Les échanges de territoires

Jean-Philippe KATZ

mardi 31 mai 2016, par Desinfos

Depuis plusieurs mois, Benjamin Netanyahou évoque une nouvelle donne diplomatique dans la région, avec notamment l’Arabie Saoudite, la Jordanie et l’Egypte. Mais pour trouver une solution stable au conflit avec les palestiniens, il y eu naguère une proposition, certes très éphémère, de la part des Frères musulmans quand ils occupaient le pouvoir au Caire : le président Morsi avait mis sur la table un échange de territoires entre Gaza dirigé par ses amis du Hamas et l’Egypte dans le Sinaï.


Il va de soi que cet élargissement de la bande de Gaza dans une péninsule quasi vide d’habitants serait une solution pour désengorger la bande de Gaza. Le problème depuis la prise de pouvoir par Al Sissi, c’est évidemment l’affrontement clandestine entre l’état égyptien et le Hamas, et on peine à imaginer actuellement un accord entre les deux entités.

Par ailleurs, de grands pans du territoire jordanien sont également très peu habités le long de la frontière sud avec Israël. Le projet de canal reliant la mer rouge à la mer morte pourrait faire partie du deal, notamment pour l’approvisionnement en eau de cette région.

La question qui demeure est de savoir si les deux parties palestiniennes sont capables de former un seul ensemble ou si la partition est définitive. On pourrait très bien imaginer un état gazaouite débarrassé du Hamas s’étendant en partie dans le Sinaï et bloquant les velléités djihadistes, en échange de gaz et de pétrole livrés à bas prix aux égyptiens par Israël (ainsi que l’ingénierie agricole). De l’autre côté, un fédération jordano-palestinienne pourrait ménager un territoire supplémentaire aux palestiniens en Jordanie sous réserve d’un pouvoir plus stable à Ramallah, confié à des responsables aussi sérieux que Salam Fayyad. Israël s’engagerait là aussi à livrer gaz et pétrole ainsi qu’une protection militaire du royaume Hachémite (plus l’ingénierie agricole).

Ces hypothèses plus ou moins réalistes ne pourraient tenir qu’en cas de stabilité politique chez les voisins d’Israël, ingrédient qui se fait rare. Et inversement, c’est également cette instabilité et cette incompétence qui conduit les grandes puissances à sans cesse intervenir dans les processus de discussion. Elles feraient mieux de solidifier les régimes en place en Egypte et en Jordanie, en favorisant une transition douce vers une démocratisation plus ancrée dans leurs moeurs politiques plutôt que de convoquer des responsables israéliens élus aux côtés de militaires, familles royales et autres parrains terroristes...


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