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Le Conseil de Sécurité de l’ONU débat de l’escalade de la violence et de l’aggravation de la crise humanitaire à Gaza (Extraits)

ONU

22 janvier 2008

Conseil de sécurité
CS/9232
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Dans son exposé, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe, a imputé l’évolution « dramatique » de la crise actuelle aux tirs de roquettes et de mortiers par des groupes militants de Gaza ainsi qu’aux attaques des Forces de défense israéliennes. De même, a-t-il estimé, l’aggravation de la situation humanitaire est le fait des restrictions imposées par Israël dans les points de passage qui avaient pour but déclaré de faire cesser les tirs de roquettes.

M. Pascoe a souligné que la violence s’était atténuée ces derniers jours, mais a indiqué que le Secrétaire général demeurait préoccupé par la situation. M. Ban Ki-moon a rappelé les parties à leurs responsabilités d’honorer les obligations qui sont les leurs en vertu du droit international humanitaire et de s’abstenir de mettre en danger la vie des civils, a-t-il affirmé. Après avoir détaillé les conséquences du blocus sur la population de Gaza, M. Pascoe a salué la décision prise aujourd’hui par Israël de rouvrir deux points de passage afin de permettre les livraisons de carburant et de biens humanitaires.

Cette réunion d’urgence, ouverte aux non-membres du Conseil de sécurité, avait été demandée par l’Arabie saoudite*, qui préside, pour le mois de janvier, le Groupe des États arabes, afin d’« examiner la question de l’agression israélienne dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». (...)

Le représentant israélien, de son côté, a estimé que la situation actuelle était la conséquence des mauvais choix constants des Palestiniens, ceux du terrorisme et de la violence au détriment de la paix et des négociations avec Israël. En tirant sur Israël, les terroristes ont cyniquement provoqué la fermeture des frontières et, par voie de conséquence, la fourniture de l’aide humanitaire et de secours, a-t-il expliqué. Israël, pour qui le Hamas est l’antithèse du principe de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, a exhorté la communauté internationale à dire clairement que les actes posés par ce mouvement sont inacceptables. Le bien-être des Israéliens comme des Palestiniens commence par la fin du terrorisme et de la violence, a-t-il rappelé.

Pour les États-Unis, également, le Conseil de sécurité ne doit pas tomber dans le piège tendu par le Hamas, responsable au premier chef, à leurs yeux, de la situation présente. Le représentant des États-Unis a estimé que les deux parties devaient honorer leurs obligations en vertu de la Feuille de route, comme elles se sont engagées à le faire lors de la Conférence d’Annapolis, en novembre dernier. Il est important de soutenir l’élan imprimé, a-t-il déclaré.

La perspective tracée à Annapolis passe, de l’avis de son homologue français, par un soutien au Gouvernement israélien et à l’Autorité palestinienne dans les négociations qui ont déjà commencé, ainsi que par la poursuite du soutien économique et financier à l’Autorité palestinienne. Les engagements pris à Paris lors de la Conférence des donateurs doivent ainsi être traduits en actes, a-t-il souligné, rappelant que les promesses de dons atteignaient 7,7 milliards de dollars. (...)

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE

Déclarations

M. B. LYNN PASCOE, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a imputé l’aggravation « dramatique » de la crise actuelle aux tirs de roquettes et de mortiers par des groupes militants de Gaza et aux attaques des Forces de défense israéliennes. Il a imputé l’aggravation de la crise aux restrictions imposées par Israël dans les points de passage qui avaient pour but déclaré de faire cesser les tirs de roquettes. La violence s’est atténuée ces derniers jours, a noté B. Lynn Pascoe, avant de souligner que le Secrétaire général demeure préoccupé par la situation. Ban Ki-moon, a-t-il indiqué, a rappelé les parties à leurs responsabilités d’honorer les obligations qui sont les leurs en vertu du droit humanitaire international et de ne pas mettre en danger la vie des civils.

Les tirs de roquettes et de mortiers sur la population civile sont totalement inacceptables et nous les condamnons sans réserve, a dit le Secrétaire général adjoint en relevant que plus de 100 000 Israéliens vivent à portée de ces tirs. L’ONU, a-t-il poursuivi, est aussi préoccupée par le fait que le soldat Gilad Shalit soit toujours aux mains des terroristes et regrette que le Hamas continue de refuser au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) l’accès à ce dernier, en violation du droit international humanitaire. Nous sommes également préoccupés par les allégations concernant le trafic d’armes, a ajouté le Secrétaire général adjoint.

Reconnaissant les préoccupations sécuritaires d’Israël, il l’a tout de même rappelé à son obligation de ne pas faire un usage disproportionné de la force et d’exercer la plus grande retenue. Après avoir détaillé les conséquences du blocus sur la population de Gaza, le Secrétaire général adjoint a salué le fait qu’aujourd’hui Israël ait rouvert deux points de passage pour rendre possible la fourniture de mazout et de produits humanitaires. Mais nous ne savons pas encore si cette mesure sera maintenue, a-t-il avoué, en appelant Israël à permettre au moins la fourniture régulière de mazout et de biens de première nécessité.

La situation humanitaire demeure fragile, car la fourniture des 2,2 millions litres de mazout permis aujourd’hui signifie que la population continuera de subir des coupures d’électricité de 8 à 10 heures par jour dans le centre de Gaza, et que ces coupures surviendront tous les deux jours dans les autres parties de la bande de Gaza.

Israël doit réexaminer les mesures qu’il a prises et arrêter de faire pression sur la population civile pour les actes inacceptables des militants. Les punitions collectives sont interdites par le droit international humanitaire international, a souligné le Secrétaire général adjoint. Il y a deux semaines, a-t-il rappelé, les parties ont lancé les négociations sur les questions de fond, et le Président Bush a visité la région pour souligner son engagement en faveur d’un accord de paix en 2008 et de la mise en œuvre de la Phase I de la Feuille de route. La gestion et l’atténuation de la crise qui affecte Gaza représentent le minimum requis pour donner une chance à ce processus, a estimé le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques.

M. RIYAD MANSOUR, Observateur permanent de la Palestine, a estimé que les décisions prises et les actions menées aujourd’hui par toutes les parties concernées, y compris le Conseil de sécurité comme garant de la paix et de la sécurité internationales, soit aideront à franchir une étape vers une nouvelle ère de raison, de calme et de stabilité nécessaires pour établir la paix, soit entraîneront une nouvelle plongée dans les sombres abysses de la violence, des meurtres et de la destruction. M. Mansour a regretté, malgré l’élan récent généré par la relance du processus de paix et la reprise des négociations bilatérales sur les questions de statut final entre Israéliens et Palestiniens, que de faibles progrès aient été enregistrés, principalement, a-t-il dit, en raison des actions israéliennes qui déstabilisent la situation sur le terrain et créent même d’autres obstacles. Au lieu de tourner véritablement la page et de s’engager sur la voie de la paix, Israël, la puissance occupante, continue de mener des pratiques illégales dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, a-t-il ajouté.(...)

M. GILAD COHEN (Israël) a souligné que la situation actuelle est la conséquence des mauvais choix constants des Palestiniens, ceux du terrorisme et de la violence au détriment de la paix et des négociations avec Israël. Il y a plus de deux ans, a rappelé le représentant, Israël a fait le bon choix de se retirer de Gaza, de déloger des familles entières et de rappeler toutes ses forces pour créer dans la région un environnement favorable à la paix. Depuis cette date, le Hamas a pris le contrôle de Gaza en en faisant sa base personnelle de tirs de roquettes et mortiers contre Israël. Les Palestiniens de Gaza, a regretté le représentant, ont choisi le Hamas, le terrorisme et la violence pour réaliser leur objectif de détruire Israël.

Depuis l’an 2000, plus de 7 000 roquettes ont été tirées contre Israël. Depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza, en juin dernier, le rythme des tirs a augmenté de 150% avec plus 250 tirs de roquettes et de mortiers par mois, soit une moyenne d’une roquette toutes les trois heures. Face aux conséquences de ces tirs sur la population de Sidérot, s’est expliqué le représentant, Israël s’est retrouvé dans une position impossible. Il a demandé aux membres du Conseil ce que leur pays aurait fait à la place d’Israël. Mon pays, a-t-il réaffirmé, agira conformément au droit consacré par l’article 51 de la Charte de l’ONU ; le droit de protéger et de défendre son peuple.

Au nom de la morale et de la légalité, une distinction claire, a voulu le représentant, doit être faite entre le terrorisme palestinien et le droit d’Israël de défendre son peuple. En tirant sur Israël, les terroristes ont cyniquement provoqué la fermeture des frontières et, en conséquence, la fourniture de l’aide humanitaire et de secours. Récemment, a affirmé le représentant, on a même vu des terroristes utiliser des convois humanitaires pour faire passer armes et explosifs. Israël a quant lui choisi de reprendre la fourniture d’électricité, de mazout et de médicaments à Gaza et de travailler étroitement avec les organisations humanitaires pour assurer une réponse adéquate aux besoins humanitaires.

Entre-temps, a souligné le représentant, il ne faut pas oublier que le soldat Gilad Shalit est toujours aux mains des terroristes de Gaza. Si le terrorisme cesse, la vie à Gaza changera. Le Hamas ne représente pas la vision palestinienne. Il est l’antithèse du principe de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, a martelé le représentant. Le Hamas, a-t-il poursuivi, ne reconnaît pas à Israël le droit d’exister. Le terrorisme ne représente aucun espoir et le Hamas non plus.

Le représentant a exhorté la communauté internationale à dire clairement que les actes posés par le Hamas sont inacceptables. Il lui revient, a-t-il estimé, d’indiquer aux États qui ont voulu ce débat et à ceux qui accusent et à condamnent Israël que la sécurité de mon peuple ne peut être sacrifiée. Le bien-être des Israéliens comme des Palestiniens commence par la fin du terrorisme et de la violence.

Ceux qui cherchent à subvertir le processus bilatéral et à recourir à la violence pour réaliser leurs objectifs ne bénéficieront pas de l’appui de la communauté internationale. La paix commence avec les peuples et leurs choix. « Nous avons besoin de toute l’aide possible mais la meilleure chose qui pourrait arriver est une paix durable », a conclu le représentant, en citant une habitante de Sidérot.(...)

M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a dit partager les frustrations d’Israël face aux tirs de roquettes et de mortiers contre sa population civile. Israël a le droit de se défendre mais il ne peut prendre des mesures qui causent des souffrances indicibles à la population de Gaza. Le Gouvernement du Royaume-Uni ne peut accepter la fermeture des points de passage, a-t-il prévenu, en saluant les mesures prises récemment par Israël et en appelant à prendre davantage de mesures, en particulier la réouverture de tous les points de passage pour permettre l’acheminement des produits alimentaires et de carburant. Réitérant l’appui de son pays à la conclusion d’un accord de paix en 2008, le représentant s’est félicité de la poursuite des négociations. Mais le volet politique ne se fait pas dans le vide. La situation de Gaza peut en effet saper les progrès. Le représentant a donc appelé la communauté internationale à obtenir des parties qu’elles mettent fin au cycle de violence. Les tirs de roquettes sont inacceptables et les souffrances de la population de Gaza aussi. Les actes commis de part et d’autre sont contre-productives, a insisté le représentant. On n’obtient rien en coupant les approvisionnements en carburant et en tirant des roquettes. Pour sa part, a-t-il conclu, mon gouvernement apportera une aide humanitaire importante doublée d’une aide financière. Les fonds ne suffiront pas. Il faut avancer dans le processus de paix et le Président Abbas et le Premier Ministre Olmert doivent assurer un bon leadership, a conclu le représentant.(...)

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a condamné tous les actes terroristes, y compris les tirs de roquettes, roquettes qui, a-t-il dit, font des ravages parmi la population civile et compromettent les espoirs palestiniens de règlement d’un conflit. La partie israélienne doit également éviter ces actes de recours à la force, a-t-il ajouté. Le représentant a demandé la levée immédiate du blocus de Gaza afin que s’améliore la situation humanitaire. Des mesures doivent être prises pour permettre aux Palestiniens de surmonter la crise humanitaire qui les frappe, a-t-il insisté. De même, a estimé M. Churkin, l’unité palestinienne doit être rétablie. Il a rappelé que son pays aidait la population palestinienne, notamment par l’acheminement de médicaments. Cette aide humanitaire entreprise en 2007 se poursuivra au cours du premier semestre 2008, a-t-il précisé. La Fédération de Russie aide également financièrement les Palestiniens, a-t-il affirmé, citant l’engagement pris par son pays lors de la dernière Conférence des donateurs à Paris. Il est nécessaire, a souligné M. Churkin, que les parties s’efforcent de mettre un terme au terrorisme et à la confrontation armée, qui compromettent un règlement politique. Le règlement de la question palestinienne devrait encourager un règlement complet de la situation au Moyen-Orient, a-t-il dit, avant de conclure. (...)

M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a fait état, sur le terrain, d’une évolution dramatique depuis plusieurs jours. Il a jugé opportun que le Conseil de sécurité examine cette question. Il est indispensable, a-t-il dit, de conserver à l’esprit la perspective tracée à Annapolis par les parties elles-mêmes, une perspective et un processus qui, engagent tous. Cette perspective passe en premier lieu par un soutien au Gouvernement israélien et à l’Autorité palestinienne dans les négociations qui ont déjà commencé, a-t-il estimé. Elle passe aussi par la poursuite du soutien économique et financier à l’Autorité palestinienne. Ainsi, les promesses faites à Paris lors de la Conférence des donateurs doivent être traduites en actes, a-t-il souligné, rappelant que les promesses de dons atteignaient 7,7 milliards de dollars. Cet argent, a-t-il ajouté, vise à soutenir la construction d’un État palestinien, ainsi que la reprise économique. Il est essentiel, à ses yeux, que les populations israéliennes et palestiniennes puissent constater une évolution positive sur le plan économique et sécuritaire. Le représentant a mis en outre l’accent sur la nécessité d’appliquer la Feuille de route. Gaza se trouve de fait depuis juin dernier et par la prise de pouvoir par le Hamas dans une situation de crise qui ne saurait perdurer, a-t-il expliqué, ajoutant que le Hamas devrait reconnaître l’État d’Israël, renoncer à la violence et tenir les engagements conclus.

Le représentant a jugé que la situation humanitaire était insupportable, et qu’il convenait d’y remédier. Il a appelé à la cessation des violences, en particulier des tirs contre Israël et appelé les forces de défense israéliennes à épargner les civils. Il a déploré vivement la décision prise par le Gouvernement israélien de mettre en œuvre le blocus et a appelé à la reprise immédiate des livraisons de fuel et des services essentiels. M. Ripert a demandé en outre la levée de tous les obstacles à l’acheminent de l’aide humanitaire. Il a appelé au respect par toutes les parties de leurs obligations au titre du droit international. Il a enfin proposé d’amender le projet de texte de déclaration présidentielle afin de tenir compte de tous les aspects ce la situation actuelle.(...)

M. ZALMAY KHALILZAD (États-Unis) a affirmé que son pays partageait les préoccupations manifestées par la communauté internationale au sujet de la situation actuelle très grave à Gaza et du sort du peuple palestinien qui mérite l’attention. Le représentant a cependant estimé qu’il ne faudrait pas perdre de vue l’origine de la situation et l’objectif d’une bande de Gaza qui doit faire partie intégrante d’un futur État palestinien. Les États-Unis n’abandonneront pas le peuple de Gaza et continueront de fournir une aide humanitaire à ses habitants, a-t-il assuré. M. Khalilzad s’est dit convaincu que la situation actuelle était la conséquence des politiques et actions du Hamas, soulignant en particulier les pluies de roquettes qui s’abattent sur le sud d’Israël. De l’avis de M. Khalilzad, le Hamas, qui s’est emparé violemment du pouvoir en juin, cherche à exploiter la situation actuelle et c’est pourquoi le Conseil de sécurité ne devait pas tomber dans ce piège. Le Hamas est responsable au premier chef de la situation actuelle, a-t-il poursuivi, condamnant dans les termes les plus vifs les tirs de mortiers et de roquettes qui visent des civils innocents. Ces tirs doivent cesser, a-t-il déclaré, tout en soulignant que le Gouvernement israélien devrait, dans la réponse à ces attaques, prendre des mesures pour éviter des victimes parmi les civils.

Le représentant a souhaité que la Cisjordanie et la bande de Gaza soient réunifiées sous la direction légitime et responsable de l’Autorité palestinienne. La communauté internationale, d’ici là, doit concentrer ses efforts et aider les dirigeants légitimes de l’Autorité palestinienne que sont le Président Abbas et le Premier Ministre Fayyad. Les aspirations à la paix et à la sécurité des peuples israélien et palestinien ne sauraient être réalisées par la violence, a-t-il expliqué, notant que ce n’est que par la voie des négociations et des moyens pacifiques qu’un avenir meilleur sera possible. C’est dans ce contexte, a-t-il poursuivi, que le Président des États-Unis, M. George Bush s’est rendu au Moyen-Orient, afin de renforcer l’appui total des États-Unis au règlement d’une paix négociée. Il est important, a souligné le représentant, de se consacrer à l’objectif à long terme d’un État palestinien démocratique, contigu, indépendant et viable, précisant que cet objectif est si important que les États-Unis y ont investi un capital politique énorme. Le représentant a estimé que les deux parties devaient honorer leurs obligations en vertu de la Feuille de route, comme elles se sont engagées à le faire à Annapolis. En outre, les Palestiniens doivent pouvoir reconstruire leur économie et se doter d’institutions politiques et sécuritaires avec l’aide d’Israël et de la communauté internationale. De même, la communauté internationale a montré qu’elle appuyait l’effort entrepris à Annapolis et à Paris, tandis que les États-Unis apprécient l’Initiative de paix arabe, a-t-il souligné. Enfin, il a estimé que les négociations bilatérales entre les parties étaient essentielles à l’établissement d’une paix mettant fin à l’occupation. Il est important de soutenir l’élan imprimé à Annapolis en novembre dernier et de s’appuyer sur la Conférence des donateurs de Paris, a-t-il rappelé avant de conclure.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a regretté de constater qu’alors qu’Israël et les Palestiniens commencent à négocier sur les points clefs du statut final, la situation humanitaire continue de se dégrader à Gaza. Les affrontements entre l’armée israélienne et les militants de Gaza ont fait de nouvelles victimes parmi des civils innocents et le blocus a conduit à une pénurie de produits de première nécessité. Le sort actuel des 1,5 million d’habitants de Gaza est inacceptable et la communauté internationale doit prendre des mesures immédiates. Elle doit demander à Israël de cesser ses opérations militaires, de lever le blocus et de rouvrir tous les points de passage. La communauté internationale doit aussi fournir une assistance renforcée aux Palestiniens car comment, dans ces conditions, pourraient-ils appuyer le processus de paix. L’histoire a montré que la violence en réponse à la violence et les châtiments collectifs ne profitent à personne et ne contribuent en aucune façon au règlement de la question. Elle ne fait qu’attiser la frustration et conduit à plus de violence encore.

La paix est devant de nouveaux défis et de nouvelles chances. Pour que 2008 devienne l’année de l’espoir, il faut agir et pousser les parties à déployer des efforts pour lever les obstacles à la paix. La crise de Gaza est un défi qui aura un impact sur les pourparlers de paix. La communauté internationale doit intensifier ses efforts diplomatiques et veiller au respect du droit international humanitaire. Les deux parties doivent être incitées à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute action qui pourrait dégrader encore la situation. Il faut trouver une solution à long terme qui permettra d’améliorer la situation humanitaire sur place et il incombe aux parties de rechercher le consensus avec l’aide de la communauté internationale et le Conseil de sécurité qui doivent les accompagner à tout moment, a conclu le représentant.

M. JOHAN VERBEKE (Belgique) s’est dit profondément préoccupé par l’explosion de violence de ces derniers jours. Le représentant a condamné les tirs de roquettes répétés contre le territoire d’Israël. Reconnaissant le droit d’Israël à assurer sa propre sécurité, il a néanmoins estimé que ce pays devait respecter les principes de proportionnalité et de distinction qui sont au cœur du droit international humanitaire. La situation humanitaire des Palestiniens dans la bande de Gaza est très grave, a-t-il dit. Il serait malhonnête d’imputer cette situation à une seule partie, a-t-il dit, affirmant que les tirs de roquettes contre Israël devaient cesser. Il a mis en outre l’accent sur la nécessité de protéger les civils et de les assister, une responsabilité qui, selon lui, incombe à tous les membres de la communauté internationale. Il a appelé Israël à lever le blocage des points de passage vers Gaza. Le représentant a également expliqué que les violences actuelles ne pouvaient être extraites de la question israélo-palestinienne. Notre devoir aujourd’hui est de tout faire pour préserver l’intégrité du processus d’Annapolis et les espoirs de paix qu’il a suscités au sein des deux populations, a-t-il dit. Le temps est venu de la mise en œuvre des engagements pris, en particulier des obligations de la Feuille de route, a-t-il déclaré. (...)

Mme SANJA ŠTIGLIC (Slovénie), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a affirmé que cette dernière était profondément préoccupée par la violence récente qui touche Gaza et les communautés du sud d’Israël. Tout en reconnaissant les droits légitimes à l’autodéfense, l’Union européenne appelle à l’arrêt immédiat de tous les actes de violence, y compris les tirs de roquettes contre le territoire israélien et toutes les activités contraires au droit international et qui mettent en danger les civils. L’Union européenne se dit à nouveau gravement préoccupée par la situation humanitaire à Gaza et appelle à la poursuite de la fourniture des services essentiels, notamment le carburant et l’électricité, a-t-elle dit. L’Union européenne réitère son appel à toutes les parties pour qu’elles garantissent l’accès humanitaire à Gaza et œuvrent de façon urgente à rouvrir les points de passage, a-t-elle ajouté. La représentante s’est également félicitée du démarrage des négociations entre responsables israéliens et palestiniens concernant toutes les questions en suspens en vue de conclure un accord de paix avant la fin de 2008, selon les termes de la Conférence d’Annapolis en novembre dernier. L’Union européenne exhorte les parties à mettre en œuvre leurs obligations découlant de la Feuille de route, parallèlement à leurs négociations. La représentante s’est par ailleurs félicitée des résultats de la Conférence internationale des donateurs, en décembre dernier, qui a recueilli plus de 7,4 milliards de dollars de promesses. Elle a ainsi appelé tous les donateurs à tenir leurs engagements. De même, elle a rappelé l’importance selon elle à mettre complètement en œuvre l’Accord sur le mouvement et l’accès. L’Union européenne appelle toutes les parties à exercer le maximum de retenue et à éviter d’utiliser la force, a-t-elle conclu.(...)

Reprenant la parole, le représentant d’Israël a rappelé que le Hamas était responsable de la situation actuelle. Cette organisation n’a pas vu le jour par magie, a-t-il dit, notant qu’elle était financée par des États de la région, dont la Syrie. Il a donc jugé étonnant que le représentant de la Syrie s’adresse au Conseil de sécurité et s’exprime, contre toute décence, en contestant le droit d’Israël à se défendre. Il a, de même, estimé regrettable qu’un État Membre ait, ce matin, utilisé le terme de « génocide ». Ce représentant a fait preuve, a-t-il dit, d’un manque de sensibilité vis-à-vis des survivants des génocides du monde entier. Il ne faudrait pas que ce genre de termes soit utilisé avec autant de frivolité, a-t-il affirmé. Le représentant d’Israël a en outre déploré les visions unilatérales exprimées lors de ce débat, visions qui, a-t-il fait remarquer, ne tiennent pas compte de l’ensemble de la situation. Le représentant a enfin réitéré l’engagement de son pays à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire nécessaire à la population de la bande de Gaza.(...)



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