Présidentielles américaines vues par la presse Israélienne

Revue de la presse israélienne du service de Presse de l’ambassade de France en Israël

mardi 4 novembre 2008, par Desinfos

Les quotidiens israéliens consacrent aujourd’hui la majeure partie de leurs éditions à la couverture des élections américaines. Certains commentateurs s’interrogent notamment sur les conséquences qu’aura pour Israël l’élection attendue de Barack Obama. Pour Amos Harel, commentateur militaire du Haaretz, Israël n’a rien à craindre de B. Obama : la sympathie pour Israël et le souci pour son destin sont bien ancrés dans l’administration américaine, et on ne doit pas s’attendre à un revirement anti-israélien dans la politique des Etats-Unis.


L’accomplissement d’un tel revirement nécessiterait en tous cas de longues années, alors que Barack Obama promet de se consacrer plutôt à des changements dans d’autres domaines. Une seule exception : l’Iran. Le parti-pris de Barack Obama en faveur de la reprise du dialogue avec le régime iranien inquiète Jérusalem.

Mais, note M. Harel, les résultats d’une telle démarche peuvent s’avérer différents : l’échec des contacts diplomatiques avec l’Iran pourrait mener justement à un durcissement américain. Enfin, estime le commentateur, l’angle israélien est vraiment marginal dans ces électi ! ons par rapport aux nombreuses conséquences positives que cette victoire augure pour le monde : pour les relations inter-raciales en Amérique comme pour le statut des Etats-Unis dans le monde.

Shimon Shiffer du Yediot est lui plus inquiet des implications que l’élection de Barack Obama aura sur la question iranienne. Selon lui, la pression israélienne a contribué au report de l’ouverture envisagée par George Bush du bureau d’intérêts américain à Téhéran ; après l’élection de Barack Obama, cette pression sera moins efficace.

De plus, l’interdiction de rencontrer des membres du Hamas qui est actuellement imposée aux représentants américains, devrait être levée. De manière générale, note le commentateur, Barack Obama n’exclut de contacts avec aucun pays ou mouvement. Barack Obama, estime M. Shiffer, devrait également pousser en faveur d’un accord de paix israélo-syrien, qu’il juge plus réaliste qu’un accord israélo-palestinien à l’heure actuelle.

Intérieur

Les quatre partis de la droite religieuse se sont officiellement fusionnés

Les quatre partis de la droite nationale-religieuse, le Parti National-Religieux (PNR), Tkouma, Moledet et l’Union Nationale ont officiellement annoncé hier, lors d’une conférence de presse conjointe, leur fusionnement dans un seul parti uni, rapporte le Maariv. Ces quatre partis avaient déjà créé pour les élections de 2006 une formation commune intitulée l’Union Nationale-PNR, au sein de laquelle chaque faction gardait pourtant son indépendance.

Le journal note que la création de ce nouveau parti constitue un évènement historique marquant la fin de cinquante ans d’existence du PNR, durant lesquels ce parti a durablement marqué le paysage politique israélien. En effet, jusqu’en 1967 le PNR, principale formation représentant le courant sioniste-religieux, était un parti centriste qui prônait la défense de l’identité juive tout en adoptant une ligne modérée pour les questions politiques. Ce n’est qu’après la guerre des Six jours que ce parti a connu une dérive droitiste progressive, précise le Maariv.

Selon le journal, les dirigeants du courant sioniste-religieux ont entrepris d’unifier leur quatre factions afin d’empêcher la perte de voix par des partis qui ne franchiront pas le seuil de représentativité lors des prochaines élections. Mais ils ont également décidé de mettre désormais l’accent non pas sur les dossiers politiques qui divisent leur électorat, notamment le statut des terroristes et le processus de paix, mais sur les questions de l’éducation, de l’identité juive, du bien-être social et de l’intégrité personnelle.

Le journal rapporte par ailleurs qu’une solution a été trouvée au sein de Kadima pour permettre de « réserver » au ministre des transports Shaoul Mofaz la deuxième place sur la liste de candidats du parti à la Knesset. Selon ce compromis proposé par le ministre Yaakov Edri, lors des élections primaires qui se tiendront prochainement, il y aura un vote séparé pour élire le numéro deux de la liste. Si personne ne se présente à ce poste outre Shaoul Mofaz, son élection sera garantie et cette place lui sera réservée.

Le journal rapporte par ailleurs que Nahman Shaï, journaliste et ancien porte-parole de Tsahal qui s’est fait un nom grâce à son rôle de « rassureur national » lors de la guerre du Golfe (1991), a annoncé hier son adhésion à Kadima. Pour le journal, ce renfort à Kadima est un contre-poids à l’adhésion au Likoud d’une autre ancienne porte-parole de Tsahal, Miri Reguev.

Le Yediot note pour sa part que Youval Rabin, fils du premier ministre travailliste assassiné Yitzhak Rabin, a déclaré ces derniers jours qu’il n’exclut pas de voter pour Binyamin Netanyahou et le Likoud lors des prochaines élections. Etant donné la notoriété dont jouit la famille Rabin au sein de l’opinion israélienne et les relations tendues qu’entretient cette famille avec et M. Netanyahou depuis l’assassinat de Yitzhak Rabin, cet aveu de confiance inattendu envers le M. Netanyahou pourrait jouer en faveur de ce dernier.

Israël-Palestiniens

La Grande-Bretagne durcit le contrôle des produits venant des implantations

Selon le Haaretz, des responsables israéliens craignent que la Grande-Bretagne n’entre en conflit avec Israël au sujet des implantations en Cisjordanie. Selon des sources diplomatiques de haut rang, des tensions sont apparues dernièrement entre ces deux pays suite à l’initiative britannique au sein de l’Union Européenne visant à mentionner de manière claire les produits venant des implantations et à exiger des impôts spéciaux sur ces produits. A Jérusalem, on estime que le but de cette initiative est d’exercer une pression politique sur Israël afin que celui-ci mette fin à la construction dans les implantations.

Selon le quotidien britannique « The Independent » cité par le Haaretz, la Grande-Bretagne aurait diffusé parmi les vingt-sept membres de l’Union une note concernant l’importation de marchandises en provenance des implantations, appelant à mentionner clairement l’origine des produits afin de permettre aux consommateurs européens de bien distinguer entre ces produits et les produits palestiniens. Toujours d’après le Haaretz, la Grande-Bretagne souhaite également faire respecter l’accord d’association de l’Union Européenne avec Israël, selon lequel seuls les produits en provenance du territoire israélien seront exemptés de taxes, ceux provenant des territoires devant être taxés normalement.


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