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Beyrouth-Ouest aux mains du Hezbollah

France24

Plusieurs quartiers, considérés comme des bastions de la formation sunnite pro-gouvernementale, sont passés aux mains du Hezbollah. Le port de la capitale a cessé toute activité, une roquette a frappé le mur d’enceinte de la résidence de Saad Hariri, situé à Koraytem, alors que l’ensemble de son groupe de médias a été contraint de fermer. La veille, sept personnes ont été tuées, des dizaines d’autres blessées.

« Nous sommes en présence d’un coup d’Etat de la milice pro-iranienne et pro-syrienne qui s’est emparée d’une partie de la capitale, qui ferme évidemment tous les médias qui ne répondent pas à leur goût », a réagi sur FRANCE 24 Marwan Hamade, le ministre libanais des Télécommunications.

« Le Liban tout entier risque de basculer dans un nouveau régime de type intégriste (...). C’est Téhéran sur la Méditerranée, c’est un nouveau Gaza ! », s’alarme-t-il, avant de poursuivre, « Le Liban est en train de sombrer dans un régime totalitaire pro-iranien ».

Marwan Hamadé appelle également le président Nicolas Sarkozy à exercer « une pression réelle sur l’Iran et la Syrie ».

Comme en réponse, le président syrien Bachar al-Assad a déclaré que la grave crise au Liban était « une affaire intérieure » et exprimé l’espoir que les Libanais parviennent à « une solution à travers le dialogue ».

Objectifs stratégiques

Les miliciens de l’opposition chiite ont commencé jeudi par encercler les objectifs stratégiques comme les médias, et notamment la chaîne de télévision Future News.

Les chaînes terrestre et satellitaire Future TV et Future News, qui appartiennent à Saad Hariri, le leader de la coalition au pouvoir, avaient été créées par son père, l’ancien Premier ministre Rafik Hariri, assassiné en février 2005.

« Les miliciens d’Amal [proches du Hezbollah] ont tiré sur les bâtiments de la chaîne et ont demandé à l’armée d’interrompre l’antenne avant de lancer l’assaut. L’armée a ensuite évacué les gens. Tout le monde est sorti sans aucun dommage », raconte notre correspondant à Beyrouth, Jean-Marie Quemener. « Ils sont en pleine démonstration de force (...). Les miliciens chiites sont en train de gagner la partie sur le terrain militaire », explique-t-il.

Les miliciens chiites d’Amal, alliés au mouvement chiite du Hezbollah, bénéficient de leur soutien logistique. Le Hezbollah se définit comme un mouvement de résistance contre Israël.

Escalade de la violence

La tension est montée d’un cran mardi, quand le gouvernement libanais a accusé le Hezbollah de gérer son propre réseau de télécommunications et d’avoir installé des caméras de surveillance à l’aéroport de Beyrouth. Le gouvernement a également décidé de limoger le chef de la sécurité de l’aéroport international de Beyrouth, présenté comme un proche du mouvement chiite.

Le lendemain, les heurts ont éclaté après un discours du chef la milice chiite, Hassan Nasrallah. Lors de son allocution, il a qualifié de « déclaration de guerre » la décision du gouvernement de mener une enquête sur son réseau de télécommunications. Il a reproché aux autorités libanaises de chercher à le démanteler et a promis de « trancher les mains » de ceux qui chercheraient à le faire. Assurant que son parti ne cherchait pas à faire un coup d’État, il a affirmé qu’il « [utiliserait] les armes pour défendre ses armes ».

Pour la première fois, Nasrallah s’était montré prêt à prendre les armes contre des Libanais alors qu’elles étaient tournées uniquement vers Israël jusqu’à présent.

Saad Hariri, chef de la coalition au pouvoir à Beyrouth, a proposé un accord de sortie de crise au leader du Hezbollah, à qui il demande de mettre fin au « siège » de Beyrouth. Cette proposition a été rejetée par l’opposition.

L’armée libanaise a quant à elle prévenu jeudi qu’une escalade risquait de porter atteinte à son unité. « Si la situation se poursuit, tout le monde perdra et cela portera atteinte à l’unité de l’institution militaire », a déclaré le commandement de l’armée dans un communiqué. L’armée est considérée comme neutre dans le bras de fer politique qui dure depuis 18 mois entre le gouvernement de Fouad Siniora et l’opposition soutenue par la Syrie et l’Iran.

Les derniers heurts meurtriers au Liban remontent au 27 janvier, quand sept personnes, dont quatre militants chiites, avaient été tuées par l’armée lors d’une manifestation. Une telle violence n’avait pas eu lieu depuis la fin de la guerre civile en 1990.



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