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L’image choc de l’intifada en procès

Stéphane Durand-Souffland - Le Figaro

samedi 16 septembre 2006
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Depuis 2000, le reportage de France 2 montrant la mort du jeune Mohammed à Gaza est l’objet d’une intense polémique, soumise désormais au tribunal correctionnel de Paris.

LA DIFFAMATION est un délit singulier, qui consiste à « porter atteinte à l’honneur et à la considération » d’une personne. Singulier, parce que les propos diffamatoires ne sont pas nécessairement mensongers, et que celui qui les profère n’est pas obligatoirement condamné - à charge pour lui d’apporter la preuve de ses assertions ou, à tout le moins, de sa bonne foi.

L’affaire examinée jeudi dernier par le tribunal correctionnel de Paris revêt une dimension exceptionnelle.

France 2 poursuit Philippe Karsenty, directeur de Media-Ratings, « première agence de notation des médias ».

Ce dernier, sur son site Internet, avait violemment dénoncé un reportage diffusé au journal de 20 heures, le 30septembre 2000.Et pas n’importe quel reportage : il s’agit, en effet, d’images tristement célèbres, tournées à Gaza.Commentées par Charles Enderlin, correspondant respecté de la chaîne à Jérusalem, elles montrent la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, fauché par une rafale d’arme automatique dans les bras de son père, au plus fort d’une escarmouche entre Tsahal et des combattants palestiniens. Selon le journaliste, les tirs proviennent des positions israéliennes.

Rien ne l’établit, mais l’enfant est vite élevé au rang de martyr dans le monde arabe. Certains crimes terroristes seront revendiqués en son nom. Parallèlement, des voix s’élèvent pour dénoncer une manipulation calomniatrice pour l’État d’Israël.Certains sites Internet, souvent sur un ton proche de la propagande voire du conspirationnisme, véhiculent des variantes de cette thèse.

Analyse habile de la séquence

M. Karsenty est moins outrancier.Il n’en reste pas moins que Media-Ratings estime que les images sont le fruit d’une mise en scène et que rien ne prouve que l’enfant est mort le 30 septembre 2000. Il est question de « supercherie » et de « mascarade ».La démission immédiate d’Arlette Chabot (directrice de l’information) et de Charles Enderlin est réclamée. D’où le procès en diffamation.

La défense de M.Karsenty verse de copieuses conclusions, analysant habilement la séquence, et produit quatre témoins, dont Francis Balle, universitaire et ancien membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel.Selon Me Pierre-Louis Dauzier, son client ne réclame rien d’autre qu’une « analyse complète » des images.Il rappelle que plusieurs journalistes de premier plan qui ont pu visionner 27 minutes de « rushes » au siège de France 2 estiment que les séquences inédites, précédant celle qui fait débat, pouvaient vraisemblablement relever de la mise en scène. Surtout, ils ne voient « à aucun moment la mort de l’enfant ». Charles Enderlin avait indiqué qu’il avait choisi de ne pas inclure ce passage à son montage final... en réalité, il n’existe pas. Me Dauzier demande au tribunal de ne pas condamner M. Karsenty au prétexte qu’il serait de bonne foi et qu’il aurait appuyé ses dires sur une enquête poussée.

Face à lui, Me Bénédicte Amblard, pour France 2 et Charles Enderlin, avait évidemment soutenu l’inverse pour réclamer l’euro symbolique. Mais l’avocate semble avoir pris un risque en ne faisant citer aucun témoin, en ne cherchant pas, curieusement, à déstabiliser ceux du prévenu, et en n’ayant pas jugé utile de faire visionner les fameuses 27 minutes, clé de voûte de la démonstration controversée de Média-Ratings.

Le procureur, Sandrine Alimi-Uzan, lui en fait d’ailleurs expressément le reproche - « la production des rushes à l’audience aurait été une pièce maîtresse ». Le parquet est en revanche sensible à la démarche du prévenu qui présente « des preuves relativement convaincantes » au terme d’une enquête « ni bâclée ni partiale ».

Enfin, « le contexte autorise une certaine liberté de ton ». Mme Alimi-Uzan requiert donc la relaxe.

Le tribunal, présidé par Joël Boyer, rendra le 19 octobre un jugement très attendu. Rappelons que si l’on peut diffamer sans mentir, l’on peut aussi bénéficier d’une relaxe sans, pour autant, dire forcément la vérité. Surtout la vérité historique.


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