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Munich intérieur

Bruno José Lebeau

Et comment ne pas croire en l’hypocrisie de la classe politique française, déversant des torrents de bons sentiments et de compassion pour les juifs de France, alors que pour la plupart ils ont tant contribué ces dernières années à cette résurgence de l’antisémitisme en avalisant, par leur silence coupable, ou pire leurs propres paroles, la campagne insidieuse des extrémistes de droite comme de gauche qui ont fait l’apologie d’une idéologie prétendument antisioniste dont le fond ne faisait pourtant aucun doute, convergeant irrémédiablement vers ce pôle des intérêts bien compris entre bruns, rouges et verts…

Le financement d’un sacre, celui de cette fusion des extrêmes, n’a-t-il pas été fait avec l’argent public engagé par ces mêmes politiques qui aujourd’hui se scandalisent des effets pervers, du feedback que n’importe qui de sensé pouvait prévoir et dont une école juive de Gagny a fait les frais ? Hypocrisie !

Pas un mot, dans les discours solennels lancés tout le week-end durant, sur ce Durban sur seine où le vide idéologique parfaitement pointé par Liberté Chérie côtoyait toute la crème de « l’antisionisme » français et européen, dont celui-là même libéré hier malgré ses délits par la grâce du Président de la République. Hypocrisie !

Pour ne surtout pas se mettre à dos cette force électorale aux fourches caudines de qui semble désormais soumise toute la classe politique, celle-ci n’a-t-elle pas encouragé, au moins laisser faire ce terrible amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui a été la porte d’entrée d’un conflit extérieur, désormais intérieur et communautaire, avec les conséquences que l’on sait ? Hypocrisie !

Encore aujourd’hui, et selon cette même logique ne laisse-t-on pas le mensonge se répandre au sujet des Juifs de Sarcelles ? Hypocrisie !

La vérité est que la classe politique française est largement responsable de l’ampleur de l’antisémitisme en France. Que la classe politique a préféré des choix électoralistes à ceux de la morale et du devoir républicain vis-à-vis des juifs français, malheureusement pour eux bien moins puissants électoralement.

La vérité est que la classe politique meurt de trouille devant cette minorité « bouillante » qu’elle ne sait pas contrôler parce qu’elle n’en a pas le courage politique, et que cette « peur intérieure » qui la pousse soit à se taire, soit à se soumettre, voire certains à adhérer, conduit toute sa politique, dont celle du Quai d’Orsay est le symbole le plus évident de cet asservissement. Etrange attitude qui n’est pas sans rappeler un certain passé français, où certains se taisaient déjà, d’autres se soumettaient, enfin quelques uns collaboraient sans honte en idéologisant même leurs méfaits.

Ce n’est sans doute pas un hasard que les juifs soient aujourd’hui comme hier les victimes de cette même « lâcheté » française.

Cette lâcheté française qui a conduit nos politiques derrière Saddam Hussein, non pour ce qui pourrait apparaître comme éventuellement de bonnes raisons (multilatéralisme etc.) mais pour de bien plus sombres en vérité : la peur de voir la « rue arabe » se lever, non ailleurs, mais ici dans nos banlieues, mettant nos villes à feu et à sang.

C’est cette même peur qui fait tant hésiter sur le voile islamique, qui va même pousser à une loi amalgamant aveuglément tous les insignes religieux pour ne surtout pas « stigmatiser », ne pas « provoquer », comprenez « ne pas risquer »… le problème n’est pourtant pas la croix, ni la kippa, ni quelque insigne bouddhiste, hindouiste, ou autre. Le problème est parfaitement identifié, et le voile n’est pas un insigne religieux, mais un acte politique, idéologique, qui plus est un acte contre les valeurs républicaines, contre les valeurs occidentales, contre les femmes plus prosaïquement pour lesquelles nos politiques ne tarissaient pourtant pas de bonnes intentions à grands coups de quotas électoraux et de lutte contre les discriminations.

De discriminations, positives, cette fois, il est pourtant bien question. Là encore, la peur en est la seule motivation. Les politiques se fichent bien des difficultés des autres minorités, noires, chinoises (qu’on renvoie sans ménagement à la frontière, pendant que la double peine qui concerne surtout la minorité arabo-musulmane est vidée de tout sens) ou autres. Celle qui préoccupe, est celle qui fait peur.

La voie n’est-elle pas déjà ouverte en politique, où plus aucun parti ne peut se passer de son « jeune » de banlieue mis bien en évidence pour démontrer combien la classe politique s’en soucie, de cette minorité qui fait peur. Car à l’instar des media que le chanteur populaire Jean Jacques Goldman dénonçait déjà le 9 octobre 2002, les politiques français aussi sont « globalement bêtes, lâches et peureux ». L’artiste stigmatisait alors ces journalistes qui « ne prenaient aucun risque à raconter les histoires dans ce sens là, ayant à faire ici à une communauté maghrébine beaucoup plus virulente que la communauté juive qui est assez pacifique... ». Il le disait à propos du conflit israélo-arabe, mais cela vaut pour tout.

Nous ne tarderons pas à avoir s’immiscer partout cette affirmative action à la française, qui a été un échec aux Etats-Unis poussant les Américains à revenir sur ce concept qui a généré davantage d’inégalités que de bienfaits. L’émergence d’une « beurgeoisie » française comme aux Etats-Unis s’est constituée une bourgeoisie afro-américaine, ne peut se faire qu’au détriment de l’intégration elle-même, rejetant dans l’amertume et la rancœur, plus encore, ceux qui n’en bénéficieraient pas, et donc autant de troupes pour les fidèles de Tariq Ramadan, avec tout ce que cela suppose.

C’est ce qui a freiné l’intégration des noirs aux Etats-Unis, alors qu’arrivée seulement depuis une vingtaine d’années, par sa capacité d’adaptation, sa capacité à se fondre dans le modèle américain, et à s’y investir, la minorité hispanique sans quota a quasiment rattrapé en une seule génération le niveau de vie des anglo-saxons. Inversement, la minorité noire s’est paradoxalement trouvée empêchée de progresser et de bénéficier des différentes périodes de croissance en se trouvant enfermée dans un communautarisme devenant peu à peu rétif à s’intégrer, et se forgeant à travers les gangs ses propres modes d’intégration urbaine, générant une importante criminalité.

C’est ce modèle-là que les Américains, et les Afro-Américains eux mêmes, en sont arrivés à remettre en cause devant l’évidence de son échec. Et par peur, notre classe politique y trouverait son inspiration ?

Qu’on ne vienne pas pleurer sur les cendres de l’école juive de Gagny, on ne peut y croire, on le sait, cela n’est que l’expression d’une hypocrisie, le masque de la lâcheté. Cette lâcheté française qui pousse politiques et media à la diabolisation de l’Amérique et d’Israël ; à céder devant cette minorité qui s’impose par la peur, jusqu’à confisquer à tous les autres ce débat fondamental qu’est celui de la laïcité qui conditionne l’avenir de la République, qui ne semble plus aujourd’hui se discuter et se débattre qu’entre musulmans « pour » et « contre », comme si tout autre n’avait même plus son mot à dire, à l’instar de cette émission de France 2, sauf à être immédiatement soupçonnable du pire en cas de position non « islamiquement » correct.

Si la discrimination est condamnable, cela ne veut pas dire que nous devions basculer dans l’excès inverse. Or, c’est à cela que conduit cette peur, cette lâcheté des politiques qui n’osent pas se donner les moyens d’appliquer les principes et les valeurs de la république. Cette lâcheté, ce « Munich intérieur » ne peut conduire qu’au pire. Et ce n’est pas le mini reportage « rassurant » la ménagère de moins de 40 ans sur la situation cathodiquement idyllique diffusé par M6, ni les discours, et les quelques mesures hypocrites qui y changeront quelque chose.

Les faits sont évidents, la responsabilité de la classe politique française et de la plupart des media est largement engagée. Les seules mesures qui pourraient inverser ce qui devient inéluctable chaque jour passant, relèvent quasiment de l’impossible : que la classe politique française soit moins lâche, qu’elle prenne des dispositions vigoureuses et claires vis-à-vis de la montée de l’islamisme, à commencer par l’interdiction du voile, et du seul voile sans amalgame et tout ce qui s’en suit, qu’enfin cessent cette propagande médiatique indécemment favorable aux extrémistes qui ont fait de l’anti-américanisme et de l’antisionisme leur fond de boutique, semant les germes d’un antisémitisme qu’il est bien facile ensuite de dénoncer et de condamner…

Autant dire qu’on devrait avoir un sacré renouvellement de la classe politique et des journalistes pour y parvenir. Autant dire que l’avenir est plus sombre que jamais, et que le masque de l’hypocrisie affiché par nos politiques pendant tout ce week-end, pour cacher leur responsabilité, leur lâcheté, leur « Munich intérieur » ne nous laisse aucune illusion sur la pente qu’a pris la France, qu’elle a choisi sciemment de prendre. Le soutien de la classe politique et des media au forum social européen des « alter », les reportages propagandistes sur l’Iraq ou Israël, la façon dont est orientée en permanence l’information en France, sont chaque jour le démenti le plus formel de toutes ces larmes de crocodile versées pour l’école juive de Gagny.

Qu’on le veuille ou non, que l’islam soit modéré ou non, laïque ou non, il a déjà explosé le système, et la République est en train de s’effondrer sur ses bases. C’est peut-être triste, mais la bataille de France est déjà perdue, et cette drôle de guerre mondiale qui nous semble si lointaine ne doit pas faire illusion. Dunkerque est pour demain.



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