N’oublions pas Auschwitz

Serge HAJDENBERG

vendredi 29 janvier 2021, par Desinfos

Ce 27 janvier 2021 de nombreuses organisations dont l’Unesco, ont célébré la Journée Internationale de Commémoration de la Shoah. La date retenue par l’ONU est celle de la libération du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques.
Ce camp est l’exemple retenu sur ce que fût la barbarie nazie pour que l’on n’oublie pas. Un million et demi de morts. Plus jamais ça ! a-t-on l’habitude de répéter dans les manifestations et les meetings où l’on commémore la destruction des juifs mais l’on oublie la plupart du temps de rappeler la déportation et l’extermination également des tziganes d’Europe, considérés eux aussi comme des « Untermenschen » des « sous-hommes » dans la terminologie hitlérienne et donc voués à l’élimination totale.


A l’occasion des 75 ans de cette libération, l’année dernière de très nombreuses manifestations furent organisées sur les cendres du camp et aussi dans toute l’Europe. Je ne dirais pas que cette année on laisse pour compte ces enfants, femmes et hommes mais tout de même : pratiquement rien sur les chaînes de télé grand public excepté Arte, la chaîne franco-allemande qui diffusait un film reconstituant le procès d’un négationniste anglais particulièrement actif pour nier le processus de destruction des populations à éliminer, notamment en voulant démontrer techniquement que ce n’était pas possible. Mais malheureusement la technique allemande de destruction de masse des êtres humains était parfaitement au point.

J’ai connu un médecin juif belge qui fut sauvé du gaz parce que Mengele avait besoin d’un « assistant » pour soigner les gardes du camp. Une seule cloison séparait le bloc opératoire de la pièce ou le tortionnaire sadique procédait à ses expériences soi-disant médicales mais qui ne furent que des tortures affreuses pratiquées par un malade mental fou sur des femmes et des enfants. Et dire qu’aujourd’hui encore des exhibitionnistes français font leur fortune en niant ces crimes commis à une échelle jamais égalée.

Nous devons nous souvenir que depuis 1933 ceux qui voulaient voir et entendre savaient quel était le but d’Hitler. Bernard Lecache, Président de la LICA, dans un Vel d’Hiv plein, et devant toute la presse dénonçait les intentions du chef de gouvernement allemand récemment élu, démocratiquement ne l’oublions jamais. Mais qui suivit Lecache à part une poignée d’hommes et de femmes qui, plus tard, entrèrent en résistance ?

Pour beaucoup Auschwitz et les autres camps furent la destination finale. Très peu de gens survécurent de ces enfers et ils continuent, eux aussi, à se poser jusque maintenant des questions aux réponses impossibles. Hitler devant le risque de protestations du monde entier renvoyait ses interlocuteurs nazis suivre l’exemple de l’extermination des Arméniens par les Turcs. Après ce génocide silencieux, d’autres ont suivi en Afrique, au Cambodge. Les juifs, toujours prêts avec humour à plaisanter de leurs propres malheurs racontent :
Dieu sur son trône entend trois juifs tellement rire qu’ils en ont les larmes qui coulent.
Il se lève et s’approchent d’eux et leur demande « mais pourquoi donc riez-vous si fort ? « 

Les trois compères le regardent et lui disent : nous nous souvenons des blagues que nous nous racontions à Auschwitz.
Alors Dieu leur demande : racontez m’en une que je puisse rire avec vous.
Les trois hommes se regardent et répondent à Dieu : Non ça ne servirait à rien, vous ne pourriez pas comprendre, vous n’y étiez pas.


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