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A propos du chant d’un cygne

par David Ruzi, professeur mrite des universits, spcialiste de droit international

Bien évidemment, Le Monde ,, daté du 15 juin s’est empressé de consacrer à la fois son éditorial et près d’une demi-page à un document « confidentiel », dont le journal britannique Guardian venait de faire état.

Si en caractères typographiques « moyens », le journal français indique que « Alvaro de Soto dénonce la politique des Etats-Unis, d’Israël et des Nations unies sur la Palestine », c’est en gros caractères qu’il est écrit que « L’envoyé de l’ONU accuse Washington d’avoir encouragé le chaos palestinien ».

De fait, on ne peut qu’inviter les internautes à aller sur Internet, où sur le site, en anglais, de l’Encyclopédie Wikipedia, ils trouveront un lien leur donnant accès aux 52 pages de ce document qui a, sans doute, été adressé à Ban Ki-moon, en tant que successeur de Kofi Annan, qui avait nommé le diplomate péruvien à son poste, en 2005.

On doit regretter - pour ne pas dire condamner - la divulgation de ce rapport, qui avait vocation à rester confidentiel. De fait, d’après certaines informations, le Secrétaire général aurait jugé comme « profondément regrettable « que ce rapport ait été publié dans la presse ». En tout cas, il est évident que « les points de vue contenus dans le rapport ne devraient pas être considérés comme la politique officielle de l’ONU ».

Malheureusement ces considérations n’apparaissent pas dans les communiqués de presse émanant de la porte-parole de Ban Ki-moon, ou de son adjointe.

Toujours est-il qu’Alvaro de Soto qui, après 25 ans passés au service des Nations unies - plus que le temps qu’il a consacré à servir son pays - a, sans doute, pris sa retraite à 64 ans, a pris soin de préciser qu‘il s’agissait d’un travail personnel, tout en remerciant les quelques collègues auxquels il l’avait soumis - à un stade avancé de sa rédaction - pour les précisions, corrections et suggestions qu’ils lui avaient faites.

Nous n’avons pas l’intention de reprendre les accusations portées contre les Etats-Unis et Israël, largement reprises, notamment, par Le Monde , mais d’évoquer quelques remarques surprenantes que nous avons relevées dans ce document.

On relèvera, tout d’abord, que ce spécialiste des « causes perdues » (avant d’opérer au Moyen-Orient, Alvaro de Soto s’occupa aux Nations unies du Sahara occidental, de Chypre et du Myanmar-ex Birmanie....) ne trouve pratiquement rien à redire au comportement du Hamas (à propos duquel il considère que les Etats-Unis et Israël ont tort de la considérer comme un « épiphénomène » - en français dans le texte).

Il condamne le « traitement erroné » que ces deux pays réservent à ce mouvement auquel il n’attribue qu’un mépris (contempt) à l’égard des accords d’Oslo.

On comprend mieux cette considération si l’on sait que pour l’ancien Secrétaire général adjoint des Nations unies, la demande d’Israël à être reconnu avant toute négociation est « irréaliste ». Pour cela il croit devoir préciser que parfois la demande porte sur « la reconnaissance du droit d’Israël d’exister en tant qu’Etat juif », alors que selon lui, il n’y a pas de consensus en Israël même sur le caractère juif de cet Etat.

Alvaro de Soto fait semblant de confondre l’idée d’un Etat théocratique (juif), qui effectivement n’est pas accepté par la grande majorité des Israéliens, alors que mis à part une minorité, pratiquement tous les Israéliens sont favorables, comme le rappelait Shimon Pérès, dans Le Figaro , à un Etat à majorité démographique juif, ce qui est tout à fait différent.

Mais, il est vrai que lui aussi, « fait la chanson et la chante », lorsqu’il croit pouvoir constater que l’idée de la « solution d’un Etat » gagne du terrain.

L’ancien envoyé spécial au Moyen-Orient n’a malheureusement pas tort de penser que la mise en place d’un Etat palestinien n’est pas pour demain, mais s’il pense que celle d’un seul Etat a plus de chances d’aboutir, on est tenté de lui rappeler cette chanson de Juliette Gréco : « Ce que tu te gourres (fillette, fillette)..... »

Avec de telles idées, il était temps qu’Alvaro de Soto mette un terme à sa mission qui, effectivement, n’a guère été couronnée de succès, pas plus, d’ailleurs, que celle de son prédécesseur le norvégien Roed-Larsen, qui, lui, resta en place 5 ans.

Tous les espoirs semblent permis avec la nomination d’un successeur - alors qu’Alvaro de Soto se croyant irremplaçable, s’interrogeait sur l’utilité de son poste.

De fait, le britannique Michaël C. Williams était auparavant le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la situation au Moyen-Orient. Avant cela, il fut le Directeur de la Division Asie et Pacifique au Département des affaires politiques (secteur géographique qu’il avait couvert en tant que journaliste à la BBC et à Amnesty international), après avoir été de 1999 à 2005, le Conseiller spécial de deux Ministres des affaires étrangères britanniques, Robin Cook, de 1999 à 2001, et Jack Straw de 2001 à 2005.

Mais Williams avait déjà servi aux Nations unies dans les années 90,

S’il est vrai que parfois, avec le départ d’un employé, on sait ce que l’on perd, sans savoir ce que l’on va gagner, avec Alvaro de Soto, la cause de la paix, elle, n’a, certainement, pas perdu un grand serviteur.

Même au moment de démissionner, Alvaro de Soto aurait dû se souvenir du devoir de réserve et de discrétion auquel est tenu un fonctionnaire international, pour ne pas ternir l’image d’impartialité de l’Organisation qu’il a servi.



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