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Israël, debout face aux fanatismes totalitaires

par Armand Abécassis* - Le Figaro

Celles-ci ne peuvent se limiter hypocritement à les réprouver en proclamant leur désaccord, mais doivent encore leur signifier qu’elles se sont engagées à protéger Israël en 1948 et qu’elles seraient prêtes à le défendre, même militairement si un État s’aventurait à le rayer de la carte du Proche-Orient. Or il faut bien s’apercevoir que la guerre entre États, devenant dangereuse pour la planète et donc impossible, prend aujourd’hui la forme du terrorisme imprévisible, invisible et surtout insaisissable. Il peut être direct ou indirect quand des États arment des terroristes qui s’acharnent sur la nation qu’ils ne peuvent rencontrer face à face.

Quand deux États s’opposaient militairement, on parlait d’état de guerre, de négociation, d’arrêt des batailles, de traités de paix et même parfois de réconciliations. Les choses étaient claires et les règles établies finissaient par régir leurs relations. Mais toutes ces notions s’écroulent devant le terrorisme et les terroristes qui ne peuvent laisser place à la notion de sens. Comment leur faire admettre ces notions de trêve et de règles alors qu’ils n’en respectent aucune ? Le terroriste est celui qui est payé, manipulé ou enflammé par son délire divin et qui agresse et tue des êtres désarmés, dans la rue, dans un restaurant, dans un autobus, dans un avion ou dans une tour, parfois même dans un lieu de prière.

Les États ne peuvent rien contre lui, surtout dans le cas où ils sont visés par terroriste interposé. C’est ce qui se produit avec Israël : les guerres menées contre lui par les pays arabes qui l’entourent et qui ont voulu le « jeter à la mer » ayant conduit à leur défaite, le terrorisme a pris leur relais sous Arafat. Les réactions de défense des Israéliens, légitimes, justes, intelligentes, ne peuvent éviter les stratégies perverses des terroristes cachés au milieu de civils innocents et derrière des enfants et lavant les cerveaux d’hommes et de femmes assurés de gagner par leur sacrifice le paradis. Des bavures plus que regrettables se produisent qui traumatisent les Israéliens eux-mêmes. Mais qui doit-on incriminer en ces cas désolants ?

Venons-en à présent à cette autre forme de terrorisme représentée par le Hezbollah. L’armée israélienne a quitté le Liban il y a six ans. Depuis ce temps se sont installés au sud du pays, des terroristes qui occupent cette région qu’ils administrent comme ils le désirent en y imposant leur genre de vie, leurs diktats, leur terreur et leurs agissements. Ils sont armés par des pays étrangers et soutenus financièrement et politiquement par eux. Cet État ne gêne en rien le gouvernement libanais. Bien plus, il s’y fait représenter par deux ministres ! Mieux ! il ne cesse de tirer des missiles en direction d’Israël et va jusqu’à enlever des soldats israéliens, refuser de les rendre et même négocier leur échange. Israël a-t-il le droit de se défendre ? Sa réaction est-elle juste ? Comment le nier ? Il est seul à considérer ce terrorisme du Hezbollah comme grave non seulement pour sa sécurité, mais aussi pour le Proche-Orient et surtout pour l’équilibre mondial. Le Hezbollah sert directement les intérêts d’un pays qui cherche à se doter de l’arme atomique et qui est dirigé par « un fou de Dieu ».

Qu’on nous entende bien : ce n’est pas une guerre classique que mène Israël, c’est un combat contre le terrorisme et contre les terroristes. Ce combat est juste et montre la voie à tous ceux qui sont victimes du terrorisme et de tout ce qui se cache derrière lui comme l’exemple du Hezbollah. Faut-il encore qu’Israël produise les raisons légitimes de son combat, de son droit à l’autodéfense, à la réduction de la violence qu’il subit, fût-ce par les armes ? Israël n’est pas pacifiste ! Le judaïsme ne proclame pas le pacifisme parce que, d’une part, à l’origine, il y a la guerre et non la paix et que le mal précède le bien. C’est précisément ce qui rend nécessaire l’usage de la violence quand il a pour but de neutraliser le mal.

Il reste la question de la conduite de cette violence, de ses règles et de ses limites pour le peuple qui n’a pas vocation au martyre. L’individu peut prendre sur lui de mourir plutôt que de lever la main sur son agresseur. Il a encore le droit et la possibilité de s’exposer au martyre pour rester fidèle à sa vocation spirituelle, à son amour et à son désir de paix. On ne peut réclamer cela à un peuple. Un juif peut en témoigner et prendre sur lui de mourir au lieu de prendre une arme, mais le peuple d’Israël en tant que peuple n’a pas vocation au martyre, n’a pas le droit de tendre l’autre joue à celui qui le gifle ! Le problème pour lui, son devoir et sa vigilance l’obligent à apprendre à canaliser la violence à laquelle on le pousse et dans laquelle on le piège, surtout quand elle concerne la sécurité mondiale également.

En premier lieu, Israël n’abrite sur son sol aucune organisation terroriste et n’alimente aucun groupe de « fous de Dieu » installé dans un pays étranger. Il n’enlève pas de soldats étrangers, ne menace personne, n’égorge personne, alors qu’il est agressé. Il fait partie de l’ONU, mais aux yeux de cette assemblée de « lâches », c’est lui qui devient agresseur et condamnable. Il n’a ni l’idée ni la volonté d’imposer le judaïsme à qui que ce soit et encore moins par la terreur et par la mort. Il n’élit pas des fous ou des criminels pour les diriger. Il sait, de manière certaine, que les terroristes installent leurs armes et leurs rampes de lancement des missiles sur les toits des maisons et cachent leurs postes de commandement au milieu des quartiers habités par des civils.

C’est pourquoi il demande à ces civils d’évacuer leurs quartiers avant de les bombarder. Quand ces civils n’obéissent pas, quel État a le droit et l’audace de dicter à Israël ce qu’il doit faire ? Israël n’éprouve aucune sympathie pour le régime des mollahs, des régimes totalitaires, fanatiques et génocidaires. Il garde sa fermeté, seul dans ce monde, et son courage dans son combat pour sa sécurité et pour la paix mondiale. Il ne recule pas devant le traitement indigne que lui font subir les médias et les politiciens européens. Il ne se laissera plus confisquer par quelque État que ce soit, ou par l’ONU, les résultats de son combat.

Il est le seul pays libre et démocratique du Proche-Orient, parce qu’il s’efforce d’allier sa propre histoire et sa propre mémoire à tout ce qu’il a appris de l’Occident. C’est aussi la culture et la civilisation occidentales qu’il défend, elles qui ont enrichi sa spiritualité sémite dans l’histoire.


  • Philosophe, professeur d’université, exégète du judaïsme, auteur notamment de La Pensée juive (Le Livre de poche, 4 tomes) et de Puits de guerre, sources de paix : affrontements monothéistes (Seuil).


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