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Ismal Haniyeh, pur, dur et naf ?

par David Ruzi, professeur mrite des universits, spcialiste de droit international

Tout d’abord, il a été question du soldat israélien Gilad Shalit, qui, d’après une information, dont s’est fait l’écho, le même journal, il y a quelques jours, mais non reprise dans l’entretien, aurait été vendu par l’Armée de l’Islam, une bande de terroristes autonomes, qui avait déjà, sans doute procédé de la même manière avec le journaliste de la BBC Alan Johnston.

Et là tout benoîtement ou tout aussi cyniquement, le leader palestinien assure que son mouvement a « toujours veillé à mettre fin aux souffrances » de Gilad Shalit, mais il se permet de comparer son sort avec celui des « 11 000 prisonniers palestiniens incarcérés en Israël qui souffrent de la même manière », oubliant seulement que dans un cas il s’agit d’un soldat tombé dans une embuscade tendue par une bande armée, non identifiable à distance, tandis que les Palestiniens emprisonnés sont loin d’être des « enfants de chœur ».

Puis, abordant les suites de la libération d’Alan Johnston, qu’il faut, effectivement mettre à l’actif du Hamas, Ismaïl Haniyeh évoque sa « déception » devant « l’aveuglement » des Européens.

A l’en croire, alors que le Hamas aurait tout fait pour la libération de Johnston, car cela correspondait à ses « principes », ses « traditions » et ses « convictions », « la communauté internationale soutient l’occupant contre l’occupé ».

A croire que le chef palestinien ne s’est pas rendu compte que la Bande de Gaza, dans laquelle le journaliste britannique a été enlevé, est libre de toute occupation depuis l’automne 2005.

A moins qu’à l’instar d’Esaü qui aurait acheté le droit d’aînesse pour un plat de lentilles, Ismaïl Haniyeh pensait qu’il pourrait, en contrepartie des 6 millions de dollars en plus d’une importante cargaison d’armes versés à la bande de Mountaz Dougmouch, obtenir le départ des Israéliens de la Cisjordanie.

Et lorsqu’il est interrogé sur le conflit qui l’oppose au Fatah, le dirigeant du Hamas accuse le mouvement adverse de n’avoir jamais accepté les résultats des élections du 25 janvier 2006.

Qui plus est, il considère que « son comportement a démontré qu’il était allié avec des éléments extérieurs qui lui ont fourni des armes et de l’argent ».

Des noms, des noms !!!

Les voilà : « le soutien venait d’Israël et des Etats-Unis ».

Dans la suite de l’entretien, Ismaïl Haniyeh se hasarde à des comparaisons douteuses.

Ainsi, évoquant « l’embargo aérien, terrestre et maritime » de la Bande de Gaza, il n’hésite pas à dire qu’ « en Cisjordanie c’est à peu près la même chose ».

Or, il y a plus qu’une différence d’ « à peu près », ne serait-ce qu’à en juger par les nombreux déplacements de Mahmoud Abbas à l’étranger.

Ismaïl Haniyeh omet de dire que c’est l’Egypte qui a coupé les relations terrestres avec le territoire désormais soumis à l’autorité exclusive du Hamas et qu’Israël est obligé de contrôler l’accès aérien et maritime, pour empêcher les livraisons d’armes.

Et la fin de l’entretien porte, bien évidemment, sur les rapports futurs avec Israël.

« Notre position est toujours la même. Un Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre de1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. C’est notre objectif, avec ensuite une trêve de longue durée avec Israël ».

Et, là encore, avec cynisme et/ou candeur, l’ancien premier ministre palestinien, n’est finalement pas loin du but poursuivi par Yasser Arafat qui avait, certes, lui, reconnu, formellement, en 1993, l’Etat d’Israël, mais qui ne cachait pas, par de nombreuses déclarations faites par la suite, que son objectif final était la libération de toute la Palestine.

Car, dans la déclaration finale d’Ismaïl Haniyeh, il ne manque que l’adjectif « premier » pour caractériser l’objectif de la création d’un Etat palestinien aux dimensions réduites, avant d’envisager, au terme d’une trêve avec Israël, l’objectif final de la libération de toute l’étendue du territoire situé entre le Jourdain et la Méditerranée.



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