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Une guerre peut en cacher une autre

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

dimanche 28 décembre 2003
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Le journal égyptien de grande diffusion, Akbar el Yom, dans sa livraison du week-end, a confirmé les accusations émises une semaine auparavant par notre collègue palestinien Sami el-Soudi, sur la responsabilité directe d’Arafat dans l’agression subie par Ahmed Maher, les unes après les autres.

C’en deviendrait presque banal, si les considérations du gouvernement égyptien, contenues dans ce journal, n’étaient pas systématiquement occultées par la presse francophone. Tout esprit bien formé comprend que la démarche systématique tendant à dissimuler au public une partie significative d’un différend entraîne forcément l’incompréhension de l’attitude de la partie lésée. De l’incompréhension à la haine, il n’y a qu’un tout petit pas, que monsieur tout le monde franchit aisément, particulièrement lorsque les « incompréhensibles » sont juifs.

Il y a, dans le mouvement irresponsable de la presse généraliste française et de l’Elysée-Quai d’Orsay, un appel à des associations historiques nauséabondes. Parmi icelles, la pire peut-être, c’est celle qui offre subrepticement une justification morale a posteriori à la collaboration au génocide des Juifs durant les années grises. Etant posé que je considère, puisque je me situe au niveau des séquelles moreaux rémanents de cette période et non des actes de participation aux crimes nazis, la passivité compréhensive devant le génocide, comme un héritage national français toujours aussi difficile à gérer.

J’avais, pour ma part, à tort, considéré jusqu’à la seconde Intifada que le lien de contemporanéité entre la période vichyste et la guerre des Arabes contre les Juifs était indu. Qu’il s’agissait de deux époques distinctes et qu’il retournait d’un réflexe de paranoïa victimaire inepte d’établir n’importe quelle relation entre les conflits de l’Etat d’Israël et le génocide de la nation d’Israël. J’établissais trop hâtivement mon raisonnement sur le fait que les critères du différend entre les Israéliens et leurs voisins n’ont effectivement rien à voir avec ceux de la haine antijuive qui dévasta l’Europe.

La base de mon raisonnement était certes correcte, puisque les vents mauvais, religieux et nationalistes, qui poussent Yasser Arafat, l’Iran et la Syrie à vouloir nous jeter à la mer - même au prix de leur automutilation permanente - ne sont pas ni Mistral ni Tramontane. C’était dans le discernement des problèmes, que mon raisonnement péchait : Il existe bel et bien (et mal ?) deux conflits et non pas un seul. L’un est une guerre déclarée, celle entre Israël et certains Arabes, l’autre est larvée, entre certains establishments européens et leurs Juifs. Et la première ne sert que de prétexte à l’autre. J’ai écrit leurs Juifs et pas contre les Israéliens dans le souci de la précision (j’aurais horreur de passer mon temps à me tromper), car, à regarder les choses objectivement, l’Europe, la France en particulier, n’a aucune raison sensée de s’opposer aussi excessivement qu’elle le fait à la volonté du pays-Israël d’assurer sa survivance. Quelle bonne raison aurait-elle, par exemple, si Israël n’était pas incidemment le pays des Juifs, de s’opposer à l’éradication ciblée d’archi-terroristes islamiques et mondialo-hégémonistes auto déclarés comme Makled Hamid, le 25 décembre dernier ? Quelle raison aurait-elle de « rappeler que les assassinats ciblés contreviennent au droit international » et de « déplorer vivement qu’Israël y recoure de nouveau (…) » ? Quelle raison aurait sa presse, toute sa presse, de se contenter de mentionner - et encore pas toujours - que Hamid était un dirigeant du mouvement radical palestinien du Jihad islamique ?

Quel intérêt auraient tous ces Français de cacher, sciemment, que Hamid n’était pas juste un énième Palestinien à être tué par les Israéliens, mais qu’il était le chef du bras séculier terroriste du Jihad, celui qui envoyait des exécutants se faire exploser dans les restaurants et les autobus de mon pays ? Bien évidemment, cette question est insuffisante à cerner le malaise, puisque qu’elle ne touche qu’à la technicité d’une insuffisance journalistique épidémique. Les questions politiques étant : L’élimination ciblée de personnes reconnues par la communauté internationale comme ayant perpétré des crimes contre l’humanité et contre toute forme de solution consensuelle au conflit en cours s’inscrit-elle en symbiose avec les valeurs de l’humanisme occidental ou dans leur contradiction ? Et aussi, si le Quartette, impliquant la France qui fait assurément partie de l’Europe, a défini la neutralisation par Yasser Arafat des Makled Hamid en tant que LA mesure ultra prioritaire de la Carte Routière - lisez : la mesure ultra prioritaire et sine qua none en vue de l’instauration de la paix - et que le locataire de la Moukata, au contraire, les arme, les encourage et les finance, ne faut-il pas considérer alors la neutralisation de ces assassins comme une mesure absolument légale et même de nécessité publique ? Et encore, est-il ontologique, de la part d’une démocratie, d’exiger d’une autre démocratie qu’elle décerne une sorte d’impunité aux Makled Hamid, alors qu’Israël détient les preuves que ces monstres s’emploient à décimer sa population civile ? Le voudrait-il seulement, le gouvernement israélien ne manquerait-il pas ainsi à son devoir légal ultime, celui de défendre la santé physique de ses habitants ? Et toujours, la France, qui compte de nombreux et vastes massacres au passif de son histoire récente, connaît-elle une méthode de se protéger, qui soit plus économique en pertes collatérales que nos éliminations ciblées ? Un gouvernement démocratique responsable possède-t-il le droit moral de condamner la méthode d’élimination d’un criminel de guerre sans proposer une méthode alternative, répondant aux mêmes considérants sécuritaires d’urgence ? Et enfin, est-il seulement sensé et respectable de condamner nos actes de légitime défense au prétexte que nous n’aurions qu’une politique sécuritaire en guise de projet de coexistence ? Est-il sensé et respectable d’ignorer et de dissimuler que la charte du Jihad prévoit textuellement le refus de tout compromis, l’éradication de mon peuple et de ma famille ainsi que l’obligation - indépendante de toute décision du gouvernement et du peuple d’Israël - religieuse suprême, pour le fidèle musulman, de récupérer toutes les Wakf - les colonies de l’Islam - fût-ce au prix du sacrifice de son existence charnelle ? Faut-il sérieusement encore rappeler à nos lecteurs, que l’Islam professé par le Jihad islamique, considère l’Espagne et le sud de la France jusqu’à Poitiers comme autant de Wakf ?

En quoi les réponses à ces questions m’amènent-elles à considérer que la guerre de Palestine n’est que le masque de l’autre guerre, entre certains establishments et leurs Juifs ? Tout simplement. Tout simplement parce qu’en y répondant consciencieusement, on réalise que le choix laissé par le Quai d’Orsay aux Juifs est, une nouvelle fois, le même que celui qui fut laissé à nos grands-pères par le Nazi : Mourir ou mourir.

Tout simplement, oui, parce que la recrudescence de la peste ne fait pas appel, comme on pourrait naïvement le croire, à de nouvelles accusations contre Israël. Au contraire - et sans se poser la moindre question, et ça, c’est véritablement inouï - l’intelligentsia conforte le choix du mourir ou mourir de ses politiques en reprenant précisément les thèmes des accusations délirantes de l’antisémitisme historique. Les thèmes qui nous semblaient caricaturaux voici vingt ans, au point qu’on se demandait comment les populaces avaient pu les suivre et qui se diluent désormais dans la banalité quotidienne. Des thèmes limités en nombre, qui servent la folie antisémite depuis l’Inquisition, les pogromes tsaristes, les fièvres anti-dreyfusardes et les théories nazies. Des thèmes, il est aujourd’hui à nouveau nécessaire de le crier haut et fort et malheureusement sans rire, qui n’ont jamais contenu la moindre once de vérité : Le meurtre lâche des enfants étrangers [c’est pour cela que le témoignage de Talal Abou Rahma, sur lequel est exclusivement construite l’imposture de France 2, selon laquelle vingt-cinq de nos soldats auraient visé l’enfant durant quarante-cinq minutes dans l’intention de le tuer doit impérativement être dévoilée et ses responsables confondus] ; notre déviance sexuelle s’exerçant sur des personnes trop faibles pour se défendre - Sara Daniel pour les jeunes filles palestiniennes et Alain Lipietz, pour les petits garçons - ; notre propension à nous allier en complots plus ou moins secrets pour défendre l’indéfendable - Dominique Vidal - ; notre propension à nous emparer de toutes les richesses du monde, à générer des conflits et à envoyer les autres se battre à notre place [les anti-dreyfusards, la propagande nazie et RFI] ; notre haine des chrétiens [le reportage de TV5 sur le sac de la basilique de la nativité par nos soldats et, tout dernièrement, l’accusation portée par FR2 selon laquelle nous serions à l’origine de l’exode des chrétiens de Palestine] ; notre propension atavique à espionner et à trahir [Juda, Dreyfus et la plus grande affaire d’espionnage contre les Etats-Unis de Sylvain Cypel] ; notre jouissance à faire le mal [Edgar Nahum-Morin] et enfin, notre extraordinaire indécence à prétendre que nous n’aurions pas commis tous ces crimes, ajoutant à l’abjection de les avoir perpétrés, celle de ne pas les reconnaître [Claude Askolovitch, Martine Gozlan].

Pourquoi sont-ce les mêmes thèmes que l’antisémite ressasse dans sa guerre au Juif, sans qu’il ne s’aperçoive de son ânerie profonde et sans que les témoins ne remarquent leur infinie superficialité ? C’est qu’en ressassant aujourd’hui les accusations sordides d’hier et d’avant-hier, en les actualisant, au prétexte de protéger les Palestiniens contre l’intention de les exterminer, qui ne nous a bien évidemment jamais effleuré l’esprit, l’antisémite justifie sur le dos des Palestiniens (encore plus antijuifs qu’anti-arabes - Sami el-Soudi -) les errances terribles contenues dans son patrimoine historique. Il est clair que les accusations de malfaisance atavique ont ceci d’avantageux pour l’antisémite, que si elles sont aujourd’hui fondées dans l’observation de notre comportement vis-à-vis des Palestiniens, elles l’étaient également, fondées, lorsque les monsieur Pépère ont un peu oublié de voir Drancy et les wagons à bestiaux en partance et lorsque le gouvernement légitime de la France adoptait ses lois d’exception racistes. Après tout, se dit l’antisémite, en jouissant sur les pages du Monde et devant son poste de télévision, on avait quand même des raisons de les persécuter, ils n’ont quand même pas été envoyés dans les camps par hasard.

Dommage que tant de Juifs participent - pour se dédouaner d’être juifs, pour se le faire pardonner, pour monnayer leur intégration, qui est loin d’être réglée ? - à nous poser l’équation mourir ou mourir. Dommage que je n’ai pas vu plus tôt qu’il s’agissait de deux guerres distinctes et pas du tout d’une seule ; je vous prie, lors, d’excuser mon aveuglement.


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