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Non, Monsieur Kouchner ; la réalité est toute autre

Par Salomon Benzimra | Toronto, Canada

jeudi 17 juillet 2008
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Lors de la visite en Israël du Président Nicolas Sarkozy, le Ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a été interviewé par Guysen TV sur la paix au Moyen-Orient. Les propos de M. Kouchner peuvent se résumer ainsi :

Tout le monde sait qu’il faut créer un état palestinien viable aux côtés d’Israël et il faut le faire d’urgence. Israël doit, à cet effet, arrêter la colonisation, évacuer quelques dizaines de milliers de colons, les indemniser pour qu’ils rentrent en Israël et redistribuer les logements aux Palestiniens sans les détruire, comme ce fut le cas à Gaza. Certes, le Hamas lance des roquettes mais Israël doit arrêter l’affrontement qui nourrit l’extrémisme. Plus tard, il faudra considérer le retour des réfugiés et la question de Jérusalem. (Note 1)

Dans ce fatras d’idées toutes faites, de dogmes incontestés et de terminologie trompeuse, il faut tout d’abord rappeler les faits.

Premièrement, la destruction des logements de Gaza a été non seulement coordonnée mais voulue par les plus hauts échelons de l’Autorité palestinienne (AP). Le 5 mai 2005, dans une interview accordée à Voice for Peace, M. Saeb Erekat, le négociateur en chef de l’AP a déclaré : « Je dirai aux Israéliens de les démolir entièrement [les logements] et même d’emporter les décombres chez eux, car telle est notre ferme position : nous ne voulons pas vivre dans ces logements. » Cette décision a été confirmée le 26 mai 2005 par M. Mohammed Shtayyeh, Ministre palestinien des Travaux publics : « Si Israël ne détruit pas les maisons des colons, nous les détruirons nous-mêmes » (Note 2). La destruction ne s’est pas limitée aux logements. La plupart des serres, qui assuraient une production importante et de très haut rendement, furent vandalisées par les Palestiniens et ce, en dépit d’un fonds de 14 millions de dollars mobilisé par James Wolfensohn, l’ex-président de20la Banque Mondiale.

Deuxièmement, le Hamas n’est pas le seul à lancer des roquettes à partir de la bande de Gaza. Malgré la trêve conclue récemment, les Brigades des Martyrs al-Aksa ont revendiqué le dernier lancement de roquettes la semaine dernière. Ces Brigades, faut-il le rappeler, font partie du Fatah et sont donc sous l’autorité du Président de l’AP, Mahmoud Abbas, avec qui, nous dit M. Kouchner, les négociations sont possibles.

Mais au delà de ces « détails », la position soutenue par M. Kouchner doit être confrontée à des vérités plus fondamentales. Bien sûr, chacun est libre de ses opinions sur la « cause palestinienne », mais personne n’a la liberté de travestir la vérité. Et c’est précisément cette « urgente nécessité de créer un état palestinien viable » (en Judée-Samarie, qui plus est, et après avoir déraciné toutes les communautés juives) qui devrait, enfin, faire l’objet d’une analyse rationnelle.

Ni le droit international, ni les faits historiques, ni les contraintes géostratégiques ne sauraient plaider en faveur de la création d’un nouvel état arabe entre le Jourdain et la Méditerranée. Bien que M. Kouchner nous assure que « tout le monde sait... », voici, pourtant, ce que tout le monde devrait savoir.

Sur le plan juridique : Le Mandat de 1922 (Note 3) reconnaissait la Palestine comme patrimoine historique, national et exclusif du peuple juif. Ce document clé de droit international - qui n’a jamais été abrogé et dont les principes ont été reconduits dans l’article 80 de la Charte des Nations-unies - devrait servir de base à tout dialogue concernant le conflit israélo-arabe. Au moment de sa signature en juillet 1922 par le Conseil de la Société des Nations, la Palestine avait déjà été tronquée de sa partie orientale (Transjordanie), comme le prouve l’article 25. De ce fait, toutes les implantations juives dans ce territoire à l’est du Jourdain demeurent, à ce jour, « suspendues ou reportées », de sorte qu’aucun Juif ne vit dans cette région. Combien de fois la Palestine doit donc être partagée ? Les propositions de partage énoncées par la Commission Peel en 1937 (Note 4) et par la Résolution 181 des Nations-unies en 1947 (Note 5), ne constituent-elles pas une violation des dispositions du Mandat ? Mêm e si Messieurs Meir Shamgar et Theodor Meron, juristes israéliens, ont induit leur gouvernement en erreur après la Guerre des Six Jours de 1967, en lui faisant accepter le statut de « territoires soumis aux Conventions de Genève » en Judée-Samarie (Cisjordanie), la validité des dispositions du Mandat demeure entière. Par conséquent, combien d’autres transgressions du droit international M. Kouchner et ses collègues occidentaux sont ils prêts à suggérer, voire à soutenir, dans le but d’apaiser les transgresseurs dont l’objectif ultime est la destruction d’Israël ?

Le Mandat est également très clair au sujet du peuplement juif de la région. L’article 6 encourage l’établissement de localités juives sur toutes les terres situées à l’ouest du Jourdain. Le statut juridique de ces communautés juives en Judée-Samarie est donc parfaitement légal. Lorsque M. Kouchner les désigne comme colonies et appelle les Israéliens à mettre fin à la colonisation - terme péjoratif, s’il en est - il ignore la réalité des choses. Le démantèlement de ces localités juives reviendrait à entériner le nettoyage ethnique que les Arabes ont pratiqué dans la région jusqu’en 1967.

Sur le plan historique : La création d’un état palestinien ne laisse aucun doute sur le territoire qu’Israël devrait abandonner. Il s’agit de la « Cisjordanie », terme trompeur pour désigner la Judée-Samarie, bien qu’unanimement utilisé par tous ceux qui soutiennent un nouveau partage. Or, il se trouve que la Judée-Samarie renferme plus de 90% du patrimoine historique du peuple juif. L’abandon de ce territoire est non seulement un suicide national mais aussi un aig uillon à d’autres revendications territoriales formulées par les Arabes (Galilée, zone côtière, etc.) où les Juifs ne sauraient faire valoir les mêmes liens historiques qu’en Judée-Samarie. Et ne parlons pas du partage de Jérusalem, ni de sa prétendue sainteté islamique si récemment découverte !

L’histoire contemporaine, depuis la création de l’État d’Israël, ne cesse de nous rappeler une réalité que le monde s’efforce d’ignorer. Pour des raisons qui échappent à l’entendement, la ligne d’armistice de 1949 (« Ligne Verte ») a acquis le statut de « frontière internationalement reconnue » et il n’est pas étonnant que Jimmy Carter, qui ne manque aucune occasion de déformer la réalité, s’y réfère dans un article publié dans USA Today en mai 2006 (Note 6). En 1967, la Ligne Verte s’est dissoute, mais l’erreur persiste. Il faut rappeler le parallèle entre la Guerre d’indépendance de1948 et la Guerre des Six Jours de1967. Dans les deux cas,
l’objectif des Arabes était le même : la destruction de l’État d’Israël, par agression armée.
les appels du Mufti en 1948 et ceux de Nasser en 1967 étaient étrangement semblables : l’élimination de « l’entité sioniste ». Nasser, d’ailleurs, était convaincu que l’agression de 1967 n’était qu’un prolongement de la guerre de 1948.
les méthodes utilisées par les Arabes ont défié le droit international : la Charte de l’ONU (article 2) en 1948 et la fermeture du Détroit de Tiran en 1967 (casus belli).
les deux guerres ont eu le même résultat : la perte, par les agresseurs, de territoires peuplés essentiellement d’Arabes (Galilée occidentale en 1948 et Judée-Samarie en 1967).

On est alors en droit de se demander pourquoi l’aboutissement de ces deux guerres devrait être traité différemment. D’une part, personne ne conteste la légalité des territoires acquis par Israël en 1948-49 et d’autre part, le monde diplomatique considère que la « Cisjordanie » et « Jérusalem-Est » sont des territoires occupés. En réalité, ces territoires sont aussi « occupés » que la Galilée occidentale, Beersheba et Ashdod, qui faisaient partie de l’état arabe proposé par le Plan de=2 0Partage de la Palestine en 1947 (Résolution 181 de l’ONU qui, faut-il le rappeler, allait à l’encontre des dispositions de Mandat). La supercherie de la notion de « territoires palestiniens occupés » saute aux yeux dès que l’on compare la version originale de la Charte de l’OLP de 1964 - qui ne fait aucune allusion au peuple palestinien et exclut la Cisjordanie du plan de « libération » - à la seconde version de 1968 dans laquelle le peuple palestinien surgit subitement pour « libérer la Palestine dans tout le territoire du Mandat britannique » (Note 7).

Comment se fait-il que le monde entier puisse être berné par cette mythologie créée de toutes pièces par le monde arabe alors que le Colonel Khaddafi lui-même, dans un sursaut inattendu de bon sens, l’a étalée au grand jour devant ses collègues ahuris de la Ligue Arabe ? (Note 8).

Malgré tout cela, Israël a poursuivi le soi-disant « processus de paix » en se retirant de divers territoires. À la suite des Accords d’Oslo, le terrorisme palestinien a connu un regain de violence. À la suite du retrait de= Gaza, les roquettes Qassam se sont abattues par milliers sur le Néguev occidental. Et après le retrait du Sud-Liban en 2000, l’agression du Hezbollah a déclenché une nouvelle guerre six ans plus tard, malgré les garanties onusiennes. Face à ces preuves empiriques, peut-être que M. Kouchner pourrait nous expliquer comment un nouveau retrait conduirait à l’arrêt de la violence.

Sur le plan géostratégique : Il est difficile d’imaginer un état palestinien viable dans les 6 000 kilomètres carrés de Judée-Samarie, surtout quand on envisage le « droit de retour » des quelques 4 millions de « réfugiés ». Il est impossible de concevoir le déracinement d’un quart de million de Juifs israéliens qui y habitent, pour satisfaire les doléances des Arabes palestiniens qui, ironiquement, s’insurgent contre l’ « apartheid » israélien. Par conséquent, si Israël retenait une partie significative de ce territoire - où la plupart des centres urbains juifs sont situés - le prétendu état palestinien serait encore moins viable. Alors, pourquoi poursuivre cette chimère de viabilité, comme le répète M. Kouchner ? En outre, si la bande de Gaza, « libérée » depuis 2005, devait être reliée à la « Cisjordanie » par un corridor de libre passage, se soucie-t-on alors de la viabilité de l’État d’Israël ? Pourquoi s’acharne-t-on à occulter ces menaces réelles ? Et quand on pense que ce « processus de paix& nbsp ; » dure depuis quinze ans, il n’y a qu’un mot qui vienne à l’esprit : la démence, ou, moins crument, un affront à la raison sous couvert de la diplomatie.

Depuis 1967, tous les stratèges militaires - Israéliens et Américains - se sont farouchement opposés au retrait, par Israël, des hauteurs de Judée et de Samarie. Aucun pays n’accepterait d’exposer sa région la plus peuplée à la menace constante d’ennemis potentiels, en réduisant sa largeur à 15 km. L’aéroport de Lod - le seul aéroport international d’Israël - serait encore plus menacé. Ces questions stratégiques ont pris un relief saisissant lors des attaques de missiles par le Hezbollah en 2006.




Ce qui est urgent, ce n’est pas de créer un état palestinien, ni de poursuivre un pacifisme à outrance. Ce qui est urgent, c’est d’avoir le courage de voir la réalité des choses et, en premier lieu, la réalité sémantique.

Tant que les termes erronés de « colonisation », « occupation illégale », « territoires palestiniens », « droit au retour des refugiés » seront rabâchés, la paix demeurera hors de portée car, comme disait Albert Camus, « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

Tant que la cause (extrémisme) et l’effet (affrontement) seront inversés, à la Kouchner, le conflit ne sera pas compris, et encore moins résolu. Il n’y a qu’à lire les textes fondateurs de l’OLP, du Fatah et du Hamas pour comprendre les causes réelles du conflit (Notes 7, 9, 10).

Tant que l’on s’acharnera à résoudre un problème global sans séparer ses diverses composantes, le processus sera voué à l’échec. Réglons d’abord la question de la souveraineté juridique du territoire avant de nous pencher sur le statut des populations qui y vivent.

Dans la mesure où la diplomatie se veut encore un tant soit peu rationnelle, il est certain que l’on ne peut être à la fois pro-israélien et pro-palestinien (au sens couramment donné au terme « palestinien »). Il appartient à chacun de prendre parti et d’écarter les chimères qui attisent le conflit.

Notes :

À l’exception des références Guysen, les notes qui suivent renvoient à des textes en anglais (documents officiels ou traductions de l’arabe).

1. Interview de M. Bernard Kouchner, par Caroll Azoulay, Guysen International News, 26 juin 2008 : vidéo : http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=2395
texte : http://www.guysen.com/articles.php?sid=7447

2. Propos de MM. Erekat et Shtayyeh, tenus en mai 2005 et rapportés par le Ministère israélien des Affaires étrangères : http://www.mfa.gov.il/MFA/Peace+Process/Guide+to+the+Peace+Process/The+demolition+of+Gaza+settlement+homes+16-Aug-2005.htm

3. Texte officiel du Mandat pour la Palestine, 24 juillet 1922, avec préface de Maître Howard Grief, avocat international exerçant à Jérusalem :
http://www.therightroadtopeace.com/infocenter/Heb/MandateforPalestine.html

4. Le rapport de la Commission Peel, présenté au Parlement britannique en juillet 1937, note l’extraordinaire avance économique des sionistes par rapport à la situation des Arabes et remet en question toute possibilité de « fusion ou d’assimilation des deux cultures », malgré l’énorme accroissement démographique et économique de la population arabe à partir de 1920. Cependant, le rapport conclut sur la nécessite d’un second partage de la Palestine mandataire, en dépit des engagements pris par la Grande Bretagne 15 ans auparavant :
http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/History/peel1.html

5. La Résolution 181 a été votée à l’Assemblée générale des Nations-unies le 29 novembre 1 947 avec une majorité de 33 voix contre 13 et 10 abstentions, en prévision de la fin du Mandat britannique. Cette résolution de l’Assemblée générale ne constitue qu’une « recommandation » et n’engage pas les parties. Outre le fait qu’elle va à l’encontre de l’esprit du Mandat, la Résolution 181 prévoyait de faire intervenir le Conseil de Sécurité en cas de violences mettant la paix en danger. Mais l’ONU n’a pris aucune décision quand Israël a été attaqué en mai 1948.
http://www.yale.edu/lawweb/avalon/un/res181.htm

6. Article de Jimmy Carter, ex-President des Etats-Unis, paru dans USA Today, 15 mai 2006
http://www.usatoday.com/news/opinion/editorials/2006-05-15-carter-israel-edit_x.htm

7. Les deux versions de la Charte de l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) :
1964 : http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/Peace/cove1.html
1968 : http://www.yale.edu/lawweb/avalon/mideast/plocov.htm
Pour une analyse comparative de ces deux documents, ainsi qu’un aperçu de l’historique de la région, veuillez vous référer à l’excellente étude du professeur Francisco Gil-White (30 avril 2006) : http://www.hirhome.com/israel/pal_mov2.htm

8. Le Colonel Mouammar Khaddafi s’est adressé aux membres de la Ligue Arabe, réunis en Syrie en mars 2008. La chaîne Al-Jazeera a diffusé la déclaration de Khaddafi le 29 mars 2008, et MEMRI y a ajouté des sous-titres en anglais :
vidéo : http://www.memritv.org/clip/en/1731.htm
texte : http://www.memritv.org/clip_transcript/en/1731.htm

9. La Constitution du Fatah (le parti de M. Mahmoud Abbas), a été écrite en 1964, trois ans avant toute « occupation de territoires palestiniens ». Voir particulièrement les articles 8, 12, 19 et 22, et jugez par vous-mêmes si l’on peut considérer le Fatah comme faction « modérée ».
http://www.middleeastfacts.com/middle-east/the-fatah-constitution.php

10. La Charte du Hamas a vu le jour en août 1988. Voir particulièrement les articles 7, 14, 28, 32 et 35. Cette charte n’est autre chose qu’un appel au génocide : http://www.yale.edu/lawweb/avalon/mideast/hamas.htm


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