Chronique de Michaël Bar Zvi | Yod Sivan 5776 - 16 juin 2016

jeudi 16 juin 2016, par Desinfos

Boker tov amis auditeurs de Radio J. La violence n’est jamais gratuite, mais lorsqu’elle s’accompagne d’une revendication politique, religieuse, idéologique ou sociale, elle peut engendrer le pire, à savoir le terrorisme, le chaos, la guerre civile. Bien entendu la violence a des origines, que les sociologues ne ratent jamais l’occasion de nous décrire en long et en large, et elle se nourrit évidemment de la colère, de la frustration et de la haine.


Les démocraties portent en elles les germes de leur propre destruction, en posant par principe des limites à leur action contre leurs opposants, que ceux-ci ne respectent jamais, justement par rejet des mêmes principes. On a coutume d’y voir la force de la démocratie qui se flatte de ne pas être comme ça. Le « ils ne nous transformeront pas en monstre ! » ou le « ils ne gagneront pas le combat de la morale » que les politiques brandissent en s’apitoyant sur le sort de victimes qu’ils n’ont pas su mettre à l’abri sont-ils suffisants aujourd’hui pour nous redonner confiance ?

Il est clair que l’on attend un autre langage et une autre action. La France décuple d’énergie littéraire et de créativité poétique dans l’invention d’une sémantique nouvelle de la violence. Il y a aujourd’hui des forcenés, des assaillants, des casseurs, des hooligans, des déséquilibrés, des radicalisés, qui menacent de prendre en otage la langue française, car on a le sentiment de ne plus savoir de quoi on parle.

Les hooligans n’ont pas d’idéologie mais brisent les vitrines, brûlent les voitures et attaquent les forces de l’ordre de la même manière que les manifestants contre la loi sur le travail.

Les djihadistes défendent une cause, fondée sans doute sur une interprétation radicale de l’islam, qui a pour objectif de mettre l’Europe à feu et à sang, et de briser la paix civile.

Il ne s’agit pas de comparer ce qui n’est pas comparable, mais de comprendre que des causes différentes peuvent avoir les mêmes effets et menacer la vie et les biens des gens, entraîner la destruction progressive de l’Etat de droit et encourager les mouvements populistes.

La réponse ne peut être que politique et si la France regardait mieux ce qui se passe en Israël, peut-être serait-elle en mesure de comprendre deux ou trois choses sur la manière dont un Etat de droit peut gérer la question de la violence. Le rôle des politiques est de permettre aux forces de sécurité d’accomplir leur mission. Personne en Israël n’a jamais envisagé qu’un membre d’un service de sécurité, police, armée ou autre devait rendre son arme en fin de journée, car même s’il n’est pas en fonction il le reste en potentiel 24H sur 24, en cas de nécessité.

Par ailleurs il n’y a pas de sécurité si l’action des forces de l’ordre n’est que défensive, un suspect n’est pas seulement une personne à surveiller, mais à neutraliser, quand bien même il n’aurait en tête aucun projet concret pour le moment. Le risque zéro n’existe pas, mais la vigilance doit devenir un réflexe citoyen et on le voit dans l’attitude des Israéliens depuis le début des attentats au couteau ces derniers mois.

Ce sont en général les voisins, les passants qui réagissent et si l’on pense au drame des deux policiers poignardés en France, il est plus que probable qu’en Israël le terroriste aurait été neutralisé avant même l’intervention du RAID. Il ne suffit pas de dire qu’on est en guerre, il faut en intégrer le sens et les conséquences.


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