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Les forces de sécurité palestiniennes se rebiffent

par Sami El Soudi © Metula News Agency

mercredi 5 octobre 2005
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C’est pour cela qu’il faut prendre une décision, c’est soit l’ordre soit le désordre, soit l’AP, soit le Hamas, mais pas les deux à la fois, en se servant de nous comme de chair à canon !

C’est au cri de : "Soit l’Autorité, soit le Hamas" qu’une quarantaine d’officiers de police ont tenté de pénétrer hier, lundi, dans la salle du Conseil Législatif à Gaza, où étaient réunis nos parlementaires. Après une âpre négociation, ponctuée de coups de feu tirés en l’air, les députés ont accepté d’admettre un représentant des manifestants pour qu’il puisse exprimer leurs doléances.

 

Dehors, dans la cour du bâtiment, les autres policiers continuaient de scander le même slogan. Durant 25 minutes, l’officier a exposé aux députés les deux réclamations principales de ses camarades. La 1ère a trait à l’incapacité et à la corruption des chefs des services de sécurité qui, selon les policiers, ne font strictement rien pour exécuter les décisions du gouvernement palestinien, notamment celles concernant le désarmement des terroristes islamistes.

 

La seconde récrimination concerne le manque de moyens qui sont attribués aux forces de police, l’infériorité de leur armement face à celui du Hamas et de ses alliés, et partant, l'impuissance des policiers à mettre un terme à l’anarchie séditieuse des intégristes, à protéger la population et à se protéger eux-mêmes.

 

Ce sérieux coup de ras-le-bol survient à la suite des combats de dimanche, lorsque les forces de l’ordre ont été contraintes de subir sans pouvoir se défendre les lance-roquettes du Hamas. Des officiers présents m’ont rapporté qu’ils avaient assisté impuissants au meurtre de leur commandant par les miliciens islamistes, parce qu’ils avaient consommé toutes leurs munitions qui leur sont distribuées en quantités insuffisantes.     

 

L’un des manifestants m’a confié que le commandement de la police limitait le nombre de balles qui étaient livrées aux policiers "parce qu’il doutaient de l’usage que les hommes en feraient. Ils craignent que nous les vendions aux agents des intégristes pour arrondir nos soldes misérables". "Ou, au contraire", surenchérit son voisin, "que lors de la prochaine agression du Hamas, nous leur réglions leur compte une fois pour toutes !". "(A Gaza, NdA.) nous sommes 20'000 et eux 4 à 5’000", ajoute un troisième, mais ils disposent de mitrailleuses lourdes, de missiles (de roquettes antichars, NdA.) et de munitions en nombre illimité. Si les politiciens décidaient de lâcher Dahlan (les 1'500 hommes d’élite de la Sécurité Préventive qui ont été formés par le colonel Mohammed Dahlan, NdA) sur les terroristes, nous n’en ferions qu’une bouchée. C’est pour cela qu’il faut prendre une décision, c’est soit l’ordre soit le désordre, soit l’AP, soit le Hamas, mais pas les deux à la fois, en se servant de nous comme de chair à canon !".

 

Et ses camarades de reprendre de plus belle : "Soit l’Autorité, soit le Hamas !".

 

Dans la salle plénière, les parlementaires n’étaient pas loin de partager l’opinion de notre police, puisqu’ils ont contraint le président Abbas, par l’adoption d’une motion, à démettre l’actuel gouvernement du 1er ministre Ahmed Qreï et à le remplacer par un gouvernement transitoire appelé à fonctionner jusqu’aux législatives de fin janvier.

 

Les députés, écoeurés par l’incompétence des forces de sécurité, ont toutefois rejeté la recommandation de la commission ad hoc formée pour enquêter sur les raisons de la poursuite de l’anarchie, et qui préconisait le vote d’une motion de censure et le limogeage des cadres des services de sécurité.

 

La différence majeure entre les deux procédures réside dans le fait que M. Abbas, qui dispose de 15 jours pour proposer à la chambre un nouveau gouvernement, peut à nouveau faire appel à Qreï pour en assumer la direction. La décision du président sera fort intéressante, lui qui comptait sur un large succès populaire cet hiver pour se débarrasser de son 1er ministre. L’adoption de la dernière motion pourrait avoir pour but de forcer la main d’Abou Mazen et d’écarter Qreï sans attendre. Le sentiment largement partagé par une majorité de députés tient en effet l’actuel chef de cabinet volontairement responsable du désastre sécuritaire. Il existe certes une palette de responsables qui sont soit incompétents, soit corrompus, soit, encore, corrompus et incompétents mais Qreï est soupçonné de torpiller intentionnellement les efforts d’Abbas. Ce "sabotage" s’est signalé par une série de contre-ordres et de déclarations de l’intéressé allant tous dans le sens du maintien de la capacité armée des groupes intégristes. Qreï est resté très arafatien, qui considère que le maintien du potentiel terroriste du Hamas et du Jihad constitue une carte stratégique des Palestiniens lors du marchandage du statut final avec les Israéliens. Pour l’actuel 1er ministre et pour un noyau d’arafatiens irréductibles, dont Nabil Chaath et Saëb Erekat, les Israéliens ne comprennent que la menace, et s’ils sont libérés de celle-ci, ils resteront insensibles aux requêtes palestiniennes.


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