Ce qu’Israël proposera au prochain sommet avec les Arabes

Akiva Eldar | Ha’Aretz -Version Française Courrier international

samedi 25 août 2007

A l’initiative du président Bush, un sommet régional est prévu cet automne pour proposer un règlement du conflit israélo-palestinien et israélo-arabe. Le journaliste de Ha’Aretz, Akiva Eldar, révèle les grandes lignes du plan de paix qu’Israël soumettra à ce sommet.


Dans le cadre de l’accord de principes qui est en train d’être rédigé avant le prochain sommet régional, Israë l va proposer qu’une route sécurisée àl’usage des Palestiniens entre la Cisjordanie et la bande de Gaza fasse partie d’un échange de territoires avec les Palestiniens. Mais si les Palestiniens vont disposer du contrôle de la route, Israë l en conservera la souveraineté. Toutefois, cette route ne sera utilisée que lorsque l’Autorité palestinienne sous sa direction actuelle reprendrai le contrôle de la bande de Gaza [tenu aujourd’hui par le Hamas].

Israë l pense que cela aidera le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad àgagner le soutien de l’opinion publique àGaza, qui vérifierait alors que le gouvernement du Hamas constitue un obstacle àla réouverture d’une voie de communication avec la Cisjordanie. [Les derniers sondages montrent une réelle baisse de la popularité du Hamas auprès des Palestiniens.]

Un haut représentant israélien, qui participe aux discussions avec les Palestiniens, a dit que cet accord de principe ne réglerait pas les détails des territoires devant être transférés aux Palestiniens en échange des blocs de colonies [en Cisjordanie], mais qu’il refléterait un large consensus sur les questions les plus sensibles, en laissant en suspens quelques difficultés. Les détails seraient réglés au cours de négociations, après le sommet de l’automne. Les Israéliens estiment que, pour les Palestiniens, ce passage sécurisé vaut bien davantage que le territoire qu’il représente en termes de superficie et qu’il devrait donc constituer un élément majeur de l’accord territorial.

Des sources proches du président palestinien Mahmoud Abbas affirment qu’il n’est plus opposé àla création d’un Etat avec des frontières provisoires après la signature de l’accord de principe, àcondition qu’il reçoive des assurances internationales qui promettent de fixer une deadline pour la fin des négociations sur les frontières définitives entre Israë l et l’Etat palestinien.

Voici la liste des propositions en train d’être finalisées :

1. Les frontières

Le point de départ est la clôture de séparation [le mur], sans autre zone destinée àl’expansion des colonies. Cela laisserait 92 % de la Cisjordanie aux Palestiniens. Cela représenterait davantage que le territoire àl’est de la clôture, mais moins que ce qui est prévu par les accords de Genève [qui prévoyaient plus de 96 % du territoire de la Cisjordanie aux Palestiniens].
Par ailleurs, les représentants israéliens évoquent la nécessité de commencer àappliquer les principes de la loi dite d’« Ã©vacuation-compensation » aux colons israéliens de Cisjordanie. Deux projets de loi ont déjàété proposés sur cette question, l’un par les députés Colette Avital (travailliste) et Avshalom Vilan (Meretz), l’autre par Amir Peretz et Youli Tamir (travaillistes).

2. Jérusalem

Israë l accepterait de transférer aux Palestiniens, àéchéance proche, un certain nombre de quartiers et de camps de réfugiés. Plus tard, davantage, voire la plupart des quartiers arabes de la Ville sainte seraient transférés aux Palestiniens. Le principe sous-jacent ressemble àcelui du plan Clinton : les zones juives pour les Juifs, les zones arabes pour les Arabes. Les lieux saints dans la vieille ville seraient administrés conjointement par des représentants des trois religions, chacun responsable de ses lieux saints.

3. Réfugiés

Israë l reconnaîtrait la souffrance des réfugiés palestiniens et accepterait indirectement une part de responsabilité quant aux réfugiés de la guerre de 1948. Israë l participerait également àun projet international de relogement des réfugiés en Palestine, dans des territoires transférés aux Palestiniens ou dans les pays où ils vivent actuellement.

Même si l’administration américaine n’a pas contribué àla préparation de l’ordre du jour du prochain sommet de paix, elle considère cet accord de principe comme la clé de son succès et encourage les parties àprogresser avant sa tenue. Les Américains pensent que cet accord améliorerait grandement les chances que l’Arabie Saoudite participe àce sommet et soutienne économiquement et politiquement Abbas et le Premier ministre palestinien Salam Fayyad.


Les textes

Mots-clés

Accueil