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Super-Stryker, le pionnier d’une révolution conceptuelle grave

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

Constatant que les chars lourds, de type Abrams, Bradley et Merkava, développés pour la guerre conventionnelle entre blindés n’étaient pas adaptés aux exigences du combat contre la guérilla en Irak, les Américains ont développé ce char, que nous appellerons, à la Ména, Super-Stryker ? et l’ont expérimenté sur la base d’essais de Fort Lewis, dans l’Etat de Washington.

Le blindage des véhicules lourds (60 à 80 tonnes), en service actuellement, est destiné à protéger les équipages contre les obus des chars adverses, ainsi que l’artillerie et les mortiers des armées régulières. Ce blindage n’est cependant pas utile lors des combats urbains et des embuscades que rencontre le corps expéditionnaire allié en Babylonie. Là, il s’agit de faire face aux grenades autopropulsées de type RPG, principalement employées par les Feddayins aux ordres de l’ancien dictateur.

Les RPG ont la particularité de percer quasiment n’importe quel type de blindage, infligeant une atteinte souvent létale à l’équipage. Par contre, ces missiles légers ont l’autre particularité d’exploser au contact de la première surface qu’ils rencontrent sur leur trajectoire.

Forts de cette constatation, les ingénieurs de la General Motors et de la General Dynamics ont habillé un transport de troupes existant, le Stryker, d’une sorte de cage métallique en treillis. Les missiles des Feddayins explosent dès lors au contact de ce grillage, cependant que les soldats restent efficacement protégés par les 15 millimètres du blindage de leur véhicule.

Les experts israéliens, en but à la même problématique, ont, depuis longtemps, équipé leurs chars d’un tablier externe, fait de plaques de protections (à part pour le dernier modèle des Merkavas, qui utilise une technique différente) remplissant la fonction du treillis. Reste que la cage ambulante, en tissage de câbles d’acier, est considérablement plus légère et plus économique que le système israélien. Cet allégement permettant une mobilité accrue ainsi qu’une économie supplémentaire, du fait qu’un transport de troupes ne coûte que la fraction du prix d’un char lourd. (3.4- millions pour le Super-Stryker, contre 6+ pour le tank Abrams M1 et 4.5+ pour le Merkava Mark IV)

Suivant les mêmes constatations, remarquant que les RPG ne menaçaient pas la partie supérieure des véhicules, les ingénieurs étasuniens ont renoncé à la protéger (partie faisant face au ciel, aux danger des attaques aériennes et de l’artillerie) ainsi que les roues (faute de risque létal pour les soldats ; cette option est par ailleurs violemment critiquée par certain experts en armement américains) au profit de la mobilité.

Le Stryker nouvelle version, baptisé originellement du nom de deux héros US de la seconde guerre mondiale et du conflit vietnamien, est en outre doté d’une électronique de la prochaine génération. Il est desservi par deux pilotes et peut emmener jusqu’à huit fantassins à une vitesse dépassant les 100 Km/h.

Il est doté du système de communications avant-gardiste FBCB2 entièrement digitalisé, permettant à toute l’unité de combat de demeurer en permanence en contact, par l’entremise d’une messagerie écrite et d’un positionnement GPS de précision, sur des cartes géographiques virtuelles. De plus, les pilotes du Super-Stryker ont la possibilité d’intégrer, à tout moment, le positionnement des forces ennemies (et amies), qui apparaît alors, instantanément, sur les cartes des autres équipages. Cette fonctionnalité économise des moments précieux, autrement perdus en communications orales. Le Super-Stryker perçoit, de jour comme de nuit, les informations utiles à sa mission par l’entremise de sept périscopes ainsi que par un processeur thermique, connecté à des caméras, capable d’identifier des tireurs isolés ainsi que des lanceurs de RPG prêts à l’embuscade.

Une brigade, forte de 5’000 hommes, baptisée « Formation de Combat Brigade Stryker », issue de la seconde division d’infanterie, a été formée. Elle dispose déjà de 300 véhicules, dont quelques éléments d’évaluation viennent de rejoindre l’Irak et ont immédiatement été testés sur le terrain.

Dans un premier stade, les brigades de Super-Strykers seront vraisemblablement adjointes, en opération, à des unités classiques, le temps de faire leurs preuves. Certains balisticiens américains expriment d’ailleurs déjà des doutes quant à l’efficacité du treillis de protection et au risque du « tout à l’électronique ».

Il faudra certes une période de mises au point aux Super-Stryker. Mais derrière ce nouvel armement se profile assurément une nouvelle conception du champ de bataille. Avec la disparition de l’empire soviétique, l’éventualité d’une guerre conventionnelle entre deux armées de force comparable s’est grandement dissipée. Comme on l’a observé en Irak, Saddam Hussein n’a même pas tenté de tenir tête frontalement à l’armada coalisée, préférant préparer la guerre sous occupation.

Nous approchons d’un temps effrayant, où il ne restera plus aux régimes anti-démocratiques, que l’option nucléaire - Iran, Pakistan, Corée du Nord - et l’arme du terrorisme-guérilla.

Devant ces deux menaces spécifiques, le rôle des pachydermes blindés au service de l’occident devient progressivement inutile. Il faut alors considérer le Super-Stryker, non comme une arme unique, mais comme la tête de pont d’un nouvel arsenal global, qui ne va pas tarder à remplacer les conceptions désormais surannées.

Derrière les Etats-Unis, les concepteurs en armement européens et israéliens sont déjà à la tâche. Et peu importe qu’on adopte finalement le treillis de protection du Striker ou l’une de ses variantes hybrides, il faut maintenant considérer que l’adversaire, vomissant les valeurs de notre société, cherchant sans cesse à s’infiltrer dans les brèches sécuritaires de nos systèmes politiques, non encore entièrement mobilisés contre cette menace permanente, a transformé la compréhension stratégique.

Hier, il s’agissait de combattre des soldats, protégeant leur bien le plus précieux, leur existence, derrière des carapaces de fer. Désormais, la menace provient d’individus fanatisés, attaquant la plus grande puissance occidentale à l’aide de couteaux de cuisine empruntés à un plateau-repas (les attaques du 11 septembre). D’individus fanatisés, parce qu’ils agissent pour des méga causes aux objectifs hégémoniques, qu’ils placent au-dessus de la valeur de leur existence individuelle charnelle.

Le Super-Stryker est à ce titre le pionnier des armes d’un monde malade, appelé à se défendre contre des individus-kamikazes qui ne reculent plus devant le spectre de leur propre anéantissement.



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