La France de Hollande reprend à son compte la déclaration d’Alger de l’OLP de novembre 1988

Hélène Keller-Lind

lundi 6 juin 2016, par Desinfos

Dans le communiqué publié à la fin de la réunion de Paris du 3 juin 2016 pour lancer « L’initiative pour la Paix au Proche-Orient » il est fait référence à « des négociations directes basées sur les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) de de l’ONU et autres résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité » tout en soulignant « l’importance de l’application de l’Initiative de Paix arabe ». Ce que réclame aussi le Fatah d’Abbas qui évoque la déclaration du « conseil national en Algérie, en 1988 ». Document qu’il convient de relire...


Communiqué de Paris de 2016 et Déclaration usurpatrice d’Alger de 1988 : copiés-collés

Le communiqué conjoint des 28 délégations ayant participé à la réunion de Paris qui lançait en une, mais après des mois de préparation, « l’Initiative française pour la paix au Proche-Orient » est en partie un copié-collé de points résumant la « Déclaration d’Indépendance de l’État de Palestine » d’Alger de 1988. Celle-ci étant en grande partie un copié-collé des textes du sionisme, décrivant un attachement ancien d’un « peuple arabe palestinien » qui n’avait jamais existé dans l’histoire. Un exemple particulièrement saisissant en est le Musée de Palestine, d’un coût de près de 30 millions de dollars, inauguré par Mahmoud Abbas le 18 mai 2016 après 20 ans de préparations. Un fort beau Musée désespérément vide et qui ne propose à ce jour qu’une exposition décentralisée de broderies à Beyrouth ou une vingtaine de [photos de nantishttp://www.palmuseum.org/proj...]. S’y ajouteront des archives de l’UNRWA….

Un narratif palestinien et un amour de la paix imaginaires

Rien ne pouvant étayer le narratif imaginaire de la Déclaration d’Alger qui affirme et réaffirme que « la Palestine est le pays natal du peuple arabe palestinien. C’est là qu’il a grandi, qu’il s’est développé et qu’il s’est épanoui. Son existence nationale et humaine s’y est affirmée, dans une relation organique ininterrompue et inaltérée, entre le peuple, sa terre et son histoire. Continuellement enraciné dans son espace, le peuple arabe palestinien a forgé son identité nationale »....

Curieusement ce texte fait à la fois état de ce qui serait un amour de « paix, miséricorde » un attachement « aux principes de coexistence pacifique », etc. et vante l’Intifada. On se souvient d’ailleurs que cette déclaration surréaliste avait en toile de fond le terrorisme palestinien. L’OLP y réclame un État « sur la base des résolutions des sommets arabes, En vertu de la primauté du droit et de la légalité internationale incarnées par les résolutions de l’Organisation des Nations unies depuis 1947 ».

France et Fatah de 2016, OLP de 1988 : de mêmes revendications

C’est ce que demandent aujourd’hui la France du Président Hollande ou le Fatah, parti de Mahmoud Abbas, comme le rapporte l’agence de presse officielle palestinienne Wafa en ces termes :
« Fatah : Un état palestinien indépendant avec sa capitale ‘Jérusalem’
Ramallah, le 4 juin 2016, WAFA- Le porte-parole du mouvement de ’Fatah’, Osama Qawasmi, a confirmé que le mouvement essayera le maximum pour mettre fin à l’occupation israélienne, tout en créant un état palestinien avec sa capitale ’Jérusalem’ et en appliquant toutes les résolutions internationales liées à la cause palestinienne.
Qawasmi a expliqué, dans un communiqué de presse, que le discours du président Abbas, devant les ministres des affaires étrangères arabes était claire et évident, en exprimant les constantes du peuple palestinien approuvé par le conseil national en Algérie, en 1988.
Par ailleurs, Qawasmi s’est demandé : « est- ce que le port est devenu une constante de Hamas ? Et c’est impossible de le laisser ? », Qawasmi a continué : « nous voulons un port maritime à Gaza et un aéroport à Gaza et en Cisjordanie, à travers la vision de l’unité nationale, et pas en voyant la division séparatiste ».
Publié tel quel. On a ses doutes quant à une « unité nationale » palestinienne, une chimère qui a la vie dure, Fatah, Hamas et toutes les autres factions palestiniennes n’étant pas prêtes à s’accorder...
On peut conclure que si, en principe, les Palestiniens n’ont pas assisté à cette réunion printanière à Paris, leurs thèses étaient bien présentes, tout comme une présence effective par le biais de celle de la Ligue Arabe.
La résolution 242 de l’ONU : entre réalité et erreur de traduction ou phrases tronquées
Quant à la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU du 26 novembre 2016, on sait aussi que sa version originelle, en anglais, telle qu’elle a été adoptée, prévoit un retrait israélien « de territoires occupés », alors que la version en français évoque un retrait « des territoires occupés » : « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict ; »
. Une erreur de traduction de taille que semble adopter la France qui a pourtant un linguiste distingué à la tête de sa diplomatie...

La résolution 242 prévoit aussi toute cessation de manifestations d’hostilité et la reconnaissance du droit des États de la région de vivre en paix dans des frontières sures et reconnues, sans menaces ou actes de force. Curieusement, là encore, la diplomatie française brandit sans cesse la première partie du texte en oubliant la seconde, Israël vivant aujourd’hui sous une menace terroriste constante et subissant des actes terroristes d’un nouveau genre provoqués par une incitation à la violence quotidienne des responsables palestiniens qu’elle choisit d’occulter...De plus, personne n’ignore que « mettre entièrement fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 », autrement dit établir des frontières sur cette base est impossible et inacceptable sur le plan sécuritaire. Un « État palestinien » pouvant se transformer en base terroriste, comme cela a été et est le cas pour la bande de Gaza et un Israël devenant particulièrement vulnérable du fait de sa géographie. Ne pas en tenir compte semble être irresponsable...

Le plan de paix arabe datant de 2002, reprend des paramètres similaires, promettant une normalisation entre 22 pays arabes et Israël s’il était adopté. Si on avait pu croire qu’il serait modifié pour répondre aux nouvelles réalités du terrain, comme l’avait formulé le Premier ministre israélien, depuis Paris, le 3 juin 2016,le nouveau ministre des Affaires étrangères saoudien a dissipé tout espoir, estimant que ce plan n’a pas à être modifié.

Pour ne pas perdre de vue ce que sont ces réalités, il suffira de voir cet hommage rendu par le Fatah à un « martyr héroïque », un terroriste au couteau, qui publiait sur sa page Facebook officielle une carte parfaitement claire de « la Palestine » telle qu’il en publié des dizaines...


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