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Le Hamas lors de la course aux élections : propos pragmatiques parallèlement à des déclarations extrémistes

MEMRI

Des rapports de médias affirment que la Hamas fait appel aux services d'un spécialiste des médias pour améliorer son image. Le Hamas a démenti, affirmant que le consultant en question avait été engagé pour ses conseils techniques sur la façon d'accroître les contacts avec les médias. [1] Il convient de noter que les déclarations relativement pragmatiques du Hamas ont été prononcées par des membres impliqués dans les élections, et non par les principaux dirigeants du mouvement, qui résident à l'étranger. Les dirigeants, et en particulier le chef du Bureau politique Khaled Mashaal, ont insisté sur la nécessité de poursuivre la résistance tout en maintenant des "activités diplomatiques", affirmant que l'un n'empêchait pas l'autre.

Voici des extraits de déclarations de membres du Hamas tenues avant les élections:

La création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 est une solution provisoire

Ismaïl Haniyya, tête de liste des candidats du Hamas pour le Conseil législatif, a déclaré dans une interview pour l'AFP que le "Hamas soutient la création d'un Etat palestinien ayant Jérusalem pour capitale dans les territoires occupés [par Israël] en 1967, comme solution provisoire. Le Hamas reste toutefois sur ses positions concernant les frontières de la Palestine historique et son refus de reconnaître la légitimité de l'occupation." [2]

Dans une interview accordée au quotidien de l'Autorité palestinienne Al-Hayat Al-Jadida, le Dr Mahmoud Al-Rumhi, candidat de la liste du Hamas, explique: "Le Hamas est conscient des changements intervenus dans la région et dans le monde, et propose donc une solution provisoire. Cette solution n'est pas nouvelle. Je l'avais déjà mentionnée en 1988 et y ai de nouveau fait allusion dans les années 1990. Le shahid Cheikh Ahmed Yassine a réaffirmé sa position en 2002 et 2003, annonçant que le Hamas était prêt à accepter une solution provisoire consistant dans la création d'un Etat palestinien ayant Jérusalem pour capitale dans les territoires occupés en 1967, le démantèlement des colonies et le retour des réfugiés - tout cela en échange d'une hudna [trêve] de durée limitée. Cela ne contredit pas notre position stratégique (...)" [3]

Un autre candidat de la liste du Hamas, Ahmed Bahr, a répété lors d'un rassemblement électoral à Gaza que le "Hamas est disposé à accepter un Etat palestinien dans les frontières de 1967 comme solution provisoire, sans [pour autant] renoncer à la moindre parcelle de sol palestinien et sans reconnaître l'Etat d'Israël, à condition que le Hamas conserve le droit de posséder des armes." [4]

Le programme électoral du Hamas n'inclut pas l'éradication d'Israël

Le programme électoral du Hamas affirme l'intention du mouvement d' "éliminer l'occupation", mais ne mentionne pas l'éradication d'Israël. L'omission de cet objectif, fréquemment mentionné par le Hamas et figurant sur sa charte, a suscité de nombreuses réactions. Le porte-parole du Hamas Sami Abou Zuhri a nié avec force l'existence d'une contradiction entre le programme et la charte du Hamas: "Le programme mentionne des détails et la mise en œuvre de méthodes pour les quatre ans à venir, tandis que la charte évoque nos objectifs permanents."

Salah Al-Bardawil, autre candidat de la liste du Hamas, a déclaré que le "Hamas n'a jamais proposé de changer ou d'amender sa charte. Ce programme réaliste présente les objectifs du Hamas pour les quatre ans à venir. Si nous avions parlé d'éliminer et d'éradiquer Israël pendant cette période, nous aurions trompé notre peuple en répétant des slogans mensongers. Mais cela ne contredit pas la nécessité de l'élimination et de la non-reconnaissance d'Israël." [5]

Muaman Bseiso, chroniqueur pour l'hebdomadaire du Hamas Al-Rissala, écrit: "La charte n'est pas le Coran, qui ne peut être modifié. Je crois qu'un jour elle sera modifiée ou remplacée, conformément aux opinions du Hamas, afin de réaliser les intérêts nationaux des Palestiniens." [6]

Les négociations avec Israël

Mohammed Abou Teir, candidat du Hamas pour la région de Jérusalem, a déclaré que "les négociations entre le Hamas [et Israël] seront plus efficaces que les négociations de ces dix dernières années, qui n'ont rien apporté." [7] Le jour suivant, Abou Teir a nié avoir tenu ces propos.

Le Dr Mahmoud Al-Rumhi a estimé qu'il convenait de "distinguer entre les négociations avec l'occupation en vue d'un [accord] politique et les contacts quotidiens concernant les services [à apporter à la population]. Par exemple, après la victoire du Hamas [aux élections municipales] de Qalqiliya, il a naturellement eu affaire à la municipalité de [la ville israélienne de] Kfar Saba au sujet de [la gestion de] l'eau, de l'électricité et des égouts." [8]

Toutefois, dans une interview sur Al-Jazira datant du 23 janvier 2006, Khaled Mashaal a affirmé que le Hamas ne négocierait pas avec Israël. Allant dans le même sens, Ismaïl Haniyya a déclaré: "Les négociations avec Israël ne sont pas au programme du Hamas, vu que les négociations passées entre Israël et l'Autorité palestinienne n'ont pas eu de succès. Le Hamas ne répétera pas des tentatives qui ont [déjà] échoué. [En outre,] le côté le plus fort a toujours l'avantage dans les négociations." [9]

En revanche, Mahmoud Al-Zahar, un membre important du Hamas, a déclaré dans une conférence de presse: "Rien n'interdit de négocier avec Israël ; le crime politique consiste à s'asseoir avec les Israéliens, à échanger des sourires et à dire que des progrès sont en cours, quand ce n'est en réalité pas le cas... Si le Hamas remporte [les élections], il aura des milliers de façons adéquates [de mener des négociations], à condition que les Israéliens aient quelques chose à offrir en termes d'arrêt des agressions, de retrait [des territoires] et de libération des prisonniers." Al-Zahar a cité l'exemple de contacts indirects entre Israël et le Hezbollah par le biais d'une médiation allemande concernant la libération des prisonniers libanais détenus dans des prisons israéliennes. Il a déclaré que les négociations avec Israël "n'ont apporté que destruction, martyre et blessures aux Palestiniens, en plus de la catastrophe économique." [10]

La résistance est la stratégie politique du Hamas

Le porte-parole du Hamas Mushir Al-Masri a déclaré: "La stratégie politique du Hamas consiste à avoir un plan de résistance jusqu'à la libération totale de notre territoire (...) Le Hamas souhaite renforcer l'option du djihad et de la résistance afin d'assurer la libération des prisonniers, le retour des réfugiés et la réhabilitation de tous les autres droits dont [les Palestiniens] ont été dépouillés." [11]

Lors d'une réunion à Damas, Khaled Mashaal a dit: "Cette réunion a une signification spéciale, vu qu'elle a lieu après la libération de Gaza, contre la volonté des agresseurs sionistes. Qui sait quand nous pourrons fêter la libération de Gaza, de Jérusalem, de Haïfa, de Jaffa et de tout le reste de la Palestine? Le Hamas, en accord avec le peuple Palestinien, appliquera sa politique en employant un nouveau langage, sans avoir nul besoin de rencontrer l'ennemi et de négocier avec lui. La ville de Gaza a-t-elle été libérée au moyen de négociations ? Le Hamas continuera de manier les armes et de [proclamer] son droit à la résistance. La résistance [continuera d'être] une option stratégique jusqu'à la libération de la dernière parcelle de territoire palestinien, et jusqu'au retour du dernier des réfugiés." [12]


[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 21 janvier 2006.

[2] Al-Ayyam (Autorité palestinienne), le 22 janvier 2006.

[3] Al-Hayat Al-Jadida (Autorité palestinienne), le 19 janvier 2006.

[4] Al-Hayat Al-Jadida (Autorité palestinienne), le 22 janvier 2006.

[5] www.islamonline.org, le 14 janvier 2006.

[6] www.islamonline.org, le 14 janvier 2006.

[7] Al-Ayyam (Autorité palestinienne), le 16 janvier 2006.

[8] Al-Hayat Al-Jadida (Autorité palestinienne), le 19 janvier 2006.

[9] Al-Ayyam (Autorité palestinienne), le 22 janvier 2006.

[10] Al-Ayyam (Autorité palestinienne), le 24 janvier 2006.

[11] Al-Rissala (Gaza), le 16 janvier 2006. En une autre occasion, Mahmoud Al-Zahhar a déclaré que son mouvement "n'a d'autre choix que de kidnapper des soldats israéliens afin de pouvoir négocier leur échange contre des prisonniers détenus en Israël", Al-Hayat Al-Jadida (PA), le 19 janvier 2006.

[12] www.irna.ir/ar/news/view/menu-269/0512314399085311.htm, December 31, 2005.



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