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Chronique de Michaël Bar-Zvi | Yod be Tevet 5778 - 28 décembre 2017

La première est celle de l’imprévisibilité, sans doute dans des registres différents, mais elle met souvent leurs adversaires politiques et leurs concitoyens en situation de désarroi. La seconde, et non des moindres, c’est qu’ils appliquent de nouvelles méthodes en politique, dans leur relation avec la classe politique, avec la presse, avec les réseaux sociaux, avec leur image. La troisième caractéristique commune, et elle déterminante, c’est qu’ils ont eu des carrières professionnelles réussies, et que la politique ne représente en aucun cas, pour eux, un moyen ou un tremplin pour se faire une place dans la société.
Il s’agit là, au fond, de la version post-moderne du populisme, qui ne consiste plus seulement à haïr les nantis ou à détester l’argent, mais à s’identifier à ceux qui ont réussi à se construire par le travail, l’éducation ou le mérite. Il ne s’agit pas de porter un jugement de valeur en affirmant qu’ils sont les présidents des riches, cependant malgré tout élus par les voix des pauvres.

Le rejet des élites et le dégoût de la politique qui s’y rattache ne sont pas un refus systématique de la réussite, mais l’expression d’un ras-le-bol face aux recettes politiques classiques. Le vingtième siècle a opté, dans les situations de crise, pour des populismes idéologiques, marxiste ou fasciste, qui ont failli conduire la civilisation humaine à sa destruction et causé la perte de dizaines de millions de morts pour des idéaux qui n’en étaient pas.

Au vingt-et-unième siècle, les peuples réagissent autrement. Certains se tournent vers des formes archaïques de projets à caractère politico-religieux, avec lesquels ils peuvent s’identifier aisément, d’autres misent sur des formes de domination des hommes par l’économie, dans lesquelles les peuples ou les nations sont broyées par des forces macro ou méga étatiques. Aussi bien l’adhésion au fanatisme religieux que la soumission à des forces économiques planétaires bouleversent les notions fondamentales de la philosophie politique, comme le pouvoir, la souveraineté, le bien commun, la raison d’Etat, la légitimité, l’indépendance.

Trump et Macron, chacun à sa manière, représentent ce monde-là, dont nous ne savons pas vraiment où il va, et la question qui se pose est de savoir si tous les deux, ou l’un d’eux seront à même de faire l’histoire, de résoudre des problèmes ou des conflits complexes, de donner du sens et de l’espoir à des hommes et femmes, encore en quête de liberté. Auront-ils le courage politique qui a, sans doute, fait défaut à leurs prédécesseurs ?
Il est encore trop tôt pour en juger, mais il est probable que l’année 2018 apportera une partie de la réponse et lèvera un peu plus le voile sur le mystère de ces deux personnages atypiques.

Bonne année civile 2018 à tous



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