Editorial du 18 décembre 2020 procès hypercacher

Serge HAJDENBERG

vendredi 18 décembre 2020, par Desinfos

Les femmes et les hommes de loi nous expliqueront que le verdict du procès dit de « Charlie Hebdo – Montrouge – Hypercacher » est équilibré, que l’on n’a pas pu prouver que certains inculpés connaissaient par exemple la destination finale des armes. Car comme nous le savons tous les fusils-mitrailleurs sont utilisés porte de Vincennes pour la chasse aux moineaux. Bien sûr les deux principaux accusés ont écopé de trente ans de prison dont les 2/3 incompressibles, ce qui ramène leurs peines à vingt ans d’enfermement. Sauf pour la femme d’Amedy Coulibaly, Hayat Boumedienne qui se planque quelque part en Syrie et qui probablement ne passera jamais un seul jour derrière les barreaux en France pour cette affaire car on voit mal les Syriens la livrer.


J’avoue que j’ai bien du mal à avaler que pour l’accusé le plus important encore vivant, Polat, les juges n’aient pas retenu la notion de « terrorisme » ce qui aurait permis d’appliquer, selon moi, une peine plus à la hauteur des crimes commis.
En écoutant le verdict je n’ai pas pu m’empêcher de penser à tous ces crimes commis contre les juifs français depuis un demi-siècle et souvent restés impunis.
Tout d’abord des dizaines et des dizaines de cimetières juifs aux tombes profanées par les mêmes croix gammées dessinées sur des écoles ou des magasins. Mais surtout cette liste incroyable d’attentats contre la communauté juive d’une ahurissante violence. Souvenons-nous au moins des plus marquants.
En septembre 80, attribué à l’extrême droite, 7 cibles mitraillées à Paris pendant la nuit heureusement sans faire de victime. Qui s’en souvient ?
En octobre 80, la veille de shabbat, une explosion terrible tue à la synagogue de la rue Copernic des « français innocents » mais aussi des juifs coupables d’être juifs.
En août 82 c’est la fusillade de la rue des Rosiers chez Goldenberg où les terroristes d’Abou Nidal, tirent sur tout ce qui bouge. François Mitterrand ne laissera pas les Services français liquider les assassins. Mais la justice française n’a pas lâché le morceau et 38 ans après un des terroristes est ramené de Norvège en France pour y être jugé.
Sans que cette liste ne soit exhaustive n’oublions pas les attentats graves, parfois mortels, contre le Bureau d’El Al à Orly, le Drug Store du boulevard Saint-Germain, de l’école Ozar Hatora de Toulouse et celle de Villeurbanne, au foyer d’étudiants de la rue Médicis, au cinéma le Royal Rivoli à Paris. Mais n’oublions surtout pas Ilan Halimi, Mme Knoll et Mme Halimi.
Je voudrais terminer par le Bataclan. Quelques années avant la tuerie cette salle fut louée à une organisation de soutien à Israël. Les gauchistes antisionistes organisèrent une contre-manifestation afin d’empêcher la tenue de la soirée. La police dut s’interposer entre les deux groupes pour éviter une bagarre générale. Les antisionistes se retirèrent en criant : nous reviendrons. J’ai toujours pensé que ce n’est pas par hasard que ce lieu de massacre fut choisi par les assassins.


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