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Terrorisme et publicité : le cynisme ne doit plus payer

Jean-Pierre Chemla © Primo-Europe

Ces propos, prononcés à l’occasion de la sortie du film de Steven Spielberg, « Munich », et repris dans une dépêche AFP et dans une interview au Journal du Dimanche, doivent cependant être lus avec attention. Ils sont, en effet, le témoin de la façon avec laquelle un terrorisme immonde a réussi, en moins de vingt-cinq ans, à s’offrir une façade de respectabilité sans que personne n’y trouve à redire.

« Moi, j’étais un combattant palestinien, de Beyrouth au Golan, et de Ramallah à Munich, et, oui, effectivement, je ne regrette rien » (...) « avec Munich et la caisse de résonance des Jeux, 500 millions de foyers se sont retrouvés à l’heure palestinienne », déclare Abou Daoud.

Cynisme total mais remarquable lucidité : dans les années 1970, les Palestiniens avaient inventé le terrorisme publicitaire et cette tuerie avait été commise pour faire connaître « le peuple palestinien ». Opération totalement réussie : l’Europe cheguévariste commençait à être en manque de grande cause à défendre avec la fin de la guerre du Vietnam qui se profilait. La stratégie palestinienne avait su s’insérer dans ce marché-là et le produit « Palestine » correspondait parfaitement aux besoins du consommateur compassionniste de l’époque.

Comme pour toute opération commerciale, il existait une balance avec coût de production, prix de revient, rapport qualité/prix, etc. :

« ... [L’opération a coûté] moins de 5.000 dollars, auxquels il faut ajouter les billets d’avions des jeunes pour venir en Allemagne. J’ai réglé les hôtels et divers frais sur place, il restait même quelques centaines de dollars que j’ai rendus à la trésorerie du Fatah... », conclut le vieux chef terroriste.

Effroi ? Colère ? Rejet de la cause palestinienne ? C’est ce à quoi on aurait pu s’attendre, mais comme pour tout bon cru, il suffisait de laisser reposer. Le temps allait faire son œuvre et, quelques années plus tard, Yasser Arafat pouvait se pavaner, revolver à la ceinture, à la tribune des Nations Unies.

Le drame de Munich avait pourtant provoqué, dans les premiers jours, des réactions d’horreur et d’indignation. Mais, en même temps qu’il suscitait ces commentaires, les Palestiniens entamaient avec succès leur guerre de communication. Très vite, leur barbarie fut oubliée, ce qui permit l’émergence, dans l’opinion mondiale, de l’idée que leur combat était juste. Ils ont fait leur publicité de la pire des manières et, au lieu d’être repoussés définitivement au ban de l’humanité, ils ont réussi, avant tout, à se faire connaître. Et là était leur seul objectif.

La mémoire à court terme qui caractérise nos civilisations modernes a fait que leurs actes meurtriers ont fini par être occultés pour laisser place à l’idée que leur lutte était « juste et légitime ».

Nous devons, sans faire de procès d’intention, mettre les « observateurs » face à leurs responsabilités : nous devons leur rappeler qu’ils ont failli obéir au même processus de perversion du raisonnement après les attentats du 11 septembre 2001. Ce sont les piqûres de rappel de Madrid et de Londres - curieusement, pas celles de Tel-Aviv ou de Jérusalem - qui semblent les avoir empêchés de sombrer définitivement dans le maelstrom dans lequel les attiraient les alliés objectifs de l’islamo-fascisme. Mais ils glisseront facilement du rejet au soutien des idéologies qui sous-tendent ces attentats s’ils continuent de témoigner de la même sensiblerie face à des dénominations telles que « mouvement de libération nationale » ou « organisation de lutte populaire », autant de pièges sémantiques destinés à camoufler des idéologies fascistes.

Pour beaucoup de professionnels de l’information, il suffit de manquer d’un peu de culture et de disposer de beaucoup de démagogie pour transformer des organisations mafieuses en mouvements héroïques et pour influencer tellement l’opinion que l’on peut voir, un jour, un voyou sanguinaire nommé Prix Nobel de la Paix.

Aujourd’hui, d’autres organisations terroristes, le Hamas en tête, risquent, si elles savent s’y prendre, de conduire tout ce joli monde dans les mêmes ornières que l’OLP de 1970.

Ouvrons grand nos yeux et, surtout, faisons-les ouvrir aux « faiseurs d’opinion ». Nous sommes parvenus à un croisement historique où de graves enjeux géopolitiques et économiques ne nous permettront plus le luxe d’erreurs telles que celles décrites dans cet article.

Il conviendrait de rendre obligatoire, par la force s’il le faut, la reconnaissance du droit à l’existence d’autrui et du droit à l’élimination, sans état d’âme, des criminels contre l’Humanité. Abou Daoud en a réchappé. Tant mieux pour lui, tant pis pour la Justice, mais ne lui donnons pas, en plus, le droit de revendiquer un quelconque héroïsme.


NDLR : en introduction à « Munich » ne pas rater d’aller voir - Un jour en septembre (One day in september) de Kevin Macdonald avec la voix de Michael Douglas. Date de sortie : 25 Janvier 2006

Synopsis de ce documentaire...

1972. Jeux Olympiques de Munich. 121 nations, 7 123 athlètes. Pour la première fois, les chaînes de télévision du monde entier sont là pour retransmettre en direct l’évènement.

Des millions de spectateurs découvrent bientôt l’impensable : un groupe de terroristes palestiniens vient de prendre en otage onze athlètes israéliens et exige la libération de 200 prisonniers politiques.

Démarre alors un infernal compte à rebours... 30 ans plus tard, de nombreux témoins, dont l’un des terroristes rescapés, éclairent d’une lumière nouvelle cet évènement.

à suivre
 



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