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Le monde dans lequel nous vivons

Par Paul Greenberg | Jewish World Review - Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

jeudi 3 janvier 2008
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C’est la nature du monde dans lequel nous vivons. La phrase résonnait en écho dans ma tête depuis la nouvelle de l’assassinat de Benazir Buttho - nouvelle qui provoqua un choc mais pas une surprise. Ce n’est pas seulement qu’on aurait pu s’attendre à cette nouvelle, elle était attendue. Tous comprenaient le danger. Il était souvent cité. On ne s’en occupait pas. Le monde espérait simplement le meilleur, et ne se préparait pas au pire. Tous agissaient comme si rien ne pouvait être fait, et sûrement, rien ne fut fait.

C’est la nature du monde dans lequel nous vivons : un pays comme le Pakistan, qui fut autrefois de peu d’importance stratégique dans le grand jeu des nations, est devenu une puissance nucléaire - une puissance nucléaire de plus en plus instable. Tous reconnaissent le danger qui s’amoncelle. Il est régulièrement mentionné. Mais tous agissent comme si rien ne pouvait être fait, sauf espérer le meilleur, et attendre le pire. Comme le destin de Benazir Buttho le démontre de façon si poignante.

C’est la nature du monde nucléarisé dans lequel nous vivons : ce n’est pas le nombre de pays qui sont parvenus à acquérir leur propre Bombe qui est préoccupant, mais lesquels. Il y a des dirigeants pour lesquels une arme nucléaire sert à la dissuasion, et d’autres pour lesquels c’est quelque chose de plus, dangereusement plus.

Qui se soucie vraiment de la Bombe détenue par les Britanniques ou par les Français ? Ou les Chinois ? Ou même les Israéliens ? Mais une arme nucléaire entre les mains de Mahmoud Ahmadinejad d’Iran, ou une telle arme échouant entre les mains d’un groupe terroriste comme al Qaïda si le Pakistan tombe sous sa coupe... Voilà qui est préoccupant.

Car lorsque les fanatiques auront en mains une arme nucléaire, ils l’utiliseront, sinon ils ne seraient pas des fanatiques. Pour certains, une apocalypse nucléaire n’est pas une calamité à éviter, mais un aboutissement à souhaiter ardemment - et à provoquer. C’est la nature du monde idéologique dans lequel nous vivons.

Se soucier seulement d’un tel danger ne sera d’aucun secours. Cela ne servira qu’à nous tordre les mains. Ou bien à faire des discours solennels. Ce n’est pas une solution ; ce pourrait être la plus grande part du problème. Car c’est aussi la nature du monde dans lequel nous vivons : les atermoiements donnent toujours des signaux, il est si facile de déléguer l’action plutôt que de l’entreprendre - ce qui signifie bien que nul ne pourrait la réaliser un jour. Et un jour nous nous réveillons pour voir des gratte-ciel en flammes. Ou bien une personnalité politique qui était déterminante pour les espérances de stabilité de son pays, abattue, et non seulement le Pakistan tremble, mais le monde entier.

Il se pourrait qu’il n’y eût qu’un seul dirigeant quelque peu capable de faire du Pakistan une démocratie. Et aujourd’hui, elle n’est plus. Son Parti, peut-être la seule vraie institution civile dans son pays, est effondré et pourrait ne jamais s’en remettre. Pas de Buttho, pas de vrai parti d’opposition. (Au Pakistan, l’opposition politique est largement une affaire de famille). Aujourd’hui, son pays - une puissance nucléaire, ne l’oublions pas - vacille à la limite de se transformer en un autre Etat en faillite. Avec des conséquences bien au-delà du Pakistan. Et nous Américains, comme le reste du monde, devrons traiter avec lui, tenant la main par qui la mort a frappé.

Dorénavant, comme chaque matin, un rédacteur lit des dépêches pleines de violence, de danger, de chaos et de crises, et il songe : c’est la nature du monde dans lequel nous vivons, et il est futile de souhaiter que les cartes que nous avons en main aient été différentes. Au lieu de cela, ceux dont la tâche est de conduire la politique étrangère de ce pays devront choisir le moindre parmi tant de maux. Qu’ils aient fait alliance avec Staline - les Etats Unis l’ont fait autrefois - ou propulsent un petit dictateur qui détient une arme majeure, c’est la nature du monde dans lequel nous vivons. Nous devons l’accepter, et en même temps, nous efforcer de le rendre meilleur et plus sûr. Sacré enjeu. Si l’économie est une science lamentable, elle est positivement réconfortante comparée à la gestion d’un Etat.

Un assassinat même unique peut conduire à une conflagration mondiale. Cela est arrivé auparavant. Le nom de Gavril Prinzip peut bien ne revenir maintenant dans des jeux tels ‘Jeopardy’ ou d’autres comme ‘Trivial Pursuit’, mais en assassinant un archiduc autrichien à l’été 1914, il a provoqué des conséquences qui étaient tout sauf triviales. C’est la nature du monde dans lequel nous vivons encore.

C’est un monde dans lequel un dictateur militaire comme celui du Pakistan, Pervez Musharraf, qui avait coutume de faire ami-ami avec al Qaïda et les talibans pour des motifs bien à lui, décide de changer de comportement quand les mêmes terroristes attaquent son protecteur américain. Comme la politique, la survie fabrique d’étranges compagnons de lits. Aujourd’hui l’homme fort du Pakistan, qui pourrait bien ne pas être si fort, est un allié - un allié de circonstance. Mais que ses fameux services de renseignement aient saisi le message est une autre affaire. Cela aussi, c’est la nature du monde dans lequel nous vivons. Il est divisé non seulement en gouvernements, mais à l’intérieur même des gouvernements.

S’il n’y a qu’une seule qualification pour la capacité de diriger dans un tel monde, s’il n’existe qu’une seule qualification pour le Président des Etats-Unis, c’est la volonté de reconnaître, et la détermination de prendre en charge, la nature du monde non pas telle que nous pourrions le souhaiter, mais dans lequel nous devons vivre.


http://jewishworldreview.com/cols/greenberg010208.php3


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