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Défense : Pavillon français à Haïfa

Nathalie Blau , THE JERUSALEM POST

mardi 17 juin 2008
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Pendant plus de six ans, la base navale de Haïfa n’avait pas accueilli de bâtiment maritime français. Mais depuis 2006, la coopération franco-israélienne a repris pour se concrétiser, cette année, par une escale de cinq jours de la frégate de guerre française Montcalm dans la ville portuaire du nord du pays.

« C’est un signe des temps », note le commandant du bateau, Luc-Marie Lefebvre. Un bâtiment militaire, en mission dans les eaux interterritoriales, procède à des escales qui durent généralement 3 à 4 jours au maximum. Par cette longue halte, la France a voulu marquer le réchauffement de ses relations diplomatiques avec Israël, qui s’expriment là, sur un nouveau plan.

« Tout bâtiment de la marine nationale française est une ambassade », précise le capitaine de vaisseau - grade nécessaire pour commander ce type d’appareil - Lefebvre. Et les ordres qu’il reçoit émanent directement du ministère de la Défense.

C’est donc en envoyé gouvernemental que la frégate Montcalm a accosté au port de Haïfa du 28 mai au 2 juin dernier. Une visite de courtoisie pour le commandant et les 250 membres de son équipage, qui leur auront permis de joindre l’utile à l’agréable : ravitailler le bateau, parti de la base de Toulon début avril pour une mission de 2 mois et demi et renforcer les liens avec la marine israélienne.

Au programme : rencontre avec le maire de Haïfa, Yona Yohav, le commandant de la base navale de la ville et le chef de la marine israélienne, Eli Marom. « Les contacts se sont très bien passés », note le commandant Lefebvre - le Pacha, comme le surnomment ses matelots - aux commandes du Montcalm depuis juin 2006.

Un exercice militaire conjoint a même été organisé à l’issue de l’escale, qui a vu la participation d’une corvette et d’un hélicoptère Panther israéliens et, côté français, de la frégate et de son hélicoptère Lynx.

Mais si le pavillon français s’est présenté à Haïfa en ami, ses missions en mer sont généralement moins pacifiques. Troisième bâtiment d’une série qui compte 7 frégates multi-propos, initialement prévue pour lutter contre les sous-marins soviétiques, le Montcalm a été conçu pour intervenir en zone de crise.

Depuis sa mise à flot, en 1980, dans les chantiers navals de Brest, il se consacre à la défense sous-marine, la protection de sous-marins nucléaires ou participe à des actions antiterroristes. Unité de prévention, force de dissuasion, le Montcalm répond aux exigences internationales pour lutter contre la piraterie.

« Nous savons que tous les trafics illicites participent d’une façon ou d’une autre au financement du terrorisme », précise le commandant. "Pour la marine française, le nord de l’Océan indien constitue un des points chauds de la lutte antiterroriste mondiale, car c’est là où les réseaux sont les plus forts, là où s’effectuent les trafics financiers.

Et il nous faut donc être présents." La France dirige tout particulièrement ses efforts de coopération avec l’Afrique du Nord, et en particulier avec la Lybie. Depuis 1995, une coalition de pays occidentaux pilotée par les Etats-Unis assure une permanence maritime sur les mers du globe. La France a par exemple étendu ses actions au large des côtes somaliennes depuis le détournement d’un navire, fin avril dernier.

Bâtiment relativement ancien - 28 ans d’âge -, le Montcalm jouit pourtant de toutes les innovations technologiques récentes. "Le plus important pour un bateau amené à lutter contre le terrorisme et le trafic illicite, c’est sa capacité à voir la nuit, et à voir de loin.

L’appareil dispose donc de radars de haute précision et de systèmes de télécommunications perfectionnés qui permettent de partager les informations avec les autres bateaux présents en mer et les états-majors de commandement qui sont généralement à terre", explique Lefebvre.

Le Montcalm est ainsi doté de deux éléments de guerre électronique : des brouilleurs, chargés de brouiller la référence des missiles, et des leurres, sortes de paillettes qui simulent une cible. Son hélicoptère Lynx lui permet d’assurer la liaison de personnel mais aussi d’effectuer des missions de reconnaissance maritime pour repérer la présence de bâtiments pouvant transporter des armes.

L’engin est équipé d’un sonar qui vient compléter les deux du bateau censés détecter des sous-marins : un sonar de coque, à l’avant, et un sonar de coque à l’arrière, immergé. En situation d’urgence, comme celle de se dérober à la menace de torpilles, le Montcalm peut atteindre une vitesse maximale de 30 nœuds, soit 55 kms/heure.

La coopération des forces navales en exercice n’est pas militaire, mais le commandant laisse supposer que les services de renseignement s’échangent des informations.

Autre volet de la mission de déplacement du Montcalm : sa participation à la force maritime des Nations unies. La France, qui a 1.500 soldats présents entre la rivière Litani et la ligne Bleue (ligne tracée en 2000 par l’Onu pour identifier sur le terrain le retrait israélien du Sud-Liban) a voulu augmenter sa présence maritime dans le cadre de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) pour aider le gouvernement libanais à assurer la sécurité de ses frontières sur la centaine de nautiques - soit 200 kilomètres - que comptent les côtes libanaises.

Au terme de deux mois d’exercice, le Montcalm a cédé sa place à une autre frégate française, le Lafayette, avant de rallier Haïfa, et de poursuivre ses actions de coopération antiterroriste vers Chypre.

L’escale israélienne constitue donc une parenthèse agréable pour l’équipage du Montcalm, mixte depuis 1993 et qui compte aujourd’hui 25 femmes pour 220 hommes. « Pour une unité française, venir en Israël c’est un rêve, c’est une terre de pèlerinage, la Terre sainte et nous sommes très heureux d’être là », note le commandant.

Les deux premiers jours de l’escale ont été consacrés à la préparation des exercices de coopération et les trois derniers, totalement libres, l’occasion de faire des excursions. A deux reprises, par le passé, le commandant Lefebvre pensait accoster en Israël, mais le projet avait dû être annulé la veille. « Il arrive fréquemment que des changements de programme surviennent avec un très court préavis, qui peuvent le plus souvent venir d’un changement de portage de la volonté politique, ou de l’irruption d’un événement international. »

Et de citer le 11-Septembre 2001, quand il était alors commandant second de la frégate Montcalm. « Nous étions au large de la Crète, en prévision d’accoster le lendemain à Haïfa. Mais nous avons reçu des ordres nous intimant de nous tenir prêts à franchir le canal de Suez. »

Le commandant Lefebvre aura donc attendu 2008, l’année du soixantième anniversaire d’Israël, pour débarquer dans l’Etat juif. « Nous avons vécu les festivités de loin, à 40 kilomètres des côtes », raconte-t-il, « nous avons été heureux de voir que les cérémonies qui ont rassemblé des populations énormes se sont déroulées sans heurts, sans incidents majeurs. C’est une grande victoire pour Israël. »

Le capitaine de vaisseau savoure ses derniers jours sur la frégate, avant d’abandonner définitivement la vie de marin à l’été 2008, au terme d’une mission de commandement de deux ans. Il intégrera alors l’état-major de la force maritime française, dans des échelons de direction, et non plus d’exécution.

Quant au Montcalm, qui tient son nom d’un militaire français, parti en explorateur au Québec en 1759, il lui reste encore 5 ou 6 années à parcourir les eaux interterritoriales.

Après avoir pris part à la guerre du Liban en 1983, à la guerre Iran-Irak en 1988, intégré les forces alliées en Europe à l’heure où les Balkans s’embrasent, en 1993, ou faire partie du déploiement français dans l’Adriatique dans le cadre de la crise du Kosovo, en 1999, la frégate jettera définitivement l’ancre loin des missions militaires.


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