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Des enfants terroristes
Par Armand Amselem, conseiller scientifique àTeva, paru dans Tsedek Info n°37 ,
Article mis en ligne le 16 janvier 2003
dernière modification le 14 octobre 2003

Depuis un certain temps déjà, la communauté internationale s’est inquiétée du recrutement fréquent des enfants dans des forces militaires et s’alarme du triste sort de ces trop nombreux enfants-soldats. Ce souci s’est exprimé notamment dans la Résolution 1261 du Conseil de sécurité "condamne énergiquement [...] le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés en violation du droit international" et par les déclarations de Berlin, de Maputo et de Montevideo, qui toutes appellent àla fin de l’engagement d’enfants de moins de 18 ans dans les conflits armés.

La récente attaque de la communauté de Netsarim par des enfants palestiniens armés de couteaux, âgés respectivement de 8 et 11 ans, attire de nouveau l’attention sur l’utilisation d’adolescents dans la croisade anti-israélienne actuelle et sur l’importance des conséquences néfastes de l’enseignement de la haine.

Il faut rappeler que la jeunesse palestinienne est élevée dans une atmosphère de brutalité qui prône l’apologie de la guerre, le terrorisme aveugle et suicidaire, la violence, l’antisémitisme, la destruction d’Israë l. Et cet enseignement se retrouve dans les écoles aussi bien gérées par l’Autorité palestinienne (AP) que par l’ONU (UNRWA).

Quelques exemples suffiront pour « illustrer  » cette « pédagogie  » :

 les cartes officielles de l’AP n’incluent pas Israë l, ce qui est une manière de nier l’existence de notre État,

 une « mort honorable  » ne peut être que celle du martyr, celle de l’auteur d’un attentat-suicide contre Israë l,

- les « colonies impérialistes  » remplacent les villages arabes détruits,

une prime est remise par l’AP àchaque enfant palestinien qui attaque les forces de Tsahal,

- Arafat ne cesse d’encourager ces enfants àdevenir des « shahidim  », héros et martyrs de la « cause  » palestinienne.

Devant cet état de faits largement connus, le constat est catastrophique et pose véritablement problème :

 l’Union européenne (UE) persiste àpayer les livres scolaires et les salaires des enseignants de l’AP,

 l’UNRWA continue de prendre en charge les écoles des camps de réfugiés,

Mgr Sabbah, la patriarche latin de Jérusalem, se permet de déclarer lors d’une récente masse télévisée en France : « pas de paix sans s’attaquer aux racines de la violence : l’injustice  ». Autrement dit, il tourne le dos àune autre de ses déclarations de décembre 2001 : « résister sans recourir àla violence  ».

 L’Église orthodoxe de Jérusalem ne cesse de faire l’éloge des attentats-suicides et de les soutenir publiquement.

Un examen plus approfondi de la situation révèle une duplicité grave :

 l’UE, dans sa déclaration de juin 1986, a fortement souligné que tout appel au racisme devrait être considéré comme un acte criminel et combattu comme tel,

 l’ONU, dans sa charte, appelle àlutter contre toute forme de racisme,

l’AP, dans son accord intérimaire d’Oslo II, s’engage àlutter contre le terrorisme et la violence,

 les Églises latine et orthodoxe sont loin de souscrire àla déclaration du patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem, Irineos I° : « (j’) appelle les dirigeants de toutes les religions àcondamner clairement et pleinement ces actes terribles et àœuvrer de concert pour empêcher de telles horreurs àl’avenir  ».

Dans ce contexte, comment se fait-il que l’UE et l’ONU poursuivent leur aide massive et n’exigent aucun contrôle sue les centaines de millions de dollars versés àl’AP, ne demandent aucune transparence ? Pourquoi les Églises ne réclament-elles pas la suppression de l’enseignement de la haine ? Ou peut-être pensent-elles qu’une attitude pour le moins ambiguë leur permettra de conserver quelques traces de chrétienté au sein de l’AP…Pourquoi la communauté internationale se refuse-t-elle àl’évidence devant une situation inacceptable qui a pour conséquence de voir, pour la première fois, des enfants palestiniens de 8 et 11 ans -royalement traités dans les hôpitaux de notre pays - attaquer àmain armée des civils israéliens ?

Il faudra hélas plusieurs générations pour que la jeunesse palestinienne ne se berce plus des faux arguments de l’ouvrage « Rêver la Palestine  », pour qu’elle comprenne que les massacres et les violences corrompent la morale d’un peuple et son système de valeurs, pour qu’elle conçoive que le terrorisme est un substitut àl’Etat et donc un obstacle àla route qui y mène.