Le Caire désavouerait-il le Hamas ?

par Claire Dana-Picard | Arouts 7

dimanche 28 décembre 2008, par Desinfos

Le Hamas s’attendait-il réellement à bénéficier du soutien inconditionnel des pays arabes qui ont commencé par dénoncer fermement l’offensive israélienne à Gaza ? En tout cas, il s’avère que le ton durcit à son encontre, surtout en Egypte. En effet, qu’il s’agisse ou non d’une tactique, le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a déclaré ouvertement que “le Hamas avait tiré et devait désormais subir les conséquences de ses actes”.


Aboul Gheit a précisé samedi soir : “Nous avions prévenu depuis longtemps la direction du Hamas mais elle n’a pas tenu compte de nos avertissements et doit donc à présenter supporter les retombées de son action”. Et de souligner : “Nous avions prévu que cela se terminerait ainsi étant donné que le Hamas a refusé d’arrêter ses tirs sur Israël”.

De hauts fonctionnaires des Services de Renseignements égyptiens, qui servaient d’intermédiaire ces derniers mois, auraient même été encore plus virulents à l’égard de l’organisation terroriste, en rappelant que le Hamas était trop ivre de pouvoir pour écouter les Egyptiens qui les incitaient à faire preuve de plus de modération.

Le chef du bureau “politique” de l’organisation terroriste Khaled Mashaal, qui se trouve à Damas, aurait fait preuve d’un mépris que les Egyptiens n’auraient pas apprécié, en repoussant leur offre de médiation.

La réaction égyptienne est surprenante, souligne le quotidien israélien Israel Hayom, mais le Caire ne serait pas le seul à dénoncer l’attitude du Hamas. En effet, d’autres Etats arabes, qui n’ont pourtant pas ménagé leurs critiques à l’encontre d’Israël après l’offensive sur Gaza, auraient toutefois estimé par exemple, comme l’a exprimé de façon très imagée un responsable jordanien, que “le Hamas ayant cuit sa soupe, il devait à présent l’avaler, même si elle était amère”.

A Ramallah également, le Hamas aurait eu quelques difficultés à obtenir le soutien inconditionnel des Palestiniens. Un proche de Mahmoud Abbas aurait déclaré qu’il était “regrettable qu’Israël accomplisse le travail à leur place”.
Toutefois, les réactions officielles publiées dans les capitales arabes samedi soir avaient un tout autre ton, on s’en doute. Le roi de Jordanie Abdallah II avait par exemple affirmé que “les deux camps devaient cesser leurs agressions mutuelles et parvenir à un accord par l’intermédiaire de pourparlers”. Des déclarations analogues ont été entendues dans tout le monde arabe.


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