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Aucune paix possible sans la Syrie.

"Pas de guerre sans l’Egypte, pas de paix possible sans la Syrie” – Henry Kissinger

Michael J. Totten –Traduction : Marc Brzustowski

lundi 7 septembre 2009
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Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne, a volé vers Damas, ce weekend pour cajoler la Syrie, afin qu’elle reprenne les pourparlers de paix avec Israël. Il va retourner chez lui déçu, un peu plus tard, si ce n’est dès maintenant, tout comme tout autre diplomate occidental avant lui, qui a échoué à mettre un terme au conflit perpétuel arabo-israélien. Bashar Assad ne pourrait, en effet, signer un traité de paix avec Israël même s’il le voulait – et il ne le veut pas.

Assad et feu son père, l’ancien Président Hafez Assad ont toujours justifié “le régime d’exception” dictatorial, dans les livres (de lois) depuis 1963, fondé sur cette guerre qui ne finira jamais contre l’Etat d’Israël. Beaucoup de Syriens ont été éreintés, par la surexploitation de cette excuse, après plus de quatre décennies de crise, mais, sans elle, Assad serait confronté à bien plus de pressions pour qu’il relâche son système de type soviétique.

Un Etat de guerre officiel ne coûte vraiment pas cher à Assad. Son armée n’a même pas besoin de se battre. Son père a amèrement appris en 1967 qu’Israël était en mesure de battre 3 armées ennemies, dont sa propre armée syrienne, en seulement six jours. Assad n’a la capacité de combattre Israël que par procuration, comme à travers le Hamas et le Hezbollah, mais cela lui sied à merveille. Gaza et le Liban absorbent les retours de flammes quand les combats éclatent.

Assad a beaucoup à gagner, grâce à cela, en s’achetant une légitimité certaine auprès des Frères Musulmans.

Les Sunnites fondamentalistes de Syrie ont toujours détesté son régime du Parti Baath, pas seulement à cause du fait qu’il soit laïc et oppressif, mais également parce que ses dirigeants sont considérés comme hérétiques. Les Assad et la plupart des élites Baathistes appartiennent à la minorité religieuse alaouite, descendants des disciples de Mohammed Ibn Nusayr, qui les a sortis du courant majoritaire chi’ite du douzième (Imam), au cours du dixième siècle. Leur religion a plus de points communs avec le Christianisme et le Gnosticisme qu’avec l’Islam, et la plupart des Syriens trouvent qu’il est à la fois étrange et injurieux que les Alaouites aient la responsabilité du pays, en lieu et place de la majorité sunnite.

En 1982, les Frères Musulmans ont pris les armes contre le régime dans la ville de Hama. Le vieil Assad a envoyé son armée à dominante alaouite qui a détruit l’essentiel de la vieille ville à coup de frappes aériennes, de tanks et d’artillerie. Rifaat Assad, le plus jeune frère de l’ancien Président, se vantait que 38 000 personnes avaient été tuées en un seul jour. Jamais plus les Frères Musulmans n’ont seulement essayé de se soulever.

Dans son livre De Beyrouth à Jérusalem, Thomas Freidman surnomme les règles d’engagement d’Assad Père : les « Lois de Hama ». Elles constituent le bâton syrien. La carotte, c’est la « résistance » résolue d’Assad contre Israël. Aucun gouvernement arabe au monde n’est anti-israélien de façon aussi virulente, autant en action qu’en rhétorique, qu’Assad. Il n’y a pas de meilleure manière, pour un régime alaouite détesté, de chercher les faveurs des Sunnites en Syrie et dans le monde arabe dans son ensemble que d’adopter la cause antisioniste comme étant sa propriété.

Plus tôt cette année, j’ai rencontré le dirigeant druze libanais Walid Jumblatt, qui m’a soutenu que le régime alaouite est actuellement effrayé par l’idée de signer un traité de paix avec Israël. En tant que lui-même dirigeant d’une minorité religieuse, Jumblatt sait bien mieux que n’importe qui à quel point il est risqué de mettre la majorité en colère.

“Supposons”, m’a t-il dit, “que nous parvenions finalement à cette fameuse paix. Ensuite, quel est le projet du régime syrien ? Qu’est-ce qu’Assad va bien pouvoir dire à son peuple ? Plus particulièrement, réfléchissez-y bien, il est membre de la minorité alaouite. Cette minorité pourrait bien être accusée de trahison. Cela n’a rien à voir avec l’Egypte ou la Jordanie, où le gouvernement dispose d’une certaine légitimité. Là, vous vous retrouvez accusé de trahison par les masses, les Sunnites. Aussi, utiliser des slogans classiques tels que « la Palestine libérera le Golan aux côtés du Hezbollah » est pour lui un impératif s’il veut rester au pouvoir ». Les élites alaouites syriennes le comprennent très bien, même si les diplomates occidentaux comme Javier Solana l’ignorent.

Jumblatt a continué : “Lorsque Hafez Assad était sur le point de parapher la fameuse déclaration sous l’égide de Bill Clinton, et avant qu’ils (Israéliens) ne le rencontrent à Genève, un officier supérieur alaouite de l’armée syrienne est venu vers Assad et lui a déclaré : « Qu’êtes-vous en train de faire ? Si vous signez la paix, nous serons perdus. Nous serons accusés de trahison ».

Je ne peux, bien sûr, pas être certain que les Arabes sunnites de Syrie – qui représentent environ 70% de la population – accusent vraiment Assad de trahison ni ne menacent sérieusement de le renverser s’il signe un traité de paix. Mais c’est pourtant ainsi que la plupart des Alaouites le perçoivent. En tant « qu’infidèles », ils ne se sentent pas la légitimité de contraindre les Arabes sunnites de faire la paix avec Israël. Cela reste une opération risquée, même pour les dirigeants arabes sunnites, comme l’assassinat en Egypte d’Anouar Sadat l’a amplement démontré.

La majorité des Alaouites de Syrie vivent le long de la côte méditerranéenne, loin du cœur du pays sunnite. Ils peuvent, au moins sur un plan théorique, être séparés de la Syrie et disposer de leur propre nation alaouite. Le Moyen-Orient serait probablement une région plus sûre s’il en était ainsi. Ils ont effectivement eu leur propre gouvernement semi-autonome sous le mandat français, entre 1930 et 1937 et à nouveau entre 1939 et 1944, mais leur région de Latakyia a constitué une partie intégrante de la Syrie depuis.

Une telle nation ferait presque certainement la paix avec Israël, au moins éventuellement, si elle n’était pas dirigée par Assad et son clan de voyous. Le nationalisme arabe perdrait son charme aux yeux d’un peuple qui ne verrait plus la nécessité de faire étalage de son appartenance à une majorité ethnique pour maquiller son statut de minorité religieuse. L’antisionisme virulent de « la rue » sunnite pourrait, de même, se relâcher. Un Etat alaouite libre pourrait même bien être un allié naturel d’Israël pour les mêmes raisons que les Chrétiens ou les Kurdes tendent à l’être.

Dans le même temps, le régime Assad contrôle un pays dont 70 % sont des Arabes sunnites, et il doit gouverner selon ce critère. La direction de la colère arabe contre Israël travaille pour lui, ce qui est la raison pour laquelle il l’assume. Et aussi longtemps qu’il redoute la « rue » sunnite et la Fraternité Musulmane plus qu’il ne craint les Israéliens eux-mêmes, il n’est pas près de changer.


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