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Reconnaissance implicite

Paul Lémand © Primo Europe

Hamas et Fatah, apparemment ennuyés par cette vilaine affaire d’otages au pluriel, tentent de reprendre l’avantage. Et quoi de mieux que de montrer les Israéliens sous leur plus mauvais jour, à savoir un pays avec lequel il est impossible de discuter sérieusement ?

Et d’annoncer à grands renforts de mobilisation journalistique la rédaction d’un « document historique pouvant modifier considérablement les données de la crise au Proche Orient  ».

Contre toute attente, ont-ils claironné, la plupart des partis et mouvements palestiniens (à l’exception du Jihad islamique) ont signé cet accord d’ « entente nationale » reconnaissant implicitement l’existence d’Israël.

Cette initiative, appelée « plan des détenus » avait été proposée par les dirigeants de plusieurs factions palestiniennes incarcérés en Israël. Le texte appelle à la création d’un Etat palestinien dans les territoires occupés par les forces israéliennes en 1967, lors de la guerre des Six-jours.

Cette initiative aurait pour conséquence l’abandon du projet de référendum conduit par le président palestinien et prévu pour le 26 juillet. Et c’est peut-être là l’un des effets collatéraux les plus avantageux pour le Hamas, en pleine recherche d’un second souffle.

L’arrestation par Tsahal de quelques ministres et dirigeants palestiniens ces dernières heures, si elle peut choquer tout démocrate, est à situer dans ce contexte. Mais Israël est connu pour préférer l’explicite à l’implicite.

Inadéquate, pour le moins

Une telle déclaration est, quoiqu’il en soit, inadéquate et, en tout cas, insuffisante. Une reconnaissance seulement implicite n’est pas à l’ordre du jour dans le contexte actuel. Aucun pays ne pourrait s’en satisfaire.

Il est donc hors de question que cela soit demandé à la démocratie israélienne.

Imagine-t-on que l’IRA, au plus fort de la guerre de religions irlandaise, ait publié une déclaration admettant implicitement le droit à l’existence des Protestants et la communauté internationale se satisfaisant de cette « avancée majeure » et exigeant la démilitarisation sans condition des protestants ?

Pourtant, cette proposition a provoqué une euphorie dans les chancelleries européennes. Elles ont, il est vrai, en la matière, prouvé qu’elles savaient se contenter de fort peu concernant les promesses arabes.

Elles oublient que tout accord doit satisfaire trois conditions qui ne peuvent être remplies séparément : la reconnaissance d’Israël par le Hamas, l’abandon de la violence et la reconnaissance des accords antérieurs. Une reconnaissance implicite n’est donc pas de mise.

Ce sera explicite ou ce ne sera pas

D’abord parce que le Hamas a prouvé à de nombreuses reprises que, quelles que soient ses déclarations, il ne renonçait pas à une idéologie qui est sa raison d’être depuis des décennies et qui prévoit l’élimination des Juifs.

Le pragmatisme a ses limites, surtout avec les idéologues fanatiques. Rappelons que la charte de l’OLP, mouvement laïc, appelle toujours à la destruction de l’Etat d’Israël, malgré la petite phrase d’Arafat la prétendant caduque.

Ensuite parce qu’il est douteux que le Fatah et le Hamas parviennent sans arrière pensée à un tel accord sous la pression et en quelques heures alors qu’ils s’entretuent depuis 6 mois sur des questions de bien moindre importance.

De plus, cet « accord historique » ne mentionne jamais l’existence d’Israël en tant que pays aux frontières sûres et reconnues. En la matière, on ne donne pas des garanties « de manière implicite ». N’importe quel courtier d’assurances se ferait pendre pour moins que ça.

Enfin, parce qu’un tel accord, unilatéral, faut-il le souligner, exige des concessions qu’Israël ne peut accorder sans mettre son existence même en danger.

Pour être d’accord, il faut être deux

C’est donc à juste titre que le gouvernement israélien a considéré cet accord comme une « affaire palestinienne interne ».

Quand l’ensemble des pays entourant Israël, quand l’ensemble des factions et partis palestiniens auront accepté non seulement son principe mais son existence même, et ce, de manière tout à fait explicite, il sera alors raisonnable de demander à Israël un peu moins de méfiance.

Mais on ne peut demander à un pays qui a subi par trois fois des guerres à visée exterminatrice d’ouvrir sagement ses frontières, de faire confiance en la miséricorde arabe et de se tenir coi alors qu’il reçoit autant de missiles en un an que le Pape et les Popes ont accordé de bénédictions aux chars et canons de la guerre de Crimée.

Qu’il soit ici permis de considérer le pas important selon l’AFP, que viennent de faire Hamas et Fatah comme quantité négligeable.

Le retour aux frontières de 1967 ?

Ce serait contraire à la Résolution 242 de l’ONU qui insiste pour que les parties négocient des « frontières sûres et reconnues », ce que celles de 1967 n’étaient pas. Le retour aux frontières (lire sur Primo l’article de Liliane Messika) est une interprétation arabe des accords internationaux.

Mais plus c’est gros, plus ça passe : les commentateurs de l’actualité du Proche Orient ont probablement repris à leur compte les formules de Goebbels, ou s’inspirent des staliniens sur les principes de l’extrême droite.

Jérusalem pour capitale ?

Cette idée a séduit l’Occident, qui préfère voir le tombeau du Christ aux mains d’Arabes qui en font une région Judenrein qu’administré par les Juifs qui respectent et financent tous les cultes (y compris musulman, est-il utile de le préciser ?)

Quel journaliste, quel homme politique a contredit Arafat quand il a nié les milliers de découvertes archéologiques attestant de l’histoire juive de la ville sainte ?

Malgré le ridicule des affirmations Arafatiennes, Ehud Barak avait accepté, en juillet 2000, que Jérusalem devienne une double capitale. A l’époque, Arafat (sous l’influence de Chirac, dit-on) avait alors sorti de sa manche un argument massue pour interdire la signature d’un compromis : le droit au retour EN ISRAEL de tous les réfugiés palestiniens.

A quoi bon vouloir créer son Etat, si c’est pour peupler celui d’à côté ?

Les juifs étaient à Jérusalem plus de 1500 ans avant que les parents du prophète Mahomet n’aient même envisagé l’éventualité de contracter mariage. Ce sont ces juifs qui en ont fait à l’époque une capitale rayonnante sur l’ensemble du Moyen Orient, exportant la sagesse vers l’Irak, l’Afrique et l’Europe.

C’est donc au nom de l’histoire, et non de l’idéologie, fut-elle musulmane, que Jérusalem doit rester juive. Ou alors, Alger, Marrakech, Tunis doivent elles aussi être rendues aux peuples berbères, kabyles et bruisser à nouveau de la langue amazigh.

Décidément, cette « reconnaissance implicite » d’Israël restera comme une grande escroquerie intellectuelle et politique des hiérarques Palestiniens.

Le peuple palestinien, lui, qui a toujours fréquenté les juifs, qui a mangé, dormi avec eux aux étoiles, ce petit peuple-là qui accueillait dans ces échoppes de Jéricho ses vieux copains en lui préparant du thé à la menthe au goût si âcre, ce peuple-là qui va se faire soigner dans les hôpitaux des Juifs, la reconnaissance implicite, il s’en contrecarre puisqu’il la vit déjà au quotidien depuis longtemps...

Du moins, il la vivait avant que les corrompus de l’OLP et les exaltés du Hamas ne viennent allumer des feux qui, hélas, brilleront encore longtemps dans la nuit.



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