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Le déshonneur du Président de la Commission Européenne.

© Raphaël Grynpas

Le quotidien londonien « The Financial Times » a publié, le 5 janvier 2004, un court article où d’éminents représentants des communautés juives Messieurs E.M. Bronfman, pour le Congrès juif mondial, et C. Benatoff, pour le Congrès juif européen exprimaient leurs griefs vis-à-vis de la CE pour sa « malhonnêteté intellectuelle (intellectual dishonesty) » et son « imposture morale (moral treachery) ».

En vrai démocrate et premier responsable politique de l’Union Européenne (UE), qui se veut un modèle d’ouverture, d’équité et de liberté d’expression, M. R. Prodi a décidé de punir ces gens, qui osent découvrir la laideur du politiquement correct européen, en supprimant le séminaire sur l’antisémitisme en Europe prévu le mois prochain à Vienne.

Rappelons que c’est Monsieur Prodi lui-même qui avait proposé la tenue de ce séminaire lors de son dernier passage à New York, en réponse aux inquiétudes exprimées par les représentant de la communauté juive des Etats-Unis.

Monsieur le Président de la Commission Européenne (CE), dont le déficit démocratique constitue la réserve des honnêtes gens depuis près de 50 ans, a supprimé la tenue de ce séminaire, parce que ce qui n’est pas dans l’ordre de ce déficit démocratique est tout simplement interdit.

En effet, ce qu’exprime la misérable missive du petit Prodi et de ses petits camarades revient à dire à d’authentiques représentants des communauté juives qu’ils n’ont pas droit à la parole, parce qu’ils ne plaisent pas au Prince. Cette censure est tragique parce qu’elle empêche un débat public entre les parties concernées visant à freiner la remonté de l’antisémitisme, lequel est enraciné dans la psychée de trop nombreux européens.

Cette annulation ressemble fort à une ignominie, mais ce n’en est sans doute pas une aux yeux du Président d’une institution qui rationalise la plupart de ses initiatives en invoquant les principes de la démocratie. Cela fait penser à la charité chrétienne des inquisiteurs ou, plus récemment, à la liberté offerte par la dictature du prolétariat. L’initiative du Président de la CE semblerait indiquer que la liberté européenne ne tolère pas la contradiction et encore moins l’accusation de comportements malfaisants.

Alors, pour continuer à justifier un discours lénifiant et plein de bons principes, la CE a choisi de se déshonorer en interdisant l’analyse publique (le séminaire annulé) de sa responsabilité dans la résurgence de l’antisémitisme. A moins que ce ne soit de la lâcheté. Monsieur Prodi et ses portes coton ont choisi le déshonneur au détriment de la recherche de la vérité.

Remarquons que cette manière de procéder est absolument identique à cette vielle coutume des antisémites, qui consistent à accuser les Juifs d’être la cause de l’antisémitisme. Il faut à la vérité de dire que si les Juifs n’existaient pas, il n’y aurait pas d’antisémitisme, mais que Monsieur Romano Prodi ne serait pas un démocrate chrétien, mais un démocrate tout court…

En effet, nous avons appris récemment que Jésus, Marie et Joseph étaient des Palestiniens.

Certes, la CE n’est pour rien dans cette découverte, mais c’est la politique qu’elle mène systématiquement contre la légitimité d’Israël, comme le financement du terrorisme palestinien ou du moins le refus de l’UE de contrôler ce que l’Autorité palestinienne fait avec l’argent des contribuables européens, qui a permis à cette contre vérité d’occuper les commentaires des amis de Monsieur Prodi et des encenseurs des Institutions européenne.

Pour illustrer les faits reprochés à la politique de l’UE, Messieurs Bronfman et Benatoff rappellent deux initiatives récentes d’organismes prétendument indépendants de la CE, qui les finance…

  • La première est le rapport issu de Vienne qui dénonçait l’immigration musulmane et la gauche pro-palestinienne pour son activisme antisémite violent ; rapport que la Commission a tenté de dissimuler.
  • La deuxième initiative est le sondage qui prétendait que près de 60% des citoyens européens voyaient en Israël, le pays qui menaçait le plus la paix mondiale. Or, comme nous l’avons montré sur ce site, ce sondage était intentionnellement biaisé et donc, ses résultats étaient totalement faisandés. Dans ce dernier cas, la mauvaise foi de la Commission s’est étalée dans les déclarations de son porte parole, qui n’a pas hésité à montrer dans quel mépris il tenait le public européen, mais semble-t-il, cela a échappé à la plupart des journalistes francophones, qui ne sont pas là pour investiguer mais pour sagement répercuter les positions officielles, les commenter et les défendre ; tout ça en toute indépendance, bien sûr.

Le minable prétexte invoqué par son Excellence Monsieur R. Prodi a une seule signification : la volonté de poursuivre la politique pro-Arafat de la Commission, c’est-à-dire de soutenir résolument l’irrédentisme palestinien au détriment des Palestiniens eux-mêmes et des Israéliens et, partant, de la paix entre un pays reconnu par 161 états et un état encore inexistant, dont l’avenir dépend de la paix. En annulant le séminaire de Vienne, Monsieur Prodi et sa Commission ont choisi de continuer à entretenir cette maladie de l’âme qu’est l’antisémitisme, parce qu’ils se sont ainsi interdits de dégager les causes du mal.

Ne doutant pas que c’est un homme intelligent, il ne s’étonnera pas que la CE, c’est-à-dire l’UE soit exclue des décisions futures au Proche-Orient. En effet, quelle crédibilité les parties concernées par le conflit peuvent attribuée à une Excellence qui se comporte comme un sale gosse : tu m’as critiqué, je vais te punir. Autant pour le niveau et la qualité de la diplomatie européenne. Or, les critiques de Messieurs Bronfman et Benatoff n’étaient tout au plus qu’une qualification de la manière dont la politique européenne au Proche-Orient est justifiée et défendue par la Commission, manière qui entretient et renforce l’antisémitisme.

Il reste à savoir si son Excellence Monsieur le Président Prodi et sa Commission sont prêts à assumer les conséquences de leurs choix, ou s’ils vont s’engager plus avant dans la malhonnêteté intellectuelle et l’imposture morale.



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