en Palestine

Le mandat britannique est officialisé par la Société des Nations (SDN) en juillet 1922.

Les Britanniques proposeront aux reprĂ©sentants de la communautĂ© arabe de crĂ©er Ă©galement une « Agence Â» pour reprĂ©senter leur communautĂ©. Mais ces dirigeants refuseront, considĂ©rant qu'il y aurait eu lĂ  une reconnaissance du mandat pro-sioniste de la SDN et de sa validitĂ©.

Ce refus a sans doute limité les possibilités d'action des nationalistes arabes en Palestine (le nationalisme palestinien spécifique est encore embryonnaire). Mais il aura aussi pour conséquence d'inquiéter la direction britannique.

Sans contester directement la prĂ©sence britannique, les dirigeants arabes de Palestine (notamment les radicaux regroupĂ©s autour du mufti, Haj Amin al Husseini) contestent vigoureusement les termes du mandat, qui prĂ©voient le renforcement indĂ©fini de la prĂ©sence sioniste en Palestine. Cette attitude est soutenue par les nationalistes arabes du Moyen-Orient. DĂšs les premiĂšres Ă©meutes de 1920, les Britanniques se rendent compte que leur politique pro-sioniste risque de porter atteinte Ă  leurs intĂ©rĂȘts moyen-orientaux. En 1922, un premier « livre blanc Â» britannique (sous la direction de Winston Churchill, alors secrĂ©taire aux colonies) propose de limiter l'immigration juive. Il y en aura d'autres au fur et Ă  mesure du durcissement de l’opposition arabe.

 

L'opposition grandissante des Arabes amĂšne progressivement les Britanniques Ă  revoir le territoire du « Foyer National Juif Â». Celui-ci devait au dĂ©but comprendre les territoires de ce que l'on appelle aujourd'hui: IsraĂ«l (sans le Golan), la bande de Gaza, la Cisjordanie et la Jordanie.

En 1922, il est dĂ©cidĂ© de dĂ©tacher le territoire qui formera l'actuelle Jordanie (Ă  l'Ă©poque « Ă‰mirat de Transjordanie Â». C'est Ă  la fois une dĂ©cision destinĂ©e Ă  rassurer les nationalistes arabes, et un geste en faveur de la famille des HachĂ©mites (dont un des fils, Abdallah, reçoit l'Ă©mirat).


le foyer national juif dans ses frontiĂšres aprĂšs 1922


Bien que rĂ©ticente, l'Organisation sioniste mondiale accepte ce dĂ©tachement. Ces bĂ©douins, commandĂ©s par les fils de Hussein, les princes de la dynastie hachĂ©mite, accepteront naturellement une tutelle britannique « bienveillante Â». Londres leur promet bien une « Arabie Â» indĂ©pendante, mais par rapport aux Ottomans.

De leur cĂŽtĂ©, les Français veulent Ă©tendre leur « France du Levant Â» Ă  l’intĂ©rieur des terres et construire ainsi une « grande Syrie Â» francophone, francophile et sous leur tutelle.

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L’accord de Sykes-Picot


Conclu en mai 1916, il faisait suite Ă  un Ă©change de lettres entre l’ambassadeur de France Ă  Londres, Paul Cambon, et le secrĂ©taire au Foreign Office, Edward Grey : les Français administreront directement une zone allant du littoral syrien jusqu’à l’Anatolie ; la Palestine sera internationalisĂ©e (condominium franco-britannique de fait) ; la province irakienne de Basra et une enclave palestinienne autour de HaĂŻfa seront placĂ©es sous administration directe des Britanniques ; les Etats arabes indĂ©pendants confiĂ©s aux HachĂ©mites seront partagĂ©s en deux zones d’influence et de tutelle, l’une au nord confiĂ©e aux Français, l’autre au sud aux Britanniques. La ligne dite Sykes-Picot, qui divise le Proche-Orient, doit aussi permettre la construction d’un chemin de fer britannique de Bagdad Ă  HaĂŻfa. Russes et Italiens donnent leur approbation Ă  cet accord, dont les HachĂ©mites ne sont informĂ©s qu’en termes voilĂ©s et confus.


Sykes utilise dans ce sens le mouvement sioniste, ce qui conduira Ă  la dĂ©claration Balfour du 2 novembre 1917 annonçant l’établissement « en Palestine Â» d’un Foyer national juif. La stratĂ©gie britannique va reposer sur l’occupation du terrain avec l’encouragement donnĂ© Ă  la rĂ©volte arabe de s’étendre Ă  la Syrie, sous domination française.

En 1918, la question pĂ©troliĂšre devient dominante. Selon l’accord, la France devrait contrĂŽler la rĂ©gion de Mossoul, oĂč se trouvent d’importantes rĂ©serves potentielles, mais les Britanniques, eux, ont les droits de concession. Georges Clemenceau veut bien satisfaire le groupe de pression colonial, mais en se limitant Ă  une « Syrie utile Â» ne comprenant pas la Terre sainte, mais permettant un accĂšs aux ressources pĂ©troliĂšres. Une trop grande extension territoriale impliquerait de lourdes charges d’administration sans commune mesure avec les revenus que l’on pourrait en tirer. C’est l’abandon de la revendication de la « Syrie intĂ©grale Â» (on dirait actuellement « Grande Syrie Â»). Au lendemain de l’armistice, il traite directement et sans tĂ©moin avec Lloyd George du partage du Proche-Orient.

Lloyd George manoeuvre habilement en proposant la crĂ©ation de « mandats Â» de la SDN, qui seraient confiĂ©s de façon temporaire Ă  une puissance « civilisĂ©e Â» chargĂ©e de les amener Ă  l’indĂ©pendance. Il y introduit discrĂštement les provinces arabes de l’Empire ottoman (Mandats dits A). Wilson accepte (janvier 1919).

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Un face-Ă -face franco-britannique

Les principaux intĂ©ressĂ©s ne sont pas informĂ©s et seront appelĂ©s Ă  comparaĂźtre devant le Conseil suprĂȘme alliĂ© (dit Conseil des dix). Nationalistes arabes, pro-français (syrianistes) et sionistes (les Anglais ont interceptĂ© une dĂ©lĂ©gation libanaise pour lui interdire de venir en France) parleront ainsi, en fĂ©vrier 1919, sans connaĂźtre rĂ©ellement la rĂšgle du jeu. Lloyd George laisse ses reprĂ©sentants engager une Ă©preuve de force avec les Français. La question est de savoir s’il y aurait un mandat unique sur l’ensemble du Proche-Orient (et dans ce cas certainement confiĂ© aux Britanniques) ou s’il y aurait deux mandats, l’un français, l’autre britannique. Les Français tiennent bon.

Wilson, exaspĂ©rĂ©, fait alors dĂ©cider la crĂ©ation d’une commission chargĂ©e de consulter les populations sur le choix de la puissance mandataire. Brusquement, les Britanniques se rendent compte que les Arabes de Palestine et d’Irak pourraient ne pas demander leur tutelle. De leur cĂŽtĂ©, les Français craignent que les Syriens leur soient hostiles et qu’ils se trouvent contraints d’accepter la revendication d’un Etat libanais Ă  majoritĂ© chrĂ©tienne.

Les deux puissances européennes se retirent de la commission, qui sera dirigée exclusivement par des Américains.

Cette derniĂšre, aprĂšs avoir entendu les Arabes palestiniens rejeter le sionisme, les Libanais chrĂ©tiens accepter la France et les Arabes syriens exiger l’indĂ©pendance, conclut au choix d’un mandataire... amĂ©ricain (28 aoĂ»t 1919) ! Mais il est trop tard : le SĂ©nat amĂ©ricain rejette le traitĂ© de Versailles, et les AmĂ©ricains se retirent de toutes les confĂ©rences interalliĂ©es.

Français et Britanniques se retrouvent ainsi face Ă  face. Le rapport de forces sur le terrain s’est inflĂ©chi en faveur des premiers, qui disposent de moyens militaires accrus alors que Londres dĂ©mobilise. La division en mandats est entĂ©rinĂ©e. De la confĂ©rence de Deauville (septembre 1919) Ă  celle de San Remo (avril 1920), on se contente d’ajuster la ligne Sykes-Picot.

Carte : des accords de Sykes-Picot... au Proche-Orient contemporain

http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/pdf/sykes_picot_fr.pdf

DĂšs 1937, la commission Peel britannique Ă©tudie un projet de partage de la Palestine, qui attribue aux Arabes la majoritĂ© du territoire (85%), mais qui crĂ©erait un État juif en GalilĂ©e et sur la bande cĂŽtiĂšre (15% de la Palestine). De part et d'autre, de grosses rĂ©serves surgissent.

Le manque d'enthousiasme de tous fera finalement Ă©chouer le projet (novembre 1938). Mais le gouvernement britannique continue Ă  chercher une solution.  Jusqu'en 1939, le Royaume-Uni continuera Ă  autoriser une large immigration juive.

À partir de 1939, les Britanniques rĂ©duisent fortement le nombre de visas accordĂ©s aux Juifs voulant se rendre en Palestine, alors mĂȘme que la pression sur les Juifs d'Europe devient intenable avec le dĂ©clenchement de la Seconde Guerre mondiale, et surtout avec le dĂ©but du gĂ©nocide des Juifs en 1941-1942.

En mai 1939, le gouvernement britannique publie un nouveau « livre blanc Â», qui est un choc pour le mouvement sioniste et qui peut lui faire craindre le succĂšs politique de la Grande RĂ©volte arabe, alors mĂȘme que son Ă©chec sur le terrain est consommĂ©.

Le « livre blanc Â» prĂ©voit un sĂ©vĂšre coup de frein Ă  l'immigration juive et, sous 10 ans, une autodĂ©termination de la Palestine dans son ensemble, ce qui amĂšnera forcĂ©ment les Juifs Ă  ĂȘtre minoritaires un État arabe. Il s'agit d'un revirement en profondeur de la politique menĂ©e depuis 1917 consistant Ă  appuyer le mouvement sioniste pour contrĂŽler cette partie du Moyen-Orient. Manifestement, le gouvernement britannique est arrivĂ© Ă  la conclusion que cette politique crĂ©e plus de problĂšmes qu'elle n'en rĂ©sout, et il se rapproche ainsi des nationalistes arabes.

La Grande Révolte arabe parvient ainsi à provoquer la rupture entre le sionisme et le pouvoir britannique. Les relations resteront dÚs lors tendues jusqu'à l'indépendance d'Israël, qui sera obtenue par une politique de confrontation avec l'empire britannique, et non plus par une politique de coopération.

Cette rĂ©volte avait pourtant dĂ©capitĂ© le mouvement nationaliste arabe en Palestine, et contraint le Mufti Ă  l'exil. PrivĂ© de sa base palestinienne, dans sa quĂȘte d’alliĂ©s le mufti Haj Amin al Husseini signe une alliance avec Hitler en 1941, et plaide pour rĂ©soudre le problĂšme des Juifs au Moyen-Orient « selon les mĂ©thodes nazies Â».

Réfugié en Allemagne nazie, il va lancer des appels (sans grand succÚs) aux musulmans du Moyen-Orient pour que ceux-ci se rallient à l'Allemagne contre l'occupant britannique.

Mais la majoritĂ© de la population arabe palestinienne est sous le choc de la rĂ©pression, et le « Livre Blanc Â» de 1939 la satisfait. Elle ne bouge pas.

Puis, en 1947, L'ONU décide de revenir au projet de la commission Peel de 1937 en partageant la Palestine. Les Juifs se voient attribuer 55% du territoire (plus que dans le projet Peel). Jérusalem devient une zone internationale. Les Arabes se voient attribuer le solde (un peu plus de 40% du territoire).



Le plan de partage de l'ONU

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L’exclusion des Arabes de Palestine par leur refus de la partition

Les Arabes ont globalement refusĂ© le partage (il y a des exceptions, en particulier chez les communistes). Les Juifs l'ont globalement acceptĂ© (sauf l'Irgoun et le Stern – ceux-ci continuaient Ă  revendiquer la Transjordanie).

Le plan est voté en novembre 1947 grùce à la conjonction entre un soutien attendu des occidentaux et le soutien plus surprenant de l'Union soviétique. Staline a toujours montré une grande hostilité au sionisme, voire aux Juifs. Mais il estime que ce projet chassera les Britanniques hors de Palestine. De plus, il existe des factions pro-soviétiques au sein de la gauche sioniste qui est à l'époque dominante.

AprÚs le partage, une période de 6 mois s'étend jusqu'au retrait britannique, en mai 1948. Pendant cette période, les Britanniques sont censés maintenir l'ordre, mais ils se cantonnent en fait dans une neutralité passive.

DĂšs le vote du partage par l'ONU (30 novembre 1947), des incidents se produisent, qui se transforment vite en guerre civile.

Le 15 mai 1948, Israël proclame son indépendance pendant que les derniers Britanniques quittent le pays.

DĂšs le lendemain, les armĂ©es arabes composĂ©es de la communautĂ© arabe palestinienne, la Transjordanie, l'Irak, l'Égypte, la Syrie, l'armĂ©e de volontaires de la Ligue arabe dĂ©ferlent sur l’Etat juif Ă  peine nĂ©.

Les armĂ©es arabes sont vaincues, au prix de lourdes pertes cĂŽtĂ© israĂ©lien : 1% de la population est rĂ©putĂ© avoir pĂ©ri pendant cette guerre.  Un armistice est signĂ© avec la Syrie en avril 1949, Ă  dĂ©faut de l’Irak et du Haut ComitĂ© arabe.

À l’issue de la guerre, achevĂ©e en mars 1949, les frontiĂšres du territoire israĂ©lien sont redĂ©finies par rapport au plan de partage: 77% du territoire de la Palestine mandataire (21 000 km2) contre 55% prĂ©vus par le plan de partage. L'ONU ne condamne ni n'approuve cette modification nĂ©e de la guerre. En pratique, les grandes puissances l'acceptent.


FrontiÚres d'Israël aprÚs l'indépendance en 1948

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Les grandes vagues d’immigration

Comme toujours dans l'histoire du sionisme, ces vagues sont liées à des graves problÚmes dans les pays d'origine.

De 1948 Ă  1967, il va y avoir deux grandes vagues d'immigrations. Elles sont essentiellement composĂ©es des survivants de la Shoah et des populations juives expulsĂ©es des pays arabes. 

De 1948 Ă  1952, prĂšs de 700 000 Juifs dĂ©barquent. La population de l'État double. Il y a 2 origines Ă  cette immigration :

-       Environ la moitiĂ© est composĂ©e de survivants du gĂ©nocide juif en Europe. Ils sont presque tous ashkĂ©nazes (il existe des sĂ©farades dans les Balkans et en Europe occidentale, cependant).

-       Une autre moitiĂ© vient des pays arabes : surtout l'Irak, le YĂ©men, la Syrie, le Liban et l'Égypte. Ils ne viennent pas vraiment par sionisme au sens politique du terme : les organisations sionistes y existent, mais leur influence est souvent limitĂ©e. Ils viennent surtout parce que la situation avec les populations et les gouvernements locaux s'est trĂšs fortement dĂ©gradĂ©e suite Ă  la guerre israĂ©lo-arabe de 1947-1949. Il y a des Ă©meutes anti-juives, ou au moins un fort sentiment d'hostilitĂ© dans beaucoup de pays arabes.

On trouve aussi la petite communauté des Juifs de Cochin, en Inde.

L'intĂ©gration de ces Ă©normes masses est un problĂšme sioniste important : IsraĂ«l va traverser une pĂ©riode Ă©conomiquement trĂšs difficile lors de cette premiĂšre vague d'arrivants, et les conditions de vie de ceux-ci sont dures.

Une seconde vague de 500 000 personnes arrive entre 1956 et 1966. Elle est constituĂ©e d'une minoritĂ© d'occidentaux quittant l'Europe de l'Est communiste, et d'une majoritĂ© de Juifs orientaux. Ceux-ci fuient une nouvelle vague anti-juive liĂ©e Ă  la guerre israĂ©lo-arabe de 1956.

Le conflit Ă©clata entre l'Égypte et une alliance secrĂšte, le protocole de SĂšvres, formĂ©e par l'État d'IsraĂ«l, la France et le Royaume-Uni, suite Ă  la nationalisation unilatĂ©rale du canal de Suez par l'Égypte.

Cette alliance entre deux États europĂ©ens et IsraĂ«l rĂ©pondait Ă  des intĂ©rĂȘts communs : les nations europĂ©ennes avaient des intĂ©rĂȘts politiques, Ă©conomiques et commerciaux dans le canal de Suez, et IsraĂ«l avait besoin de l'ouverture du canal pour assurer son transport maritime (ce dernier justifiait toutefois son intervention militaire contre l'Égypte comme Ă©tant une rĂ©ponse aux attaques fedayins qu'il subissait de plus en plus rĂ©guliĂšrement sur son territoire).

Au moment oĂč l'armĂ©e israĂ©lienne s'empare de la presqu'Ăźle du SinaĂŻ et atteint le canal de Suez, une mise en garde trĂšs ferme de l'Union soviĂ©tique stoppe l'offensive ; IsraĂ«l doit se replier sur ses frontiĂšres de 1949.

L'URSS bluffe alors en menaçant la France, le Royaume-Uni et Israël d'une riposte nucléaire.

L'OTAN rappelle Ă  l'URSS qu'il ripostera en ce cas. Les États-Unis, passifs jusque-lĂ , exigent le retrait des forces occidentales pour dĂ©samorcer la crise, font monter la pression contre le gouvernement britannique en lançant une attaque monĂ©taire contre la livre sterling et envoient leurs forces navales et aĂ©riennes interfĂ©rer dans le dispositif franco-britannique.

L'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, rĂ©unie en session extraordinaire d'urgence du 2 au 10 novembre 1956, adopte des rĂ©solutions 4 prĂ©voyant l'intervention de la FUNU (Force d'Urgence des Nations unies) dont le but est de remplacer les forces franco-britanniques Ă  partir du 15 novembre 1956 afin de restaurer la paix ; ce fut la premiĂšre opĂ©ration multilatĂ©rale des Nations unies, qualifiĂ©e de "premiĂšre gĂ©nĂ©ration". DĂšs lors, les "Casques Bleus" Ă©taient nĂ©s.

Le ministre canadien des Affaires extĂ©rieures de l'Ă©poque, Lester B. Pearson, reçoit le prix Nobel de la paix en 1957 pour le rĂŽle qu'il a jouĂ© dans « l'apaisement de la Crise de Suez Â» ainsi que pour son initiative de dĂ©ployer une force onusienne neutre entre les parties belligĂ©rantes.

AprĂšs la guerre, la communautĂ© juive d'Égypte (soit environ 75 000 personnes) prĂ©sente depuis plus de 2 000 ans doit quitter ce pays.

En effet, le 23 novembre 1956, une proclamation du ministĂšre des affaires religieuses lue dans toutes les mosquĂ©es affirme : « Tous les Juifs sont des sionistes et des ennemis de l'État Â» et promet leur expulsion prochaine.

Des milliers de Juifs se voient forcĂ©s Ă  quitter le pays avec une seule valise aprĂšs avoir « fait don Â» de leurs biens au gouvernement Ă©gyptien. Ces Juifs vont se rĂ©fugier en IsraĂ«l (35 000) ou en France (10 000) car une grande partie sont francophones ou au BrĂ©sil (15 000) ou aux États-Unis (9 000) ou en Argentine (9 000).

En tout, 250 000 Juifs nord-africains (environ la moitiĂ© des Juifs de cette rĂ©gion) arrivent aussi du Maghreb français aprĂšs l'indĂ©pendance de la Tunisie, du Maroc et de l'AlgĂ©rie. Les Juifs les plus francisĂ©s (gĂ©nĂ©ralement les plus Ă©duquĂ©s) sont venus en France. Les Juifs les moins francisĂ©s (gĂ©nĂ©ralement plus pauvres et moins Ă©duquĂ©s) ont fait le choix d'IsraĂ«l. Parmi eux, les Marocains sont particuliĂšrement nombreux.

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Le retour des Arabes palestiniens sur la scĂšne politique

Les Arabes palestiniens ne reviendront sur le devant de la scÚne politique que dans les années 1960 avec Ahmed Choukeiry, l'un des membres de la délégation syrienne à l'ONU de 1949 à 1951.

Il devient secrétaire général auxiliaire pour la Ligue arabe de 1950-1956. En 1955, il est vice-président de la délégation syrienne à la conférence de Bandoeng, en Indonésie.

Cette conférence marquera l'entrée sur la scÚne internationale des pays du Tiers monde. La conférence a condamné la colonisation et l'impérialisme en général, et en particulier l'apartheid en Afrique du Sud, et la France, premiÚre puissance coloniale en Afrique.

Les pays signataires appellent les pays encore colonisĂ©s Ă  lutter pour leur indĂ©pendance en privilĂ©giant la solution pacifique et la recherche de la nĂ©gociation. Ils rappellent Ă©galement leur volontĂ© de ne pas appartenir Ă  l'un ou l'autre des deux blocs en pleine guerre froide opposant les États-Unis et le bloc soviĂ©tique. Cette confĂ©rence  contribue Ă  l'accĂ©lĂ©ration du processus de dĂ©colonisation.

Dans la continuité, la conférence de Belgrade qui réunira certains de ces pays en 1961, posera les bases du mouvement des non-alignés.

En 1957, Choukeiry demande la nationalitĂ© saoudienne et devient ambassadeur saoudien Ă  l'ONU de 1957 Ă  1962 . Il est remerciĂ© par les Saoudiens cinq ans aprĂšs en prenant position en faveur de l'Égypte contre l'Arabie saoudite sur la question du YĂ©men .

En récompense, Nasser le nomme représentant de la Palestine à la Ligue arabe puis l'impose en tant que premier président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de 1964-1967.

Son programme se limitait alors, selon son expression, Ă  « jeter les Juifs Ă  la mer Â».

Sous sa direction, l'OLP rejoint le Fatah en 1967. Yahya Hammouda puis Yasser Arafat deux ans plus tard lui succÚderont au poste de président.

L’OLP est alors composĂ©e de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah, le Front populaire de libĂ©ration de la Palestine (FPLP) et le Front dĂ©mocratique pour la libĂ©ration de la Palestine (FDLP).

Depuis la fin de la guerre des 6 jours en juin 1967 et la prise de la Cisjordanie, les combattants vaincus d’Arafat, les fedayin, ainsi que des milliers de rĂ©fugiĂ©s, se sont installĂ©s en Jordanie. Arafat utilise alors son pays d’accueil comme une base arriĂšre.

Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie des Hachémites en Jordanie. Il estime que 75% des Jordaniens sont des Palestiniens à un degré ou à un autre.

Dans le mĂȘme temps, le roi Hussein cherche un compromis avec IsraĂ«l. Il adhĂšre au plan Rodgers qui suppose la fin d’opĂ©rations militaires contre l’état hĂ©breu. Mais le Fatah et le FPLP de Georges Habbache estiment qu’Hussein trahit la cause palestinienne.

Le 1er septembre, le roi Hussein Ă©chappe Ă  un attentat.

Habbache (FPLP) dĂ©clare « Tout ce que nous voulions, c'Ă©tait combattre IsraĂ«l et rien d'autre. Mais le rĂ©gime jordanien considĂ©rait que notre seule prĂ©sence dans le pays reprĂ©sentait pour lui un danger (
 ) Pour nous, le roi Hussein Ă©tait un dirigeant rĂ©actionnaire, chef d'un Ă©tat rĂ©actionnaire et donc un obstacle. Et pour rĂ©ussir notre rĂ©volution, nous devions supprimer cet obstacle. »

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Le premier attentat palestinien d’envergure internationale

le 6 septembre, le FPLP de Habbache détourne simultanément 4 avions en partance pour New York.

Le vol TWA 741 de Frankfurt/Main, le Swissair 100 de ZĂŒrich, le EL-AL 219 d’Amsterdam et le PanAm 93 de Bruxelles.

Le dĂ©tournement du vol EL-AL Ă©choua, le pirate nicaraguayen Patrick Arguelo fut abattu par la sĂ©curitĂ© et sa complice, Leila Khaled, fut neutralisĂ©e et livrĂ©e aux autoritĂ©s anglaises Ă  Londres, oĂč l’avion atterrit.

Un autre avion, le BOAC 775 de Bahreïn, fut détourné le 9 septembre et rejoint les trois autres sur le terrain de Dawson Field à Zarqua, ancienne base de la Royal Air Force en Jordanie, afin de faire pression sur les autorités britanniques pour libérer Khaled.

Le 11 septembre (dĂ©jà
 !), le FPLP fit un tri entre les passagers juifs – qu’ils gardĂšrent prisonniers – et les autres qui furent libĂ©rĂ©s et envoyĂ©s Ă  Amman.

Le 12 septembre, les Palestiniens firent sauter les 4 avions vides, craignant une attaque pour libérer les otages, qui furent emmenés dans un endroit secret.

C’est le premier d’une longue sĂ©rie d’attentats sanglants contre des civils, commis au nom de la « cause palestinienne Â».

Le 16 septembre, le roi Hussein de Jordanie qui a trÚs mal pris le déroulement de ces détournements à Zarqua, décrÚte la loi martiale, déploie ses forces autour des camps palestiniens en Jordanie.

Le 17 septembre , les bĂ©douins d’Hussein attaquent les Fedayin. La 1e division blindĂ©e de l’armĂ©e jordanienne, dirigĂ©e par un cousin du roi, ChĂ©rif Zeid Ben Chaker, bombarde les camps de rĂ©fugiĂ©s et les permanences des organisations palestiniennes. Le nombre de victimes exact n’est pas connu : la plupart des bilans font Ă©tat de 3 500 morts et 10 000 blessĂ©s.

Le 27 septembre, le président égyptien Nasser parvient à faire cesser les hostilités. Au bout de 10 jours, les camps sont rasés.

Cette pĂ©riode, connue sous le nom de « septembre noir Â», dĂ©boucha sur des nĂ©gociations, Ă  l’issue desquelles les otages du FPLP furent Ă©changĂ©s contre trois Palestiniens dĂ©tenus en Suisse et Leila Khaled.

Cette derniùre fait aujourd’hui partie du Conseil national palestinien.

Arafat ne devra son salut qu’en se rĂ©fugiant au Liban en se dĂ©guisant et aidĂ© par le prĂ©sident soudanais Noumeiry.  Il s’y installe avec ses fedayins palestiniens sous l'Ă©gide de Nasser, qui impose un accord au commandant en chef de l'armĂ©e libanaise. L'extraterritorialitĂ© des camps des fedayins est reconnue. Cet accord est tenu secret, car il est contraire au plein exercice de la souverainetĂ© libanaise. Il consacre le droit des fedayins Ă  mener, Ă  partir du territoire libanais, des opĂ©rations militaires et des attaques dans le cadre de leur lutte nationale armĂ©e et tout en respectant, ajoute le texte, la souverainetĂ© de l'État libanais. Cette vĂ©ritable entorse Ă  la souverainetĂ© va transformer le pays du CĂšdre en marionnette et va permettre aux Palestiniens de s'y organiser militairement, et de crĂ©er un vĂ©ritable État dans l'État.

Cela dĂ©stabilise le Liban – jadis dĂ©crit comme une « Suisse du Moyen-orient Â» – et l’entraĂźne dans une guerre civile qui va le dĂ©chirer pendant 17 ans.

En rĂ©ponse aux raids des fedayins Ă  partir du Liban, l'armĂ©e israĂ©lienne lance alors de nombreuses opĂ©rations dans le Sud-Liban et jusqu'Ă  Beyrouth. La population libanaise subit ces affrontements, mais l’armĂ©e rĂ©guliĂšre libanaise n’ose pas se mesurer Ă  la violence des Palestiniens.

L’OLP va en profiter, tout comme de l’environnement dĂ©mocratique existant au Liban, ainsi que de la nature multiconfessionnelle fragile du pays, pour donner au conflit un habillage inter-libanais en rendant impossible la maĂźtrise de la prĂ©sence palestinienne au Liban.

C’est l’époque des embuscades, de la guĂ©rilla urbaine, des francs-tireurs non identifiĂ©s sont bientĂŽt suivis par l'entrĂ©e en lice de canons et de lance-roquettes. Les camps de rĂ©fugiĂ©s qui encerclent la ville sont la cible privilĂ©giĂ©e des phalanges chrĂ©tiennes; les Palestiniens rĂ©pliquent en attaquant la ville de Damour (janvier 1976), et massacrent la quasi-totalitĂ© de ses habitants chrĂ©tiens. Les pillages, les destructions touchent mĂȘme les grandes banques de la capitale. Beyrouth est vite divisĂ©e le long de la fameuse « ligne verte Â».

En 1976, la Syrie impose un cessez-le-feu car elle n'avait jamais accepté que le Liban soit un pays et propose un rééquilibrage du partage des pouvoirs entre communautés.

Le prĂ©sident Hafez el-Assad ordonne l'entrĂ©e de troupes et de blindĂ©s au Liban, sous prĂ©texte de « prĂ©server le statu quo et mettre en Ă©chec les ambitions des palestino-progressistes Â».

Le prĂ©sident libanais et le chef de l'OLP sont convoquĂ©s Ă  Riyad cette mĂȘme annĂ©e. L'Arabie saoudite et l'Égypte leur demandent de reconnaĂźtre la lĂ©gitimitĂ© de la prĂ©sence des troupes syriennes au Liban, et l'officialisent par la mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD). Cette prĂ©sence militaire souffle sur les braises et enferme les Libanais dans des luttes internes.

S’en suit une pĂ©riode de « ni guerre ni paix Â» entre 1977 et 1981.  D’abord sporadiques, les attaques des villes du Nord d’IsraĂ«l organisĂ©es par l’OLP se muent en affrontements avec IsraĂ«l, qui se concluent par l’opĂ©ration « paix en GallilĂ©e Â», en juin 1982.

Les troupes de Tsahal entrent au Liban, avançant jusqu'à Beyrouth. Le gouvernement de droite israélien était décidé à en finir avec l'OLP et ses pratiques qui, selon les généraux israéliens, ravivaient le nationalisme palestinien au détriment de toute négociation avec Israël.

Tsahal traverse les lignes tenues par la FINUL, force d'interposition placĂ©e par l'ONU, franchit la ligne des 40 km nord initialement annoncĂ©e comme objectif par le ministre de la DĂ©fense Ariel Sharon et atteint la capitale, oĂč l’armĂ©e israĂ©lienne fait sa jonction avec les Forces libanaises de BĂ©chir Gemayel. Les troupes syriennes s'effondrent avec de lourdes pertes.

Environ une semaine aprĂšs le dĂ©but de leur invasion, les IsraĂ©liens commencent le siĂšge de Beyrouth Ouest (oĂč habitent 200 000 civils) oĂč l'OLP trouvait refuge au milieu de la population civile. Le sud de la ville, ou les fedayins palestiniens avaient trouvĂ© refuge fut exposĂ© Ă  des bombardements quasi-constants.

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De Beyrouth Ă  Tunis

Le 21 août, suivant un accord américain, l'OLP quitta Beyrouth pour Tunis avec Yasser Arafat sur des navires de la Marine nationale française sous surveillance internationale.

Beaucoup interprétÚrent cette évacuation comme la victoire maronite de la guerre. Le leader des phalangistes Béchir Gemayel, considéré comme l'homme fort du Liban, fut élu président.

Il est tué trois semaines plus tard avec 60 de ses partisans par une énorme charge placée dans le quartier général phalangiste.

L’ombre du  Parti Social Nationaliste Syrien plane sur cet attentat. Militant fervent contre IsraĂ«l et ses alliĂ©s au Liban, notamment BĂ©chir Gemayel et les phalangistes, il a toujours niĂ© en avoir Ă©tĂ© le commanditaire.

AprÚs l'évacuation de Beyrouth des chefs de l'OLP, plusieurs centaines de milliers de civils palestiniens restés sur place se trouvÚrent brutalement privés de protection et d'encadrement.

Les milices libanaises phalangistes veulent entrer dans les camps pour les "nettoyer" des combattants palestiniens. Une section des phalangistes dirigée par Elie Hobeika négocie avec les Israéliens un soutien logistique pour contrÎler le périmÚtre des camps de réfugiés et propose d'y entrer, afin de trouver les combattants et de les livrer aux Israéliens.

C’est sur cette base que le 16 septembre, les  IsraĂ©liens laissent les phalangistes pĂ©nĂ©trer dans les camps de rĂ©fugiĂ©s de Sabra et Chatila situĂ©s a la sortie de Beyrouth pour aller chercher les « terroristes Â».

Mais rien ne se dĂ©roule comme prĂ©vu et la capture initiale de combattants se transforme en massacres violents Ă  l’arme blanche, au cours desquels plusieurs centaines de civils pĂ©rirent (entre 800 et 2000 personnes selon les sources), parmi lesquels des femmes et des enfants.

Quelques heures aprĂšs l'entrĂ©e des phalangistes dans les camps, le chef des services de renseignements de Tsahal recevait une information parlant d'un massacre en cours. Aucune confirmation ne put ĂȘtre obtenue. IsraĂ«l affirme que tout cela semblait trop confus pour justifier d’une intervention.

Tsahal tente toutefois de persuader l'armĂ©e libanaise d’entrer dans les camps palestiniens. Le commandant de la rĂ©gion nord de Tsahal rencontre le commandant en chef de l'armĂ©e rĂ©guliĂšre libanaise. Il l'adjure de parler en ce sens au premier ministre du Liban. La rĂ©ponse sera nĂ©gative.

Une enquĂȘte officielle faite par une commission israĂ©lienne dirigĂ©e par Itzhak Kahane, le chef de la Cour suprĂȘme, dont la conclusion a Ă©tĂ© rendue publique en fĂ©vrier 1983,  conclut Ă  la responsabilitĂ© des phalangistes et Ă  la responsabilitĂ© indirecte d'Ariel Sharon, qui prĂ©sente sa dĂ©mission le 11 fĂ©vrier 1983.

Elie Hobeika n’a jamais Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ©. AprĂšs une longue traversĂ©e du dĂ©sert qui le mĂšnera Ă  Paris, Ă  Damas, et dans la Bekaa libanaise, Hobeika recueillera enfin les fruits de ses engagements politiques avec l’accord de TaĂ«f qui met fin Ă  la guerre civile libanaise en 1990. Il est nommĂ© ministre avant d’ĂȘtre Ă©lu dĂ©putĂ© pour deux mandats consĂ©cutifs. Devenu trĂšs proche de la Syrie, il coule des jours tranquilles au Liban jusqu’à son assassinat, le 24 janvier 2002 dans l’explosion d’une voiture piĂ©gĂ©e.

L’opposition syrienne au Liban, les IsraĂ©liens mais aussi les Palestiniens sont tour Ă  tour accusĂ©s de son assassinat pour son rĂŽle dans les massacres de Sabra et Chatila.

À ce jour, le mystùre de sa mort demeure.

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La renaissance chiite

Les forces internationales étaient arrivées à Beyrouth en 1982, pour tenter de mettre fin au chaos régnant. Les Américains étant considérés comme des alliés d'Israël, un attentat meurtrier fut perpétré en avril 1983 contre l'ambassade américaine et tua 63 personnes en laissant 100 blessés.

Le 23 octobre suivant, deux attentats suicides simultanés revendiqués par le Jihad islamique causÚrent la mort de 256 marines et 58 militaires français (attaque du poste Drakkar).

La force multinationale se retira du Liban en février 1984.

Bien que ses chefs rejettent toute responsabilitĂ© dans ces attentats, une petite organisation chiite connue sous le nom de Hezbollah ou « parti de Dieu Â» a largement contribuĂ© Ă  l’organisation de ces attaques.

Les chiites, évincés de la lutte sunnito-maronite pour le pouvoir et ignorés par le gouvernement avaient toujours été les pauvres du Liban.

Peuplant principalement les villages du sud et de la Bekaa, ils avaient subi les attaques dans les raids israéliens contre les Palestiniens et, fuyant les zones de combats, ils se repliÚrent dans la banlieue de Beyrouth.

Les gardes de la rĂ©volution iranienne, prĂ©sents au Liban depuis l’instauration de la RĂ©publique islamique en Iran, commencĂšrent Ă  prĂȘcher et Ă  entraĂźner les plus dĂ©munis.

Le terrain Ă©tait fertile pour un message rejetant l'impĂ©rialisme occidental, et sa volontĂ© de lutter pour sa cause transforma le Hezbollah en une vĂ©ritable force qui, gagnant en popularitĂ© dans l'ensemble des communautĂ©s du Liban, commença Ă  utiliser une des tactiques les plus redoutables des milices libanaises, le harcĂšlement, les enlĂšvements, et finit par provoquer l’évacuation du Sud-Liban.

Le pouvoir est désormais aux mains des milices, qui se livrent une guerre sans merci.

Septembre 1988 : le mandat prĂ©sidentiel d'Amine Gemayel se termine, et le vote des dĂ©putĂ©s pour un nouveau prĂ©sident libanais est empĂȘchĂ© par les milices. Gemayel demande alors Ă  son chef d'Ă©tat major, Michel Aoun de prĂ©sider un gouvernement militaire intĂ©rimaire. La position anti-syrienne d'Aoun est connue Ă  Damas, et les Syriens s’opposent Ă  sa nomination. Trois officiers musulmans nommĂ©s par Gemayel en mĂȘme temps que trois autres chrĂ©tiens pour servir sous les ordres de Aoun, refusent de rejoindre leurs postes, formant leur propre gouvernement dans Beyrouth-ouest.

Aoun, décidé à chasser les Syriens du Liban, lance une "guerre d'indépendance nationale" contre la Syrie, dont les affrontements s'étendent en 1989.

La France, qui observait, commence Ă  ce moment Ă  fournir de l'aide humanitaire aux deux partis ; mais Ă©tant donnĂ©e son amitiĂ© traditionnelle avec les maronites, ce geste parait suspect aux yeux des musulmans.

L'accord TaĂŻf (1989)

Une tentative de restaurer la paix eut finalement lieu a l'automne 1989. Les efforts politiques d'un comitĂ© composĂ© du roi Hussein de Jordanie, du roi Fahd d'Arabie saoudite, et du prĂ©sident Chadli Ben Jedid d'AlgĂ©rie ont abouti Ă  un cessez-le-feu exhaustif et Ă  une rencontre parlementaire pour discuter d'une « rĂ©conciliation nationale Â».

L'assemblée nationale se rencontra à Taïf en Arabie saoudite. Quelques amendements pour rétablir l'équilibre du partage du pouvoir furent ratifiés le 5 novembre 1989.

René Moawad fut élu président, mais fut assassiné seulement 17 jours plus tard.

Pour éviter de nouveaux affrontements, le parlement élit immédiatement Elias Hraoui, résolument pro-syrien, pour le remplacer.

Le Liban sous la surveillance de la Syrie (1990-2005)

Devant l'opposition d'Aoun les affrontements éclatÚrent encore, cette fois entre Aoun et les milices chrétiennes qui désapprouvaient sa position -- une véritable lutte fratricide.

En reconnaissance de son soutien durant la guerre du Golfe, l'Amérique autorisa la Syrie à intervenir auprÚs de l'armée libanaise pour se débarrasser du général Aoun.

Le 13 octobre 1990, il se rĂ©fugie Ă  l’ambassade de France oĂč il passe neuf mois, puis s’exile en France jusqu’en 2005.

À la demande de la Syrie, Émile Lahoud succùde à Elias Hraoui en 2004, prolongeant lui aussi son mandat de trois ans.

L’ascension de Rafiq Hariri

Entre 1992 et 2004, un homme est nommĂ© Ă  la tĂȘte de cinq gouvernements : Rafiq Hariri est premier ministre du 31 octobre 1992 au 2 dĂ©cembre 1998, puis du 23 octobre 2000 au 21 octobre 2004.

À ce poste, il met son carnet d'adresses au service de son pays tout en continuant Ă  bĂątir sa fortune, Ă©voluant dans un contexte politico-financier trouble.

Il entretient alors des relations étroites avec le président français Jacques Chirac et participe au financement de sa campagne pour l'élection présidentielle française de 2002.

À la tĂȘte d'une immense fortune, estimĂ©e Ă  10 milliards de dollars, il est prĂ©sent dans des domaines aussi variĂ©s que la banque, l'immobilier, l'industrie, les mĂ©dias. Il avait au Liban sa propre chaĂźne de tĂ©lĂ©vision, Future TV, et son quotidien, Al-Mustaqbal. Il possĂšde aussi Radio Orient, installĂ©e Ă  Paris.

Opposant Ă  l'influence du gouvernement syrien sur son pays, aprĂšs des annĂ©es d'alliance objective avec la Syrie, il dĂ©missionne de son poste de Premier ministre, en octobre 2004, Ă  cause de tensions avec le prĂ©sident Émile Lahoud. Il signifie son intention d'unifier les parlementaires d'opposition, dont il est l'un des tĂ©nors, en vue des Ă©lections lĂ©gislatives devant se tenir l'annĂ©e suivante.

Le 14 fĂ©vrier 2005, malgrĂ© le blindage de son vĂ©hicule, un attentat-suicide commis par camionnette contenant une seule charge explosive de 1 800 kg, composĂ©e d'un mĂ©lange de RDX, PETN et TNT le tue en mĂȘme temps qu'une vingtaine de personnes et blesse une centaine de passants sur la route du bord de mer de Beyrouth.

Les services de renseignements syriens sont immĂ©diatement montrĂ©s du doigt par l'opposition et une partie de la population. Selon certains tĂ©moignages (du chef druze Walid Joumblatt et de la journaliste irlandaise Lara Marlow avec qui Hariri s'est entretenu peu avant l’attentat), il aurait reçu des menaces de la part de la Syrie. En dĂ©cembre 2005, l'ancien vice-prĂ©sident syrien Abdel Halim Khaddam confirme ces accusations.

Hariri était personnellement proche de la famille royale saoudienne. Il bénéficiait à ce titre de la double nationalité libano-saoudienne. Il avait fait profiter de ses largesses de nombreuses associations et fondations qui aidaient les Libanais. C'est à partir de ses dons qu'il avait su se bùtir un électorat fidÚle qui, à sa mort, proteste vigoureusement contre ses adversaires politiques.

Son assassinat est aussi ressenti au-delà des traditionnelles barriÚres communautaires et religieuses. Il marque le début de ce que certains appellent la Révolution du cÚdre, qui fait descendre une grande partie de la population libanaise dans les rues de Beyrouth à l'occasion de la manifestation du 14 mars 2005. Elle conduit au départ de la totalité des troupes syriennes fin avril 2005.

En avril 2005, son deuxiĂšme fils Saad dĂ©cide de se lancer dans la carriĂšre politique et y rejoint sa tante Bahia Hariri.  En mai de la mĂȘme annĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Aoun rentre au Liban aprĂšs son exil de 15 ans.

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EnquĂȘte sur l'attentat

Le 1er septembre 2005, sur la proposition du procureur allemand Detlev Mehlis, agissant dans le cadre d'une enquĂȘte internationale mandatĂ©e par l'Organisation des Nations unies (ONU) Ă  la demande de la France, le procureur gĂ©nĂ©ral de la rĂ©publique libanaise SaĂŻd Mirza procĂšde Ă  l'incarcĂ©ration de cinq suspects repĂ©rĂ©s grĂące Ă  leur tĂ©lĂ©phone mobile : Moustapha Hamdane (chef de la garde prĂ©sidentielle), Jamil Sayyed (ancien chef de la sĂ»retĂ© gĂ©nĂ©rale), Ali al-Haj (ex-directeur des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieures) et Raymond Azar (chef des services de renseignement de l'armĂ©e).

Le 20 octobre, Mehlis remet son premier rapport au secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies Kofi Annan. Ce rapport, basĂ© sur des tĂ©moignages anonymes, Ă©tablit un lien entre plusieurs hauts responsables syriens et libanais visant Ă  l'assassinat de Rafiq Hariri. Ce rapport est critiquĂ© par le gouvernement syrien comme Ă©tant orientĂ© politiquement contre lui et dĂ©nuĂ© de preuves tangibles. La rĂ©traction du principal tĂ©moin de la commission d'enquĂȘte internationale, Hussam Taher Hussam, dĂ©clarant avoir Ă©tĂ© payĂ© par Saad Hariri pour figurer comme principal tĂ©moin Ă  charge contre les autoritĂ©s syriennes affaiblit le rapport Mehlis.

Mehlis argumente en déclarant que Hussam a été manipulé par la Syrie.

DĂ©but dĂ©cembre 2005, sous la pression de George W. Bush et Jacques Chirac qui menacent la Syrie de sanctions en cas de non-collaboration Ă  l'enquĂȘte, Bachar el-Assad accepte que 5 responsables syriens soient entendus par les enquĂȘteurs de l'ONU, tout en continuant Ă  nier toute implication de la Syrie dans cette affaire.

Mohamed Zouheir Siddiq, chauffeur d’un gĂ©nĂ©ral syrien et recherchĂ© pour dĂ©tournement de fonds, (prĂ©sentĂ© pendant un temps de l'enquĂȘte comme tĂ©moin principal par l'Ă©quipe de Mehlis comme un membre important des services secrets syriens au Liban) a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en France en octobre 2005 Ă  la demande du procureur libanais.

Le 29 dĂ©cembre, le Belge Serge Brammertz, procureur adjoint Ă  la Cour pĂ©nale internationale succĂšde Ă  Detlev Mehlis, dont le mandat expire le 15 dĂ©cembre et qui ne souhaite pas ĂȘtre reconduit dans ses fonctions.

Kofi Annan officialise la nomination.

Jusqu’à la fin de son mandat, Jacques Chirac qui entretenait des liens amicaux avec Rafiq Hariri qu'il tutoyait, met tout son poids dans la balance pour la mise en place d'un tribunal spĂ©cial chargĂ© de juger les assassins d'Hariri.

Le 30 mai 2007, le Conseil de sécurité de l'ONU décide de sa création de justesse, par 10 voix sur 154.

Le mĂȘme mois, Ă  l'issue de sa prĂ©sidence de la RĂ©publique, Jacques et Bernadette Chirac vont s'installer dans un appartement de 180 m2 sur les quais de Seine appartenant Ă  la famille Hariri.

Le 13 mars 2008 suivant, nouveau revirement : la France prĂ©tend via son ministre des affaires Ă©trangĂšres Bernard Kouchner avoir "perdu" Zouheir Siddiq. Certains y voient le signe d'un embarras face Ă  l'effondrement de la thĂšse syrienne, d’autres y voient des pressions de Bachar El Assad qui accepterait ainsi de revenir dans le giron français, Ă  condition que la tenue d’un tribunal spĂ©cial soit abandonnĂ©e.

Le prĂ©sident syrien Bachar Al-Assad est conviĂ© par le nouveau prĂ©sident français, Nicolas Sarkozy au sommet de l’Union Pour la MĂ©diterranĂ©e et du dĂ©filĂ© du 14 juillet 2008 Ă  Paris. Paris, qui explique qu'on ne « peut pas travailler qu'avec des dĂ©mocrates Â», dit vouloir « encourager Â»  l'Ă©volution de Damas aprĂšs le dĂ©blocage de la situation au Liban.

Aux nombreuses protestations que cette invitation soulĂšve, l’ElysĂ©e rĂ©plique : « Le Drakkar, ce n'Ă©tait pas la Syrie, c'Ă©tait l'Iran et le (mouvement chiite libanais du) Hezbollah. La Syrie, c'Ă©tait l'attentat contre l'ambassadeur de France au Liban Louis Delamare en 1981», a dĂ©clarĂ© Ă  la presse une source Ă©lysĂ©enne.

Ce ne fut certes pas au goĂ»t de la famille Delamare, qui signe une tribune dĂ©nonçant le « deuxiĂšme assassinat de leur pĂšre et oncle Â» que constitue l’invitation adressĂ©e Ă  Bachar Al-Assad avant que celui-ci ou son pays ne se soient repentis.

La direction politique du « Figaro Â» refuse de publier l’opinion des Delamare, hostile Ă  Damas.

Louis Delamare aura ainsi Ă©tĂ© assassinĂ© une deuxiĂšme fois.  Avec les familles et les proches des Casques Bleus Français tuĂ©s au Liban ils font partie de ces Français, de plus en plus nombreux, qui se sentent « trahis» par la prĂ©sence d’Assad au dĂ©filĂ© du 14 juillet, pourtant destinĂ© Ă  honorer l’armĂ©e française.

Pendant ce temps, le Hezbollah cherche Ă  amĂ©liorer son image sur le plan international. 

DĂ©jĂ  louĂ© par Jacques Chirac pour son « rĂŽle social Â», il utilise les journalistes affiliĂ©s au « RĂ©seau Voltaire Â» de Thierry Meyssan, tout comme les sites associĂ©s au CPL (Courant Patriotique Libre) de Michel Aoun en Europe. 

Dans une Ă©mission simultanĂ©ment retransmise par « Al Manar Â», la chaĂźne du Hezbollah et « OTV Â», celle du gĂ©nĂ©ral Aoun, Nasrallah et Aoun cĂ©lĂšbrent en fĂ©vrier 2008, l’accord conclu deux ans auparavant :

en fĂ©vrier 2006, Aoun avait crĂ©Ă© un mouvement politique, le CPL (Courant Patriotique Libre), rapidement noyautĂ© puis rĂ©cupĂ©rĂ© par le Hezbollah, avec qui il avait signĂ© un « document d’entente Â» contre-nature. 

Aoun s’efface donc au profit du Hezbollah, qui passe Ă  la vitesse supĂ©rieure.

Au Liban Ă  ce jour, les rĂ©fugiĂ©s palestiniens n’ont toujours pas de statut, de nationalitĂ©, le droit de travailler, de se dĂ©placer librement et vivent de subsides consentis par la CommunautĂ© internationale.

Les autres pays : Egypte, Syrie, refusent d’intĂ©grer les populations dĂ©placĂ©es suite Ă  la guerre de 1948 et maintiennent un abcĂšs de fixation aux frontiĂšres d’IsraĂ«l.

Seule la Jordanie, avec la double annexion dĂšs 1948 de la Cisjordanie et JĂ©rusalem-Est Ă  l’issue de sa guerre avec IsraĂ«l, accroĂźt sa superficie et surtout sa population puisque le pays accueille dans les annĂ©es qui suivent quelques 1,2 million de rĂ©fugiĂ©s. Cet afflux massif est bien sĂ»r une source de difficultĂ©s (qui aboutissent notamment Ă  l’assassinat du roi Abdallah par des rĂ©fugiĂ©s lui reprochant les annexions) mais aussi une chance pour la Jordanie qui accueille aussi une « bourgeoisie palestinienne Â» qui va jouer un rĂŽle essentiel dans l’essor Ă©conomique du pays.

En 1967, la Jordanie perd la Cisjordanie et JĂ©rusalem, c’est-Ă -dire 47% de sa population, la riche agriculture mĂ©diterranĂ©enne de cet espace et la moitiĂ© de son appareil industriel. De plus, elle accueille 300.00 Ă  400.000 rĂ©fugiĂ©s supplĂ©mentaires (les ‘’dĂ©placĂ©s’’ au sens oĂč ils se dĂ©placent dans l’Etat jordanien d’ouest en est’’), dont le dĂ©part est « encouragĂ© Â» par IsraĂ«l.

Aujourd’hui, les groupes fondateurs de l’OLP de 1964 ont pratiquement disparu, sauf le FDPLP de Naief Hawatmeh, prĂ©sent en Syrie, au profit de factions armĂ©es trĂšs structurĂ©es et encadrĂ©es dont les plus importantes sont le Hezbollah au Sud-Liban, le Hamas et le Jihad islamique Ă  Gaza, tous deux soutenus, armĂ©s et financĂ©s par l’Iran.

L’Iran qui mĂšne parallĂšlement une guerre sur le terrain par « proxies Â» interposĂ©s (Liban en 2006 et Gaza en 2008-2009), tout en poursuivant sa course au nuclĂ©aire, Ă  peine freinĂ©e par les timides protestations internationales.

Contrairement au Fatah, qui a modifiĂ© sa charte vers un credo Ă  motivation plus politique, le Hamas et le Jihad prĂŽnent sans discontinuer la non-reconnaissance et la destruction de l’Etat d’IsraĂ«l.

Sans « s’interdire Â» d’entamer un dialogue et des pourparlers en vue d’une sortie de crise, il est toutefois inenvisageable de le faire sans l’abandon de la violence, la reconnaissance explicite d’IsraĂ«l dans des frontiĂšres dĂ©finies, le respect des accords passĂ©s et la libĂ©ration des otages (tant le soldat franco-israĂ©lien Guilad Shalit, que les Palestiniens maintenus arbitrairement en dĂ©tention) par le Hamas.

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Derniers développements

MalgrĂ© des Ă©lĂ©ments encourageants, comme l’ouverture du Tribunal spĂ©cial pour le Liban (TSL), chargĂ© de juger les auteurs prĂ©sumĂ©s d'attaques terroristes au Liban, dont l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri Ă  La Haye, le 2 mars 2009, il reste des points sombres et qui augurent d’un avenir incertain.

1. Le 4 mars courant, le Royaume-Uni a dĂ©clarĂ©, par la voix de son ministre des Affaires Ă©trangĂšres Bill Rammell, qu’il envisage Ă  prĂ©sent un dialogue avec le Hezbollah, qu’il voudrait pouvoir Ă©tendre au Hamas, sous certaines conditions.

2. Pour succĂ©der au Nicaraguayen Miguel d'Escoto Brockmann (qui prĂ©side la prĂ©paration de la confĂ©rence Durban II Ă  GenĂšve en avril prochain), l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU pressent Ali Tikri, ministre de affaires Ă©trangĂšres libyen, qui devrait prĂ©sider l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU Ă  partir de juin 2009.

3. Les Iraniens poursuivent, comme si de rien n’était, leur programme nuclĂ©aire, menacent ouvertement IsraĂ«l et tous ceux qui prendraient son parti.  Quant Ă  Ali Khamenei, le « guide suprĂȘme Â» du rĂ©gime des mollahs, il dĂ©clare son dĂ©saccord avec une solution IsraĂ©lo-palestinienne Ă  deux Etats : entendez par-lĂ  une prĂ©conisation visant Ă  la destruction pure et simple de l’Etat juif.

4. Nous naviguons en pleine incohĂ©rence.  La confĂ©rence des donateurs de Charm-El-Sheikh pour la « reconstruction de Gaza Â» a “levĂ©â€ un montant proche de 5 mds de dollars, s’ajoutant aux 7,5 milliards de promesses de dons faites Ă  Paris en dĂ©cembre 2007.

D’une part, les donateurs sont des pays touchĂ©s par le marasme Ă©conomique qui fait suite Ă  la crise financiĂšre et auront Ă  absorber un choc social Ă©norme dans les deux annĂ©es Ă  venir.  Le chĂŽmage va augmenter exponentiellement et les besoins en financement Ă©conomique pour remettre le systĂšme en route seront vitaux.

Les pays qui ont le plus de ressources – les pays arabes – ont toujours cherchĂ© Ă  contribuer le moins possible, sauf au niveau politique par un dĂ©nigrement systĂ©matique de la politique occidentale.

Les fonds rĂ©unis pour les Palestiniens risquent, une fois de plus, d’alimenter l’achat d’armes et le terrorisme.

Tant que nous ne partagerons pas une mĂȘme grille de lecture sur les valeurs dĂ©mocratiques, des droits de l’homme et de la femme, du progrĂšs Ă©conomique et social, nous n’aurons pas d’interlocuteur.

Rien ne sert de déverser des milliards de dollars dans une roue creuse qui tourne sans fin pour alimenter la frustration et la haine.

5. Une paix au Proche-orient – indispensable il est vrai – ne pourra ĂȘtre atteinte que le jour oĂč pourront s’asseoir Ă  la mĂȘme table des partenaires de discussion animĂ©s des mĂȘmes intentions : faire les sacrifices nĂ©cessaires pour aboutir Ă  cette paix.  Cela entend l’abandon de l’éducation Ă  la haine, Ă  la violence, la reconnaissance de l’autre et l’acceptation de rĂ©investir le montant des dons dans la construction d’une sociĂ©tĂ© civile, respectueuse des valeurs partagĂ©es.  Autant dire que nous en sommes encore loin, tant que les Etats occidentaux regardent dans l’autre direction dĂšs qu’il s’agit de leurs intĂ©rĂȘts immĂ©diats et tiennent un langage Ă  sens unique dĂšs lors qu’il s’agit de stigmatiser l’action dĂ©fensive pour la survie d’un Etat souverain.

6. Les Etats-Unis ont procĂ©dĂ© Ă  la nomination de Charles Freeman Ă  la tĂȘte du National Intelligence Council (le Conseil National du Renseignement).  Cela est gĂ©nĂ©rateur de grandes inquiĂ©tudes, dans la mesure oĂč ce Conseil a pour fonction de synthĂ©tiser et d’interprĂ©ter les renseignements recueillis par l’ensemble des agences (CIA, NSA, etc.). C’est lui qui produit les Ă©valuations Ă  partir desquelles la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine prend ses orientations.

Elle n’a pas dĂ©celĂ© Ă  temps les attentats du 11 septembre, ni le programme secret nuclĂ©aire iranien.  De plus, Freeman est jugĂ© comme un adversaire farouche de la politique pro-israĂ©lienne, de mĂȘme que Samantha Powers, nommĂ©e au Conseil National de SĂ©curitĂ©.

7. En Europe, le nombre d'actes antisĂ©mites enregistrĂ©s durant les 22 jours de l'opĂ©ration israĂ©lienne Ă  Gaza a augmentĂ© de 300% par rapport Ă  la mĂȘme pĂ©riode l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, d'aprĂšs une Ă©tude de l'Agence juive. 250 actes ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s, principalement en Europe de l'Ouest.

Sur les 250 actes, 100 ont été commis en France et 100 autres en Grande-Bretagne.

Entre l’antisĂ©mitisme au sens de Wilhelm Marr, considĂ©rant les Juifs comme « inassimilables Â» en Occident et l’antisionisme, prĂȘt Ă  renvoyer les Juifs en Europe, quelle place le monde voudrait-il laisser aux Juifs ?

8. Avec l’élection d’Obama aux Etats-Unis, l’AmĂ©rique a portĂ© aux plus hautes responsabilitĂ©s un homme issu de l’immigration forcĂ©e Afro-amĂ©ricaine et nĂ© d’un pĂšre musulman.  Mieux que quiconque, il reflĂšte la vitalitĂ© d’une dĂ©mocratie qui accepte de regarder son passĂ© en face.

Pour autant, la nouvelle administration amĂ©ricaine saura-t-elle montrer l’exemple au Vieux continent et le dĂ©barrasser enfin de ses oripeaux post-colonialistes Franco-anglais pour agir enfin dans l’intĂ©rĂȘt des populations ? De remplacer les vieux rĂ©flexes qui ont menĂ© aux guerres, les refus liĂ©s au passĂ©, par une approche nouvelle fondĂ©e sur une acceptation de l’Autre ?

Dans la confĂ©rence de presse qu’il tient au 2Ăš jour de sa prĂ©sidence, Barack Hussein Obama dĂ©clarait au sujet du conflit arabo-israĂ©lien et Gaza : « nous disons clairement Ă  tous les pays de la rĂ©gion que le soutien extĂ©rieur aux organisations terroristes doit cesser Â».

Un beau discours.  À prĂ©sent, on demande des actes.

A.C.

RĂ©fĂ©rences :

Comment l’empire ottoman fut dĂ©pecĂ©

http://www.monde-diplomatique.fr/2003/04/LAURENS/10102#nh6/www.monde-diplomatique.fr

Cartes de l’Afrique du Nord et du Moyen-orient avant et aprùs les accords de Sykes Picot

http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/pdf/sykes_picot_fr.pdf

La Palestine mandataire

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine_mandataire

La déclaration Balfour

http://fr.wikipedia.org/wiki/DĂ©claration_Balfour_de_1917

L’histoire du sionisme

http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_sionisme

Les tribulations de la Jordanie depuis sa création

Les tribulations de la Jordanie depuis sa création

Histoire et polĂ©miques : Septembre Noir 1970

http://histoiretpolemiques.blogspot.com/2006/11/septembre-noir-1970.html

SĂ©nĂ©gal : anniversaire du 26 aoĂ»t 1958

http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=2544

Harki

http://fr.wikipedia.org/wiki/Harki#cite_note-4

À lire et Ă  voir :

Entrevues avec Khaled Meshaal

Le Hamas, et ensuite?

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=4231

Khaled Meshaal : “La question de la reconnaissance d’IsraĂ«l est exclue”

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=10673

Le pétrole, malheur du monde arabe

http://www.cartografareilpresente.org/article109.html

Entre pétrole et nucléaire, le Moyen-Orient au coeur de la guerre

http://www.cartografareilpresente.org/IMG/pdf/ener-conflit-iran.pdf

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