Radio-Orient : Liban / A la veille du dialogue national, des explosions en série terrorisent les Libanais

MAI

lundi 15 septembre 2008

Le président libanais Michel Sleiman avait invité les différentes parties libanaises à reprendre le dialogue autour d’une table ronde, dont le premier round sera tenu le 16 septembre au palais présidentiel. L’ordre du jour de ce dialogue est d’examiner la question de l’armement du Hezbollah (« la résistance ») et d’élaborer une stratégie de défense nationale intégrant cet armement. Or, le Hezbollah refuse de débattre de son avenir et tente de retarder cette échéance. En 2006, la douzaine de rounds de dialogue similaire n’a rien donné, et à la veille de la rencontre cruciale qui allait évoquer l’armement de la résistance, le Hezbollah avait provoqué la guerre des 34 jours avec Israël (12 juillet 2006). Aujourd’hui, il semble récidiver, mais cette fois-ci en terrorisant la population.


Ce matin, à l’aube, six grenades ont été lancées dans les rues de Beyrouth, notamment à Mazraa, sans faire de victimes. L’objectif étant au pire d’intimider la majorité à la veille du dialogue, ou au mieux d’empêcher sa tenue.

Certains attribuent ainsi l’assassinat du responsable druze Saleh Al-Aridi, un proche du ministre Talal Arslan mort dans l’explosion de sa voiture, le 10 septembre. Le véhicule de cet opposant, qui s’est employé à renforcer les relations entre les druzes de Walid Joumblatt (souverainiste) et ceux de Talal Arslan (allié du Hezbollah et de la Syrie), aurait été piégé lors d’un dîner de Ramadan organisé dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. La veille, le parti de Dieu avait organisé ce dîner dans un restaurant situé en bordure de l’aéroport de Beyrouth. L’assassinat d’un opposant dont l’activité dérange (il avait empêché les divisions et la guerre entre Druzes, lors de la razzia de Beyrouth, le 7 mai dernier) allait, selon ses exécutants, être attribué à la majorité, pour relancer les divisions et la tensions, et anéantir le dialogue. La tentative a échoué.

Dimanche, ce sont deux engins explosifs qui avaient été découverts et désamorcés à Lassa, dans la montagne de Byblos, un village mixte chiito-chrétien. Les chiites, soutenus par le Hezbollah, avaient mis la main sur une vieille chapelle et l’ont transformée en mosquée. Ce qui a suscité une vive tension. Après un intense bras de fer, la communauté chiite a fini par remettre le lieu de culte à ses propriétaires. Hier dimanche, les chrétiens devaient y célébrer une messe, mais avant l’office, deux bombes avaient été découvertes dans les environs de l’édifice. Le Hezbollah continue de terroriser la population.


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