Désarmement du Hezbollah : Washington va demander l’aide de la Syrie

Romandie News

jeudi 19 février 2009, par Desinfos

Les Etats-Unis vont demander à la Syrie d’aider au désarmement du Hezbollah libanais, un mouvement chiite soutenu par Damas, a affirmé mercredi le sénateur américain John Kerry, en visite à Beyrouth. « Nous voulons que la Syrie nous aide à (appliquer) la résolution 1701 et à désarmer le Hezbollah », affirmé M. Kerry à la presse à l’issue d’une rencontre avec le président la République Michel Sleimane.


Le candidat aux élections américaines de 2004 faisait référence à la résolution du Conseil de sécurité qui avait mis fin à la guerre le 14 août 2006 entre le Hezbollah et Israël, et qui rappelle la nécessité du désarmement de toutes les milices au Liban.

M. Kerry, qui se rendra en Syrie dans le cadre d’une tournée régionale, a également souligné la nouvelle approche de l’administration de Barack Obama à l’égard du Proche-Orient, en contraste avec celle de George W. Bush, dont les relations de son pays avec Damas se sont détériorées après l’invasion de l’Irak en 2003.

« Contrairement à l’administration Bush qui croyait qu’elle pouvait simplement dire aux gens ce qu’ils doivent faire et attendre qu’ils le fassent, nous croyons en la nécessité d’engager un dialogue », a-t-il souligné.

« Nous allons donc recourir de nouveau à la diplomatie mais sans illusion, sans naïveté, sans attentes déplacées et sans penser qu’avec des paroles, les choses se réaliseront automatiquement », a-t-il ajouté.

« Ces choses se réaliseront quand les souhaits des deux côtés (Washington et ses interlocuteurs) seront exaucés et il faut parler aux gens pour comprendre ces souhaits et parvenir à un accord », a insisté M. Kerry.

Le sénateur a assuré que « rien ne se fera aux dépens de notre amitié avec le Liban », en référence à des craintes du côté libanais qu’un rapprochement américano-syrien nuise à l’indépendance du pays du Cèdre, où Damas a exercé une tutelle d’environ 30 ans.

« Nous voulons que la Syrie change d’attitude (...) et respecte l’indépendance politique du Liban », a-t-il insisté.

Saluant la tenue des législatives libanaises le 7 juin qu’il a qualifiées d’« importantes », il a souligné qu’« aucun pays ne peut survivre (...) avec des entités indépendantes qui agissent à leur gré et ont leurs propres lois », en référence au Hezbollah.

« Nous voulons que la Syrie respecte (ces) élections », a indiqué plus tard M. Kerry lors d’une rencontre avec Saad Hariri, l’un des leaders de la majorité parlementaire antisyrienne soutenue par Washington.

L’entretien avec le président syrien Bachar al-Assad « sera un test pour voir si le moment est venu pour un changement » au niveau des relations entre Damas et Washington, a-t-il ajouté.

M. Kerry, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a débuté sa tournée à Amman en début de semaine. Il doit également se rendre en Egypte, en Israël et en Cisjordanie.


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