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Pourquoi béatifier ? Pourquoi Pie XII ?

par Florence Taubmann Présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France .

mercredi 15 octobre 2008
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Depuis 60 ans l’Eglise catholique a fait un énorme travail sur le plan éthique, spirituel et théologique dans sa relation aux Juifs et au Judaïsme. Sur le plan éthique, elle a mené à la fois une enquête historique et un examen de conscience pour désigner ce qui, dans l’antijudaïsme chrétien traditionnel, a pu conduire ou contribuer à cet antisémitisme racial né au 19ème siècle et qui a abouti au nazisme et à la Shoah.

Sur le plan spirituel, elle a fait une démarche de repentance et de véritable conversion, par la prière, la rencontre, l’écoute, le dialogue. La visite de Jean-Paul II à la synagogue de Rome en 1986, sa venue en l’an 2000 à Jérusalem, sont et resteront des faits inoubliables. Enfin l’invitation du Grand Rabbin d’Haïfa, le 6 octobre dernier, à s’adresser au Synode des Evêques réunis à Rome sur le thème de la Parole de Dieu, le soir même où avait lieu à Paris la remise du Prix de l’Amitié Judéo-Chrétienne au Père Patrick Desbois pour son immense travail sur l’extermination des Juifs en Ukraine, est un signe fort, un signe majeur. Et sur le plan théologique, le travail de reconnaissance et de connaissance du Judaïsme entrepris et poursuivi depuis le Concile Vatican II et le document Nostra Aetate témoigne, s’il en était besoin, de la sincérité et de la profondeur de l’engagement de l’Eglise.

Cependant l’Eglise catholique est l’Eglise catholique, c’est-à-dire non seulement cette réalité spirituelle exprimée comme corps du Christ, mais également une Institution, avec sa marche propre, sa cohérence, et un souci à la fois magistériel et pastoral : celui de faire unité autour d’une histoire sainte, d’un corps de doctrines, en tenant compte de la diversité des sensibilités théologiques, spirituelles et liturgiques des fidèles. On l’a vu il y a peu à propos de la question de la liturgie du Vendredi Saint qui a causé une grande émotion dans le monde juif. Pour l’histoire sainte, celle de la Bible se poursuit à travers celle de l’Eglise, avec notamment la nuée des témoins béatifiés et sanctifiés au cours des siècles. Outre que ce type de démarche et son processus sont très difficiles à suivre pour les Juifs et les Protestants, il n’est pas toujours aisé de comprendre le choix des personnes donnant lieu à de telles distinctions. Le cas du Pape Pie XII est certainement complexe et la recherche historique doit permettre de nuancer ou d’infirmer les jugements radicaux portés sur son pontificat pendant la Seconde Guerre mondiale à la lumière de son engagement personnel dans le sauvetage de nombreux Juifs à Rome et dans l’ensemble du monde catholique.

Mais quand même ? Comment faire abstraction à ce point de ce qu’il représente pour les Juifs ? Quel sens et quelle cohérence donner à des gages d’amitié si manifestes se conjuguant avec une décision officielle si blessante ?

Dans l’émotion que cela suscite, il est essentiel de rappeler deux choses : l’unité catholique ne signifie pas l’uniformité, et les consciences catholiques peuvent aimer leur Eglise sans approuver forcément toutes ses décisions. Enfin le Christianisme ne se confond pas avec le Catholicisme romain, même s’il est majoritaire en France. Le monde protestant entretient depuis longtemps des relations d’amitié et de travail avec le monde juif, les Eglises orthodoxes sont également en chemin. L’un comme les autres doivent davantage faire entendre leurs voix, non pas dans un esprit de compétition qui n’aurait aucun sens dans l’Amitié judéo-chrétienne, mais pour enrichir les travaux théologiques et les réflexions éthique et spirituelle entre Juifs et Chrétiens. Lors de la cérémonie du Prix de l’Amitié judéo-chrétienne au Collège des Bernardins, le Grand Rabbin Gilles Bernheim a ouvert devant nous un questionnement d’une telle ampleur et d’une telle importance sur l’identité et la vocation de l’Eglise qu’il y faudra vraiment l’apport de tous les Chrétiens pour commencer à y répondre, aidés par leurs amis juifs, et encouragés par le souffle de l’Esprit de Dieu.


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