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Bientt une fontaine parisienne au cur de Jrusalem

Nathalie Szerman Isral Magazine

David Soussana, chapeau d’artiste sur la tête et cigare à la bouche, nous guide à travers son étonnante demeure de Mevasseret Tsion : partout, des peintures, des colonnes, des mosaïques, des sculptures... Pas un espace n’a été oublié. Et tout au fond de cette somptueuse retraite se trouve l’atelier de l’artiste, où il passe des nuits entières, car la nuit est sa muse... Là s’entassent des centaines de tableaux. David Soussana, qui se définit comme un « peintre figuratif moderne », jette son dévolu sur un tableau représentant des collines et des groupes épars de petites habitations blanchâtres recouvertes de traînées rouges. : « Regardez, ce sont les implantations. »

Aider par l’art les quartiers défavorisés

« J’ai longtemps été un artiste politiquement engagé. La première exposition de rue à Jérusalem, c’est moi qui en ai été l’initiateur. J’ai choisi le quartier difficile de Katamon, pour sensibiliser la population. C’était en 1974. L’exposition a eu un impact détonnant. » Il nous tend une brochure de photos en noir et blanc datant de la même époque : « C’est Jérusalem comme tout le monde ne la connaît pas. » Des blocs de béton alignés avec du linge qui pend aux fenêtres : « Des milliers d’enfants ont grandi là-dedans. » En donnant à voir cette réalité par des photos, David Soussana a tenté de lutter contre le phénomène émergeant des cités à Jérusalem.

Sur sa lancée, il a élaboré en 1977 un projet de recherche pour l’amélioration de l’environnement des quartiers défavorisés de la ville. Et c’est dans le quartier également difficile de Kyriat Yovel, et à Katamon toujours, qu’il a choisi d’ouvrir des ateliers d’expression artistique.

Une Hanoukia de 25 mètres de haut, toute blanche, la plus haute jamais dressée en Israël, sera inaugurée pour Hanoukka 2007 à Jérusalem

Son thème de prédilection : l’être humain. Il a réalisé une collection d’acryliques sur toile intitulée « Adam » qui donne à voir l’être humain sous toutes ses formes. Mais c’est peut-être par la sculpture que David Soussana a représenté l’Homme avec le plus de force : une sculpture de huit mètres ayant nécessité la bagatelle de quelques tonnes d’acier lui a été commandée par l’UNESCO en 1998. Egalement nommée « Adam », elle met en scène quatre individus en mouvement, de tailles et de couleurs différentes : tous le genre humain s’y retrouve. Elle est exposée Tarragone, en Espagne, face aux murailles romaines.

David Soussana a exposé d’abord à la galerie Kagonovitz de Paris en 1966, puis à Lisbonne, Madrid, Barcelone, New York, Mexico, et bien sûr Tel-Aviv et Jérusalem : 25 expositions individuelles et 35 expositions collectives. Mais ce dont il est le plus fier, c’est d’une sculpture représentant les sept portes de Jérusalem, érigée à Marseille et rebaptisée dans la troisième ville de France « La Porte de l’Orient ». Elle a été inaugurée en 1986 sur le site de la Vieille-Chapelle et est considérée aujourd’hui comme l’une des œuvres majeures du patrimoine artistique de la ville.

Une autre sculpture de sa conception, non moins mémorable, verra le jour pour Hanoukka 2007 sur l’esplanade de la mairie de Jérusalem : il s’agit d’une Hanoukia de 25 mètres de haut, toute blanche, la plus haute jamais dressée en Israël.

Consul d’Israël à Monaco et Marseille : « Je pense que le gouvernement devrait systématiquement choisir pour ambassadeurs des hommes d’art et de culture »

« Etre consul à Monaco ? Un rêve, » se souvient Soussana. « J’avais des relations non protocolaires avec le prince Rainier. J’ai passé cinq ans dans le cadre magnifique de Monaco, cinq ans de vacances payées... La communauté juive de Monaco est très restreinte. Cette nomination était plus politique que diplomatique. Shimon Peres m’avait nommé pour me remercier de mes actions. » Etre consul à Marseille fut moins idyllique : « La communauté juive de Marseille est assez turbulente, riche en présidents de toutes sortes. Ce fut dur de travailler avec autant de présidents ! » David Soussana dépense à Marseille les forces accumulées à Monaco : « Il y avait du pain sur la planche. J’ai créé à Marseille le premier institut culturel d’Israël en France. »

A Marseille, il s’exerce à la diplomatie : « D’un côté, j’étais diplomate officiel, de l’autre, artiste. C’est en me servant de cette deuxième carte que je rompais la glace. Engager la conversation sur un sujet culturel ou artistique est la meilleure façon de trouver un terrain d’entente avec son interlocuteur. C’est pourquoi je pense que le gouvernement devrait systématiquement choisir pour ambassadeurs des hommes d’art et de culture, à l’instar des peintes Arieh Aroch [ambassadeur d’Israël au Brésil de 1956 à 19 59 et en Suède de 1959 à 1962] et Reuven Rubin [nommé en 1948 premier ambassadeur d’Israël en Roumanie]. Si le contact est bon dès le départ, toutes les portes s’ouvrent. Par ailleurs, il est important de nommer des personnes sachant partager un verre de cognac ou fumer ensemble un cigare », estime-t-il en tirant sur le sien, « plutôt que des visages froids. »

Très haut niveau des artistes israéliens

« La situation des artistes est mauvaise en Israël. Ils doivent pour la plupart travailler comme instituteurs ou professeurs pour pouvoir vivre. En revanche, le niveau général est excellent et la diversité insondable : chacun puise dans son patrimoine culturel. Il n’y a pas une seule sorte d’art juif. Né à Tanger, que j’ai quitté à l’âge de 17 ans, je me définis pour ma part comme ’Juif espagnol’ ».

Afin d’améliorer la situation des artistes en Israël, David Soussana suggère que pour chaque bâtiment construit, 1% du budget soit consacré à l’art, ce qui permettrait à un artiste de réaliser une œuvre adaptée à la construction. « Cette loi existe déjà, notamment en France et en Grèce. Mais je n’ai pas réussi à la faire passer en Israël. »

Une manifestation de rue haute en couleur lancée en 2002, a laquelle a participé David Soussana, a tâché de promouvoir les artistes de Jérusalem : chacun de souvient de la parade des 80 lions peints chacun par un artiste différent et dans un style différent, initiée par Aliza Olmert avec le soutien de Peugeot Israël. « Le premier de ces lions », entièrement blanc, se trouve aujourd’hui dans le jardin de notre hôte.

La fontaine de la place Jean Cocteau bientôt sur la place de Paris à Jérusalem

« Je reviens d’un rendez-vous à Paris avec [le maire de Jérusalem Ouri] Lupoliansky et [le maire de Paris Bertrand] Delanoë. Nous avons conclu de construire une fontaine parisienne sur la place de Paris à Jérusalem. Nous avons longé tout Paris en quête d’une fontaine adaptée à la ville sainte. Il n’a pas été facile d’en trouver une dépourvue de représentations de femmes nues ! Nous avons opté pour la fontaine de la place Jean Cocteau. C’est une initiative conjointe des mairies de Jérusalem et de Paris. »



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